Polémique intense autour de Saint-Aubin-sur-Gaillon

Polémique intense autour de Saint-Aubin-sur-Gaillon

Commune tranquille de presque 2 000 habitants, nichée au cœur de la ComCom Eure Madrie Seine, bien située dans l’axe Paris-Rouen, Saint-Aubin-sur-Gaillon bénéficie, en prime, d’une Zone Industrielle bien fournie qui lui apporte la modique somme de 300 000 euros, chaque années, en taxes. Une manne qui arrose d’abord la CCMSE. Situation financière qui pourrait bientôt changer avec l’adhésion de la commune à la Communauté d’Agglo Seine Normandie Agglomération. Une décision du conseil municipal qui a soulevé un tollé chez nombre d’habitants souhaitant se maintenir au sein de l’actuelle communauté. Reportage vidéo de 10 minutes avec les principaux éléments de la situation et interviews des protagonistes:

Mais quelle mouche a piqué Madame le maire de Saint-Aubin, de vouloir adhérer à SNA? Les adversaires de cette initiative ont leur petite idée. Pour l’instant elle relève davantage du doute que de la franche accusation. Ils se posent la question sur ce qu’a pu lui promettre Sébastien Lecornu qui, disent-ils, « est à la manœuvre depuis des mois, pour une raison des plus simples: mettre la main sur la commune et récupérer ainsi les 300 millions que lui rapporte la zone industrielle ». C’est effectivement une tentation, mais du côté de SNA ces accusations n’ont aucun fondement. La réalité est plus simple, il s’agirait « d’une cohérence territoriale avec l’axe Seine, la voie ferrée et et l’autoroute de Normandie et ses diverses déclinaisons ».

Sur du velours

Pour étayer le bien-fondé de leur raisonnement, les responsables de SNA évoque « la loi NOTRe de 2015 qui oblige les intercommunalités de mois de 15 000 habitants à se regrouper. Les ex-CAPE, CCAE et CCEVS font alors le choix d’aller plus loin et de bâtir un territoire d’avenir pour exister sur l’axe Seine entre les métropoles rouennaise et mantoise… La question aujourd’hui n’est pas de juger les choix d’Eure Madrie Seine mais bel et bien de replacer les choses dans leur contexte…Il apparait légitime qu’une commune fasse le choix de rejoindre SNA…. »

Des opposants décider à s’opposer

La position des 500 signataires, habitants de Saint-Aubin-sur-Gaillon exclusivement, d’une pétition qui indique l’intérêt pour la commune de rester au sein de la structure actuelle, est diamétralement opposée, sur la forme. Les habitants sont « inquiets pour le budget de la CCEMS, laquelle devra licencier, arrêter les investissements sur leur territoire, augmenter les impôts des entreprises et des salariés habitant sur le territoire de la CCEMS, mettant ainsi en péril une économie fragilisée ». Ils ajoutent que la cohérence est brisée. Ils soulignent, en même temps, « qu’une étude réalisée par un Cabinet indépendant, en 2015, préconisait un rapprochement de la CCEMS et la Communauté d’Agglomération Seine Eure (CASE), plus logique en terme de cohésion territoriale ». Les habitants s’étonnent ce ce changement radical de Madame Drouillet la maire de Saint-Aubin. Ils sont surpris de l’inexistence d’une étude sur l’intégration à SNA.

