Olivier Besancenot, l’éternel lycéen de Louviers

Olivier Besancenot, l’éternel lycéen de Louviers

Les médias nationaux le ressortent et lui font refaire un tour de piste. Piste usée par le temps qui passe et les mêmes discours phrasés à l’identique depuis deux décennies. Olivier Besancenot se répète au rythme d’un 33 tours rayé, avec les mêmes poncifs poussifs et poussiéreux. Rien n’a changé dans l’esprit du, encore, jeune leader d’extrême-gauche. Sa lutte des classes semble figée pour l’éternité. Il n’en démord pas de son combat contre les riches, ces milliardaires, qu’il n’a pourtant pas réussi à rayer de la surface de la terre. Au fond, que représente-t-il sur l’échiquier politique du pays? Rien. Un mince 2%. Il continue de ne pas convaincre. Paradoxe de la situation: certains combats du NPA sont justes dans leurs fondements…

Il a la gueule de l’emploi et la tchatche du plus talentueux camelot de Saint-Ouen. Les médias en sont friands et en redemandent. Toujours les mêmes questions, toujours les mêmes réponses. Tout sur « le CAC 40, les milliards qui abondent, chez les plus riches et les miettes perdues qui ruissèlent chez les pauvres ». Le chapitre sur « je suis facteur et j’en connais un rayon sur le monde ouvrier », n’est pas oublié. Il y a, cependant, une nouveauté dans son répertoire: Macron. Alors là, ça repart. Maintenant, Monsieur Besancenot en appelle à l’union des gauches pour abattre le nouveau Président au pouvoir, homme de droite il va s’en dire. Et c’est du lourd. L’on se souvient du même Olivier Besancenot rejeter, sourire condescendant en bandoulière, toute alliance avec le parti socialiste qu’il considérait comme une structure de droite à la solde du pouvoir de l’argent.

« Tremblez milliardaires! »

C’est son crédo. Il déteste l’argent et ceux qui le gagnent. Il peut lui être fait une concession lorsqu’il évoque, comme d’autres, une certaine indécence. Des milliards gagner à une cadence infernale fait, c’est vrai, frémir pendant que d’autres manquent outrageusement de quelques dizaines d’euros pour survivre. C’est l’immense anomalie qu’il faudra, aux gouvernements, régler, sans trembler. Mais, Olivier Besancenot pourrait, aussi, dire comment viennent ces milliards ‘indécents ». Il pointe, sans les nommer, les grands industriels internationaux, dont le français Bernard Arnaud désormais détenteur de la 4ème fortune mondiale estimée à 63 milliards. L’ancien lycéen de Louviers n’ignore pas que le P-DG de LVMH contrôle 6 secteurs d’activités répartis en 70 sociétés installées en France, en Europe et dans le monde pour un total de 125 000 salariés. Il dépense ainsi, chaque mois, 750 000 000€ en salaires, toutes charges comprises. Comment arrive cet argent? Les sociétés de Bernard Arnaud font dans le luxe, fleuron de l’industrie française. Une image propagée dans le monde. Des produits, multiples, allant de la mode, aux parfums et aux alcools de marques… Une gamme infinie de produits prisés sur la planète. Des produits chers, très chers. Alors l’argent rentre à jet continu. Voilà les milliards que Monsieur Besancenot condamne, rejette, piétine, humilie…..

Les riches du PSG

Le porte-parole du NPA, dans le même temps, se dit un défenseur et militant du Paris-Saint-Germain. Un club de foot, pourtant très riche. Ses joueurs sont achetés à prix d’or et pourquoi en est-il ainsi? Parce que le club a su entrer dans la cour des grands et que les places se sont vendues à la pelle à des prix que l’on connait, ainsi que l’ensemble des dérivés de la marque PSG. Alors, il peut continuer sur sa lancée. Est-ce que Monsieur Besancenot va cesser de fréquenter le Parc des Princes?

Que propose-t-il?

