Réforme institutionnelle, le niet de la droite

Réforme institutionnelle, le niet de la droite

Elle était l’une des promesses de campagne du candidat Macron. Aujourd’hui Président, l’ancien candidat ne lâche pas et déclenche les foudres de la droite LR. Les deux snipers en chef, Gérard Larcher et Bruno Retailleau vont déclencher un feu nourri contre Le Président, le Premier et ministre et sa majorité. La droite sénatoriale s’apprête, donc,  à faire capoter la  révision constitutionnelle, devant le Congrès, qui permettrait ensuite l’adoption du projet de réforme institutionnelle. Celle-ci aurait pour corolaire la réduction du nombre de parlementaires de 1/3. Un crime de lèse-majesté pour les sénateurs LR et centristes. Emmanuel Macron évoque la possibilité d’un référendum pour contourner la fronde des sénateurs. Photo: les dorures du Palais du Luxembourg, difficile de s’en passer.

Pas plus de 400 députés, au lieu des 577 actuels, dont 100 à la proportionnelle. Les sénateurs seraient ramenés au nombre de 230, environ, au lieu des 348 actuels. Ce sont ces derniers qui rechignent à ce changement. Depuis ce matin, le Premier ministre reçoit les présidents de groupes parlementaires, puis verra ensuite les présidents des deux Assemblées. Édouard Philippe parle de projet abouti, tandis que les opposants de droite évoquent une « mesure contreproductive ». Dans le texte de la réforme figure aussi la limitation des mandats dans le temps: trois mandats consécutifs, pas plus. C’est ce point qui est le plus rejeté par les sénateurs. Ils considèrent, inconsciemment sans doute, qu’être sénateur est un vrai emploi que l’on peut exercer durant 30 ou 40 ans, et qu’une limitation dans le temps s’apparenterait à un licenciement abusif….

Un geste, un seul

Les négociations qui commencent permettront, probablement, de lâcher un peu de leste. Ainsi, les départements très peu peuplés conserveront un sénateur. Le Premier ministre n’ira pas plus loin. Il ne cèdera pas sur le nombre de parlementaires ni sur la limitation des mandats dans le temps pour les parlementaires, les maires et les présidents d’exécutifs (présidents de régions et de départements). Une exception consentie, tout de même, concernera les communes de moins de 3 500 habitants.

Référendum en perspective

Le Président de la République songe à demander directement aux français, par référendum, s’il souhaitent ou non cette réforme. Des études d’opinions, réalisées à plusieurs reprises, indiquent que les français y sont favorables à plus de 67%. Néanmoins, le risque est réel sur une possibilité que la question posée soit déviée de son objet et devienne une question sur la politique menée par Emmanuel Macron. Une menace du Gérard Larcher et Bruno Retailleau, qui n’oublieront pas d’évoquer l’augmentation de la CSG et autre pouvoir d’achat. De manière très faux-cul, le président du sénat rappelle ce qu’il en fut du référendum sur la réforme du sénat voulue par le Général De Gaulle, en 1969. C’est le « gaulliste » Larcher qui le dit…..Le Président de la République et le Premier ministre savent tout cela et contrairement au Général De Gaulle, à l’époque, ne veulent pas partir tout de suite……C’est en avril prochain que l’exécutif décidera de la marche à suivre.

La situation dans l’Eure

Le département compte trois sénateurs. La réforme pourrait en réduire le nombre à deux. Sur les trois sénateurs, sortants, Ladislas Poniatowski ne se représentera pas. En revanche, les deux autres sortants, Hervé Maurey UDI et Nicole Duranton LR, pourraient avoir envie de repartir pour un 2ème mandat. Tous deux appartiennent à la majorité sénatoriale et, donc, censés s’opposer à la réforme institutionnelle. La situation se complique pour eux car c’est Bruno Le Maire, ministre du gouvernement et membre de La République En Marche, qui est à l’origine de leur élection en 2014. Dilemme. Le derrière entre deux chaises, les deux sénateurs eurois semblent se détacher de l’emprise de Gérard Larcher, le président du sénat. En coulisses, il se dit que Madame Duranton et Monsieur Maurey voteront pour la réforme lors du Congrès, si celui-ci devait se prononcer. Dans cette hypothèse ils seront bien placés pour un autre mandat. Mais, que fera la direction départementale « Les Républicains »? Soutenir les sortants ou leur opposer des candidats LR pur jus?

 

Categories: Eure, France

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