Présidentielle, la nouvelle piste aux étoiles

Trapèze

 

L'information-spectacle sera la grande victorieuse de la présidentielle 2012. Tel un Grand Cirque où chaque artiste excelle dans son numéro de virtuose, de voltige, d'adresse, d'acrobatie et de domptage d'animaux. Les spectateurs médusés applaudissent avant de désigner le plus adroit. Pour le meilleur et pour le pire.

 

C'est nouveau. Les candidats aux grands moyens financiers ont produit (financé) leurs propres meetings, réalisés en véritable shows télévisés. Bénéfices nets pour les chaines info. Après Hollande et Sarkozy, c'est Mélenchon qui s'est payé la retransmission en direct de la place de la Bastille. Chapeau les artistes! Les petits candidats, eux, n'ont bénéficié que d'extraits ou de retarnsmissions à minima. Les choses changent à partir de demain avec l'égalité absolue de la couverture télévisuelle.

Tours, contours, contorsions et contradictions

Curieux. Les "observateurs politiques" ne savent où donner de la tête. Les "commentateurs" se perdent en conjectures. Tout est sous-pesé, analysé, décortiqué, surdimensionné, sous-estimé, dans un formidable noyage de poisson. Ainsi, la prestation de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille est considérée comme un coup de maitre, alors que le candidat du Front de Gauche nous a habitué à des prestations de qualité depuis le début de sa Campagne. Le succès de ses meetings, de ses visites dans les usines, est sans précédent. Il était évident que la place de la Bastille serait noire de monde. La montée en puissance dans les sondages traduit le succès du candidat. Pourtant, Jean-Luc Mélenchon reste en 5ème position derrière Hollande, Sarkozy, Le Pen et Bayrou. Il pourrait, c'est vrai, passer à la 4ème place, devançant Bayrou. Ensuite, les "commentaires" nous dirigent vers Nicolas Sarkozy, rejeté par 65% des français, un niveau jamais atteint par un Président de la République sortant. Et malgré cela, le candidat Sarkozy est en tête, selon deux instituts, ou second très proche de Hollande. Une contradiction qui pose des questions. Dans l'autre sens, François Hollande n'aurait pas la verve, l'élan nécessaire, l'expérience de l'Etat et la connaissance de la diplomatie internationale. Pourtant, le candidat Hollande caracole en tête depuis des mois, même si son concurrent direct se rapproche. Comment et pourquoi, alors? Un peu plus bas, François Bayrou est considéré par 60% des français comme compétent et crédible. Ses mêmes français ne sont plus que 13% à lui faire confiance au 1er tour. Il y a comme un défaut. Enfin, Marine Le Pen monte, descend, remonte et redescend pour se fixer autour des 16% et les "commentateurs" ne cessent de communiquer sur un hypothétique 21 avril à l'envers ou à l'endroit.

La crainte d'annoncer  "Plié"

L'entrée en Campagne de Nicolas Sarkozy, ses meetings formidablement millimétrés, sa force de caractère, son professionnalisme face à Laurent Fabius, à l'équipe de Canal+ qui pensait le mettre en difficulté et à l'ensemble des présentateurs, ses nouvelles propositions qui donnent envie de le voir gagner le 6 mai, toutes ces raisons et d'autres, pourtant ne sont le gage d'une victoire annoncée. Le "tout-Paris" médiatique, people, monde des affaires, politique, a intégré la défaite d'un champion tout-terrain et toutes catégories. Le Président-candidat ne peut plus gagner, mais il faut faire semblant de croire que tout reste possible, comme un trapéziste s'apprêtant à réaliser le quadruple saut périlleux, avec un seul bras et sans filet. La foule retient son souffle, le roulement de tambours commence.

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Comments

  1. José Alcala 20 mars, 2012, 10:13

    @ Denis
    Effectivement, il n’y a rien de mécanique. Il y a simplement un « mouvement ». Il est peut-être attribué à une volonté des électeurs de tourner la page, une envie d’alternance. Ce mouvement est perceptible, y compris dans une partie de l’électorat de droite. Si l’on veut dire que rien n’est écrit d’avance, c’est une évidence. Toutefois, l’analyse et la perception des choses sont aussi une réalité. Je ne sais pas si Hollande est mauvais, mais je constate qu’il est là. Est-ce que tout serait le fruit du hasard…?
    Enfin, sur dix hypothèses possibles, il en est une, où, effectivement, Nicolas Sarkozy pourrait être réélu. J’en parlerai prochainement.

  2. Denis 19 mars, 2012, 20:19

    Là, José, j’ai un doute sur la victoire « mécanique » de François Hollande. Je m’étais avancé en disant qu’il ne pouvait pas perdre. Mais je ne le pensais pas aussi mauvais ! Le registre qu’il a choisi me semble mortifère.
    Les choses me paraissent bien plus compliquées. N’oublions pas quelques fondamentaux : la France est à idéologiquement ancrée à droite ; elle vieillit ; elle peut avoir peur. Et, dans ce registre, Hollande n’est pas le mieux placé.

  3. zébulon 19 mars, 2012, 14:58

    A la différence du cirque qui a un monsieur LOYAL et un clown auguste, son clown blanc et son contre-pitre,la politique ne nous présente certains illusionnistes, d’autres pantins, voulant avoir des dresseurs de « fauves » mais question équilibristes il y en a qui manquent de précision. Attention aux voltigeurs il n’y a pas toujours un filet pour se rattraper dans la chute !

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