Rien, sinon une politique qui n’a fonctionné nulle part au monde. La rengaine est lourde et tenace. Il parle, parle, se répète, insiste. C’est le seul numéro de claquettes qu’il sache maitriser. Jamais élu, ne serait-ce que dans une petite commune, il se prétend légitime pour tout et son contraire. Pourquoi Monsieur Besancenot ne crée-t-il pas une entreprise avec un bon produit à la pointe du progrès qui se vendrait comme des petits pains et emploierait une petite dizaine de salariés, pour commencer? Puis, plusieurs dizaines, puis des milliers. Il se rendrait compte que gagner de l’argent est la contrepartie du travail….Question: Olivier Besancenot a-t-il vraiment quitté le lycée de Louviers et ses forums de préaux?

Un bémol pour être complet: les membres du NPA de Louviers, souvent à la tâche dans des combats légitimes, sont suivis par de nombreux citoyens. Des personnes proches d’Olivier Besancenot, actives et sans projecteurs de télévision. Paradoxe de l’histoire.

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Comments

  1. José Alcala Author 13 avril, 2018, 09:25

    Sophie Ozanne, une précision: je ne suis pas dans le rôle de ne « pas apprécier votre porte-parole ». Je n’ai à apprécier, ou ne pas pas apprécier un homme politique de quelque tendance qu’il soit.
    S’agissant de votre porte-parole, je dis simplement, sous forme de question, qu’il ne représente que très peu de français pour parler à longueur de temps sur les radios et télés dès qu’il a un problème majeur. Toute proportion gardée
    il parle beaucoup plus que n’importe quel porte-parole de grands partis. Et d’ajouter que connaissant bien la profession médiatique, celle-ci l’invite à escient pour faire monter la mayonnaise (certains médias)….C’est tout.

  2. laulau274 12 avril, 2018, 22:08

    Besancenot, la marionnette en carton qui agite l extreme gauche avec 0,2% de scrutins recoltés (en general) , bref beaucoup de vent pour rien au final…..NEXT!!!!

  3. ozanne sophie 12 avril, 2018, 17:30

    Vous écrivez « vous ne faites pas l’effort d’aller au charbon des scrutins locaux. » Ah bon ? Nous avons eu un élu au conseil municipal de Louviers pendant 13 ans, soit la participation à trois élections municipales. Je ne compte même plus les présentations de candidat.es aux élections départementales, régionales et législatives. Si nous avons préparé ces élections avec sérieux, c’est bien parce que nous sommes convaincu.es de l’intérêt de faire élire des personnes représentatives de la population et qui osent la ramener face aux potentats locaux, qui osent s’opposer aux décisions technocratiques si éloignées de la vie quotidienne de milliers de gens. Là où vous avez raison, José Alcala, c’est que nous sommes aussi convaincu.es qu’un projet émancipateur ne sortira pas des institutions que nous connaissons, parce qu’en réalité le vrai pouvoir est ailleurs, du côté des grandes entreprises industrielles et bancaires qui donnent les ordres. Les élu.es, si honnêtes soient-ils, ne nous sortiront pas du vieux monde capitaliste sans cesse en crise qui détruit et la planète et ses habitants, qui se régénère sur le dos de celles et ceux qui produisent les richesses. Pour cela il faut autre chose… C’est à construire, à élaborer, à discuter avec toutes celles et tous ceux disposé.es à sortir du modèle capitaliste. Alors oui, c’est compliqué, tout reste à faire. Mais pour y arriver encore faut-il être d’accord sur le constat et chercher à expérimenter, à inventer d’autres modèles, à appliquer d’autres modèles économiques davantage tournés vers la satisfaction des besoins sociaux, la sobriété, le plaisir, la culture, le partage et la gratuité. L’utilité de notre ami Olivier est de le rappeler partout où il est invité. Pourquoi se priver de la caisse de résonance que constituent les médias, même ceux aux mains des Bolloré, Bouygues et cie ? A bientôt pour poursuivre la discussion de vives voix. Même si vous n’appréciez pas notre porte-parole, vous nous avez montré à plusieurs reprises votre disponibilité pour échanger avec nous.

