Saint-Aubin-sur-Gaillon, le préfet réfléchit

Saint-Aubin-sur-Gaillon, le préfet réfléchit

L’affaire de Saint-Aubin-sur-Gaillon, lire ici http://cameradiagonale.fr/polemique-intense-autour-de-saint-aubin-gaillon/  agite le Landerneau politique, mais surtout les consciences. Cette petite commune qui rapporte 300 000 euros par an,  ferait l’objet de convoitises de la part de Seine Normandie Agglomération. L’action, selon les adversaires du maire, serait menée de main de maitre par Sébastien Lecornu, lequel dément formellement. Outre le vote du conseil municipal favorable au transfert, ce sera, in fine, le préfet de l’Eure qui prendra la décision du maintien, ou non, de Saint-Aubin-sur-Gaillon dans l’actuelle Communauté de Commune Eure-Madrie-Seine. Mais des bruits persistants indiquent que Monsieur le préfet ne pourra s’opposer à la décision d’un ministre en exercice. Explications:

Des préfets qui ont valsé suite à des décisions allant à l’encontre de personnalités politiques locales, bien en place, il y en a eu des tonnes sous tous les gouvernements. L’Eure a eu son lot de préfets dégagés parce qu’ayant voulu exercer leurs prérogatives dignement et sans esprit partisan.  Vieux réflexes que l’actuel Président de la République appelle de la vieille politique avec laquelle il faut rompre…

Le préfet peut-il avoir peur?

Dans l’affaire de la commune de Saint-Aubin-sur-Gaillon, les esprits s’échauffent lorsqu’il est déclaré que le préfet de l’Eure ne cherchera pas à connaitre le fond du sujet et qu’il signera l’accord de transfert de la commune, ne voulant pas « se mettre un ministre à dos et risquer son poste pour si peu ». Si tel est l’état d’esprit du préfet, alors effectivement cela ressemblerait à de la politique moisie par tous les bouts. Gageons que Thierry Coudert soit au-dessus de cet esprit de basse-cour et qu’il saura appréhender le sujet avec sagacité et équité dans l’intérêt des élus et des populations. Ceci, quelle que soit la décision qu’il sera amené à prendre. L’on voit mal le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, défaire un préfet pour ne s’être laissé intimider par un politique au bras plus ou moins long, lui qui dénonça toute sa vie ces pratiques.

Les défenseurs de Saint-Aubin ne veulent plus de la vieille politique

Parmi les 550 signataires de la pétition exigeant le maintien de Saint-Aubin-sur-Gaillon dans la CCEMS, il y a des membres, environ une dizaine, de La République En Marche, « de la première heure et non des recyclés de la 25ème heure« . A Caméra Diagonale, ces « Marcheurs » ont déclaré lors d’une conférence de presse le 27 juin dernier, « ce qui se passe avec certains, c’est qu’ils veulent tout régenter, tout diriger et pour ce faire ils sont prêts à tout. Cette politique-là, nous n’en voulons plus. C’est pourquoi nous avons rejoint En Marche en janvier dernier et nous allons nous battre pour que les vieux démons d’hier passent leur chemin et laisse la place à un autre système….Nous allons nous battre jusqu’au bout pour faire valoir notre droit sur cette affaire de la CCMES ». A préciser que la majorité des signataires n’appartient à aucun parti politique et leur vote, personnel, est très divers.

C’est probable, Monsieur le préfet de l’Eure va marcher sur des charbons ardents.

Photo: Thierry Coudert au centre en septembre dernier, entouré de Bernard Leroy président de la CASE et Hervé Maurey sénateur de l’Eure.

 

 

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Comments

  1. Perso27 15 juillet, 2017, 18:59

    Il faut surtout noter que la pétition des habitants atteint maintenant 709 signatures sur 1300 votants. Quand nos élus pourront ils prendre en compte les électeurs?
    Quelle cohérence territoriale au fait que Saint Aubin rejoigne SNA? 40kms aller/retour pour Vernon contre 4 à 6 actuellement pour profiter des services communautaires de la CCEMS.

  2. Thibsib 13 juillet, 2017, 23:13

    Pas si simple pour le préfet de trancher, il serait difficile de lui en vouloir s’il donnait raison à la SNA et Saint Aubin, la raison du plus fort étant malheureusement trop souvent la meilleure … peut-être encore plus dans ces sphères là que pour le commun des mortels.
    De mémoire, la CCEMS a la compétence Dev Eco et donc a fourni les investissements sur la commune de Saint Aubin, avec une politique assez volontariste pour en cueillir les fruits à présent.
    L’argument de la cohérence des territoires peut prêter à sourire si on regarde celui de la SNA dont le contour ne ressemble pas à grand chose.
    Si cette absorption est si « innocente », alors la CCEMS serait en droit de demander en retour à la SNA une indemnité basée sur les dépenses d’investissement engagées depuis plus de 10 ans en plus du manque à gagner sur les années à venir.
    Sinon, cela peut effectivement ressembler à une razzia.
    La décentralisation est venue nous « moderniser » face à un état centralisateur sovietoïde et archaïque.
    Nous sommes devenus tellement modernes que nous avons maintenant des territoires et des barons qui se comportent de manière féodale.

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