Primaire, la maladresse de Juppé

Primaire, la maladresse de Juppé

ÉDITORIAL

Qu’il soit contrarié de l’entrée en campagne d’Emmanuel Macron, se comprend. Qu’il assène des accusations injustes et dépourvues de réalité est moins acceptable envers un candidat à la présidentielle qui n’a, à ce jour, injurié personne, à droite comme à gauche. Alain Juppé dit qu’Emmanuel Macron à « trahi François Hollande en lui plantant un poignard dans le dos« . Rien que cela. Dommage, le maire de Bordeaux avait eu, jusqu’à hier, un comportement des plus dignes envers ses concurrents. Ce dérapage est à la fois étonnant et  déplacé. La trahison est un comportement  lâche et méchant. Or, lorsqu’on suit l’actualité politique au fil des jours, il est indéniable que la décision de l’ancien ministre de l’Économie n’a rien à voir avec la trahison: Emmanuel Macron a démissionné du gouvernement parce qu’il n’était plus en phase avec la politique de l’exécutif: Hollande et Valls. Dès cet instant il se désengageait totalement pour suivre sa propre route. Il n’a pas agi comme des candidats à la primaire de droite qui étaient ministres de Sarkozy et le sont restés jusqu’à terme, pour aujourd’hui critiquer sa politique. Emmanuel Macron, à l’instar de Bruno Le Maire, a également démissionné de la haute Fonction Publique. A 38 ans, ne voulant se résoudre à rester les bras croisés, il a souhaité proposer un projet pour le pays et s’est lancé dans la bataille. Est-ce illicite, interdit? Pourquoi Alain Juppé, aujourd’hui, se lance dans la défense de François Hollande? Curieux, non?

Alain Juppé à droite, d’autres à gauche, ciblent Emmanuel Macron comme un inexpérimenté, une tête en l’air, un trublion qui veut empêcher de tourner en rond. Il vient troubler le jeu de gens bien en place etc.

Alain Juppé aurait pu éviter ce faux pas et s’occuper davantage à préparer son 3ème débat, ce soir. Ses concurrents, pour l’instant et jusqu’à dimanche, s’appellent Nicolas Sarkozy et François Fillon.

De quoi a peur Alain Juppé, d’un candidat jeune, avec des idées, qui ose évoquer d’autres sujets que la laïcité, le voile à l’école, la burka, les réfugiés? Des sujets qu’aucun des candidats à la primaire n’a su régler quand il était aux affaires.

Si Emmanuel Macron fait fausse route, propose une politique catastrophique ou irréalisable, les français seront assez matures pour s’en rendre compte le moment venu. Pour l’instant il ne fait que postuler. Que les hommes politiques en place le laissent tranquille et ne le jugent que le moment venu, c’est-à-dire lorsqu’il détaillera son projet devant les français.

 

Categories: France

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