  4. José Alcala Author 8 avril, 2018, 13:19

    @ Sophie Ozanne
    Ne commettez pas l’erreur de dire « les médias » car vous n’avez aucune comptabilité, donc il est plus juste et convenable de dire « des médias« . Moi, je note votre engouement pour ces médias « bourgeois au service du grand capital« , que l’extrême-gauche dénonce depuis des lustres, ou encore « ces médias concentrés entre les mains d’entreprises du CAC 40, représentés par des groupes comme Drahi, Bouygues, Bolloré et quelques autres. Je vois que vous vous en contentez bien et surtout lorsque votre éternel lycéen de Louviers y apparait.
    Je constate, aussi, que vous réagissez à l’article deux semaines après sa publication. J’avais anticipé la situation. Je savais qu’à chaque mouvement social « les médias bourgeois » allaient ressortir le Che Guevara du pauvre, (au moins, le Che, le vrai, avait un idéal et surtout une constance. Le vôtre est un intermittent du spectacle, non payé, avec le même texte débité telle une petite machine à ressort remontée pour chaque séquence…
    Pour revenir au sérieux. Je l’affirme, Olivier Besancenot est sorti par des médias pour faire « du plateau » et de l’audience. C’est le propre des groupes de presse, dans bien des cas et sur ce point je serais plutôt d’accord avec votre discours (antérieur).
    Je vous le redemande: qu’apporte Monsieur Besancenot concrètement au pays, en dehors du discours bien rodé? Dites-nous, Madame Ozanne, dans quel pays la théorie politique du NPA et de Monsieur Besancenot, fonctionne? Que représente Olivier Besancenot, électoralement?
    Oui, je vous connais. A Louviers vous êtes des militants sincères. Pour le savoir, je vous ai suivi sur divers théâtre de la contestation. Sur le fond, j’ai estimé que vous aviez souvent raison. Mais, il y un problème majeur sur la forme: vous ne tentez rien en matière électorale. Outre la présidentielle, où vos candidats se présentent uniquement pour bénéficier de la tribune médiatique, vous ne faites pas l’effort d’aller au charbon des scrutins locaux. In fine, vous ne représentez rien, ni personne. Pardon de vous le dire, c’est triste mais c’est une réalité.

  5. sophie ozanne 8 avril, 2018, 12:08

    Je note que les médias ne partagent pas votre point de vue. Si Olivier est présent à la radio, à la télé et dans la presse, c’est peut être en raison de l’analyse du NPA sur la situation actuelle et de son discours sur la nécessaire unité dans les luttes qui entrent en résonance avec les préoccupations de bien des gens depuis un moment. En tous cas ce n’est pas pour « boucher un trou » quand les journalistes sont en peine pour inviter des personnalités politiques. S’il était moins visible c’est pour rompre avec la personnalisation extrême de la figure unique, du « sauveur suprême » qu’il a toujours refusé d’incarner. Olivier n’a jamais cessé de militer, au sein du NPA et à l’extérieur, tout simplement. Vous nous connaissez, José Alcala, personne n’a la grosse tête chez nous : nous sommes des militants et des militantes investi.es pour faire avancer l’idée qu’un autre monde est possible. Avec nos moyens, rien de plus.

  6. Zébulon 16 mars, 2018, 08:29

    Eh oui une fois de plus votre analyse a été confortée par l’émission politique d’hier soir sur France 2. Olivier Besancenot a été égal à lui-même, coupant la parole ne laissant pas l’invité s’expliquer avec toujours la même rhétorique ! Oh il a bien essayé de faire un show en montrant les petites lignes ferroviaires qui seraient supprimées en montrant un schéma puis en ayant un petit coup de soutien aux facteurs de Rennes…et d’ailleurs mais à chaque fois cela fait pschitt faute d’argumentation excepté en débitant des chiffres qui n’ont jamais le tant d’être détaillés. Dommage car s’il est à l’aise sur un plateau de télévision il devrait, depuis le nombre d’années qu’il y intervient, s’améliorer car il ne fait que bloquer les débats et surtout il ne nous apprend rien de plus que ce que l’on peur lire, entendre dans les médias, médias dont il défend le statut des journalistes, la liberté d’information entre autre : un petit cadeau de remerciements ou pas ! En attendant j’ai passé un bon moment devant mon écran avec le débat entre Olivier Besancenot et Gérard Darmanin. Côté médias il ne remplacera jamais Georges Marchais, ni Georges Séguy, ni Henri Krasucki qui étaient excellents dans leurs interventions sur les plateaux de télévisions.