Pot de fer contre pot de terre

Hier soir, lors d’une séance plénière de SNA, le président Frédéric Duché, en présence du ministre Sébastien Lecornu, a fait voter l’adhésion de Saint-Aubin-sur-Gaillon à Seine Normandie Agglomération, à une écrasante majorité. Les habitants de Saint-Aubin-sur-Gaillon entendent ne pas en rester là et porter l’affaire devant la commission départementale, consultative, et le préfet de l’Eure, ensuite, devra trancher. Mais, l’on voit mal comment un préfet pourrait tenir tête à un ministre en exercice. Sait-on jamais. A suivre…

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Comments

  1. HACHET 9 juillet, 2017, 19:21

    Premier commentaire que l’on peut faire :Nous trouvons incroyable qu’une commune puisse quitter une communauté aussi facilement; mais, souvenons nous, Trump a quitté « en 5 minutes » les accords de Paris, montrant que ces accords étaient mal faits.
    La faute en revient bien évidemment au créateur de la CCEMS : Jean Luc Recher; accompagné de ses amis, a élaboré les statuts fondateurs « à la va vite » sans imposer le minimum de contraintes aux différentes communes partenaires. Nous avons souvent informé la population qu’il était un piètre gestionnaire. L’actualité nous donne aujourd’hui raison.
    Nous rappelons, qu’en son temps, nous avions contesté la création de la zone des Champs Chouette: l’actualité nous donne une nouvelle fois raison.
    Le deuxième commentaire porte sur la forme: Nous avons reçu une « lettre aux habitants » de 4 pages; cette lettre n’est elle pas écrite sans respecter la loi? Nous remarquons aussi qu’elle ne porte pas de nom de signataire. Que faut il en penser?
    L’auteur écrit : » La commune de Saint Aubin(…) décide aujourd’hui de partir avec la caisse ». Peut on classer ces propos comme diffamatoires?
    Troisième commentaire qui porte sur le fond : M. Lecornu aurait déclaré « cela montre qu’on perd pied ». En effet, en page 2, l’auteur écrit : »la CCEMS ne peut rien faire » et, en page 4  » la CCEMS n’a d’autres choix que d’accélérer la demande de rapprochement avec la CASE »; une telle contradiction révèle de façon flagrante un état de panique.
    Nous, nous acheminons, une nouvelle fois vers un accord « à la va vite », bâclé et donc fortement source de problèmes futurs. Bernard Leroy se frotte les mains, Catherine Meulien, va ainsi se présenter aux négociations « pieds et poings liés »; obligée à un accord.
    Je me souviens qu’au cours d’une récente réunion, un élu disait, au sujet de cette fusion que « les élus prenaient leur temps ,qu’il négociaient de façon posée ». Quel revirement!
    Nouvelle information : Madame Le Maire de Saint Pierre la Garenne souhaitait, depuis un moment déjà, quitter la CCEMS pour rejoindre la SNA. Le rapprochement CCEMS /CASE lui fait dire qu’elle se sent prise en otage. Réponse de Catherine Meulien : « En rejoignant la CASE, je te donne l’occasion de quitter la CCEMS »????? Réponse plus qu’étrange. Nous demandons à Catherine Meulien et à Mme Le Maire de Saint Pierre la Garenne de nous fournir une explication claire et sensée.
    D’un point de vue géographique: Saint Aubin n’est pas au cœur de la CCEMS mais en limite de territoire, possédant « quelques mètres » de frontière avec la SNA; la commune se trouve largement en bordure de l’autoroute.
    Saint Pierre la Garenne est en bordure de la Seine et limitrophe à Saint Aubin.
    Vous posez parfaitement la question de fond : »Quelle mouche a piqué la municipalité de Saint Aubin ».
    Nous réclamons donc une nouvelle fois, avec force, la communication du projet détaillé de rapprochement de Saint Aubin et de la SNA. Seule la présentation des avantages et des inconvénients permet de prendre une décision censée.
    Philippe Hachet

  2. José Alcala Author 4 juillet, 2017, 11:52

    @ François Charmot
    Madame le Maire de Saint-Aubin-sur-Gaillon demeure invisible et injoignable. Le message est: rien à dire aux journalistes. Mon petit doigt m’a dit « qu’elle a été fortement conseillée dans ce sens ».

  3. François Charmot 4 juillet, 2017, 09:38

    Bon reportage. Mais la maire de Saint-Aubin-sur-Gaillon ne s’exprime pas. Refus de sa part ?

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