Régionales et primaires, accélérations

Régionales et primaires, accélérations

Dans un peu plus de 5 semaines aura lieu le premier tour des élections régionales dans sa nouvelle formule de 13 régions. Tout le monde s’attendaient à ce que le débat porte sur la politique nationale en se substituant aux enjeux régionaux. Or, la situation de Marine Le Pen, avec le grand émoi qu’elle suscite auprès de la classe politique traditionnelle, recadre l’ensemble et les candidats se prennent à parler, d’abord, des Régions. Le ton est donné avec des sondages qui placent des listes FN en tête dans deux Régions et une avance d’un point au niveau national. Une situation nouvelle pour la gauche et la droite qui supportent mal l’idée de cette 3ème voie.

En Normandie aussi ça bouge. La future grande Région devrait tomber dans l’escarcelle de l’UDI-Les Républicains. En principe, car des instituts de sondage parlent d’incertitude avec un petit plus pour la droite. Une situation qui justifie, pour le PS, le déplacement de ce vendredi soir à Val-de-Reuil, de deux ministres importants: Bernard Cazeneuve et Laurent Fabius. Un grand rassemblement des forces socialistes des 5 départements normands. Ils vont tenté de renverser la tendance pour conserver la Région. Les élus de la majorité du conseil départemental de l’Eure sentent le danger et viennent d’envoyer une lettre au ministre de l’Intérieur, à qui ils souhaitent « la bienvenue dans l’Eure » sur un ton moqueur, lui rappelant sa promesse de venir les visiter et comprendre « l’intérêt que vous portez aux collectivités locales, nous expliquer les effets de loi NOTRe et nous rassurer quant aux dotations de l’État pour leurs financements….Comme si un ministre de l’Intérieur devait oublier de participer aux campagnes électorales importantes…Lors de la soirée, l’autre ministre, Laurent Fabius mènera l’offensive directe contre Morin et « les hommes de Bruno Le Maire », aujourd’hui aux manettes dans l’Eure. Ça promet des secousses….

Curieuse la position de Manuel Valls à propos du Front National, « Tout sera fait pour empêcher le Front National de prendre des Régions« . Tout, c’est-à-dire aller jusqu’à retirer les listes socialistes pour laisser passer la droite au risque de ne pas avoir de représentants dans les futurs conseils régionaux. C’est aussi faire abstraction de la volonté de 30% d’électeurs. Non pas qu’il faille accepter et comprendre les positions du FN, mais en la circonstance, ce n’est pas un débat de fond sur les idées que propose Monsieur Valls mais un processus d’étouffement par une manipulation mécanique. Manuel Valls devrait, dans sa stature de chef du gouvernement, proposer un débat face-à-face à Marine Le Pen, lui démontrer qu’elle se trompe sur toute la ligne et remporter de cette façon l’adhésion du plus grand nombre. Ne serait-ce pas la meilleure façon de faire de la politique? Si Manuel Valls réussissait son option est-il certain que des électeurs frustrés et pas forcément lepénistes, n’attendraient pas la présidentielle de 2017 pour porter leur vote sur Marine Le Pen?

Une frange importante du PS souhaite l’organisation d’une primaire interne pour désigner son candidat à la présidentielle. Le but: éviter une nouvelle candidature de François Hollande, très mal placé pour 2017. Une perspective possible que si l’actuel président décidait de ne pas être candidat. En effet, comment un Président en exercice pourrait participer à une élection interne à un parti politique (quel qu’il soit). Il ne serait plus, dès lors, le Président de tous les français. Lorsqu’un Président sortant se représente, il le fait à titre personnel même s’il est soutenu, ensuite, par sa famille politique d’origine.

François Fillon (photo) monte dans dans les sondages, suite à la parution de son livre. L’ancien Premier ministre est crédité de 14%. Il prend ainsi la 3ème place, derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Bruno Le Maire occupe la 4ème place, loin derrière. A 12 mois de la primaire à droite, ce n’est qu’une photographie du moment. La situation des candidats déclarés, ou non, va changer et évoluer dans un sens ou dans l’autre. Bruno Le Maire promet un grand chambardement et se dit certain de figurer parmi les deux premiers. Pourquoi pas, en politique tout est possible…et le contraire aussi.

Categories: Région

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