  7. Pascal Demoriane 14 mars, 2018, 20:15

    O. Besancenot… Prolétaire qui jouait les bourgeois révolutionnaire, dans une gauche de bobos libertaires qui jouaient les prolos.Et qui lui firent jouer tour à tour le rôle du clown et du pierrot lunaire. Il en fallait un, lui ou un autre, c’est pas d’aujourd’hui.
    On peut reconnaître à M. Macron le mérite d’avoir renvoyé dos à dos les fausses droites et les fausses gauches, dans les poubelles de l’histoire du faux anti-capitalisme. Je crois avoir écrit ici même que le capital ferait le ménage sous peu.
    Maintenant trop personnaliser ce phénomène spectaculaire c’est occulter que si l’acteur fait son numéro c’est bien qu’il y a bien un public et oui, des metteurs en scène médiatique demandeuse à bord du Titanic contemporain. Titanic dont le même Macron est capitaine. Si incohérence il y a, elle est surtout là.

    Le fond est plus grave. Je pense que ces gars là n’ont rien compris au marxisme, vraiment rien ! au moment même où son modèle va entrer en pleine validité objective. Il n’a jamais été question de « révolution »… Mais ceci explique sans doute cela.

  8. José Alcala Author 12 mars, 2018, 18:13

    @ Pierre Vandevoorde
    Je n’ai pas dit qu’il faille créer une entreprise pour avoir une parole qui porte, mais seulement avoir été, ou être élu pour ce faire. C’est-à-dire être représentatif d’une partie de la population, par le suffrage universel. C’est à ce moment-là que l’on peut prétendre défendre des points de vue, légitimement. Sinon, cela reste des avis personnels martelés. Mon éditorial pointe, surtout, le discours répétitif qui perdure depuis de nombreuses années, sans que Olivier Besancenot y ait apporté de réponses concrètes et politiques. Et pour cause, il n’a jamais réussi à convaincre un minimum de français car les urnes sont restées résolument vides. Alors, le vide se substitue au concret en boucle…Sur l’engouement des médias pour OB, je vais vous dévoiler une conversation personnelle, sans en révéler l’auteur: un de mes amis et confrère journaliste, aujourd’hui à la retraite et qui officiait sur une chaine TV très connue avec beaucoup de téléspectateurs (ce n’est pas le cas de BFM et autres comptoirs de l’information au mètre) m’expliquait que lorsqu’un « certain » rédacteur en chef avait fait le tour de tous les chefs politiques connus et qu’il fallait « tirer à la ligne », il invitait OB, entre autres pour « amuser la galerie et créer la polémique ». Le lendemain ça repartait pour un tour et ainsi de suite….
    Pour ce qui concerne LVMH, je n’ai jamais été un de ses clients. Donc, je n’ai pas participé à son enrichissement. Néanmoins, avec ses méandres et ramifications diverses de ce monde qui plane, sans doute, au-delà des réalités du quotidien de tout un chacun, le groupe fait vivre 125 000 familles. Je veux bien que Olivier Besancenot nous propose son grand remplacement par un autre système plus digne et humain.
    Je constate que je ne fais qu’attendre.
    Mon estime aussi, en ce qui vous concerne.
    José Alcala

  9. Pierre Vandevoorde 12 mars, 2018, 16:45

    Voilà vos désaccords avec Olivier Besancenot clairement développés. Je
    ne discuterai pas ici de la contribution réelle de LVMH et de son
    dirigeant richissime à la société française, ou de la nécessité de créer
    son entreprise pour avoir une parole qui porte. Mais peut-être que si
    Olivier Besancenot, qui ne recherche pas les feux de la rampe, est
    sollicité soudainement par les médias, c’est qu’après tout son discours
    correspond à ce que ressentent et attendent beaucoup de gens révoltés
    par les coups de boutoir du président Macron et de sa majorité aux
    ordres? Soyez quoi qu’il en soit assuré de mon estime
    Pierre Vandevoorde

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