Nuits d’angoisse et de froid: un classique franco-français

Nuits d’angoisse et de froid: un classique franco-français

Depuis toujours, personne ne comprend ce type de situation. La neige tombe et voilà une partie du pays paralysée. Une partie, c’est-à-dire Paris et la Région Ile-de-France, surtout. Que l’épaisseur de la neige, sur les chaussées, soit de 3 cm ou davantage, c’est terminé, les séquences de naufragés de la route font la Une de la presse française et étrangère. L’on peut en rire, mais c’est à pleurer de ridicule. Les spéculations vont bon train: c’est la faute du gouvernement, des services de l’État, ou des usagers eux-mêmes. La réalité, que personne ne veut voir, est plus simple et en même temps plus compliquée. Explications:

Les télévisions en font des couches. Les envoyés spéciaux montrent et racontent en direct les mêmes situations faites d’enfilades de véhicules scotchés sur place. La débandade est totale et cela dure depuis les années 60.  Certains automobilistes abandonnent leur véhicule et tentent de rentrer à pieds, d’autres attendent téléphone à l’oreille, certains essaient d’en savoir plus sur la venue des secours. Heureusement, 70% d’entre eux sont seuls puisque sur le chemin de retour du travail. Pour les familles, les sapeurs pompiers font le maximum pour les diriger vers des centres commerciaux, dont certains restent ouverts pour la circonstance. Voilà pour les faits.

La faute à qui?

La question est récurrente et chacun donne son avis. D’abord, c’est la faute du gouvernement. « Qu’attend-il pour investir totalement dans les matériels nécessaires?« . A y regarder de près, les équipements existent eu égard à la Région concernée. la Région Ile-de-France n’est pas la Sibérie ou le grand nord canadien. Les services de l’État sont aussi dans le collimateur. D’abord Météo France. Pourtant l’Agence avait prévenu, donné toutes les infos dont l’annonce des chutes de neige et les services des équipements routiers étaient au travail depuis le début. Alors quoi?

Pas de plateaux repas, ni cafés

Des automobilistes interrogés devant les caméras n’y allaient avec le dos de la cuiller. Ils se sentaient abandonnés, «  personne s’occupe de nous, même pas un plateaux repas ou un café. C’est scandaleux ». D’autres hurlaient contre les secours qui n’arrivaient assez vite. Par quel miracle avec les routes entièrement bloquées, en véhicules volants?

Deux réalités

A l’heure ou l’information, doublée par les réseaux sociaux, faisait état de la réalité concernant les chutes de neiges, pourquoi des automobilistes se sont engouffrés sur les axes routiers impraticables? Ont-ils, pour une partie d’entre eux, tenter de passer malgré les informations de Météo France? On ne le saura jamais, mais les faits sont là…

Toutefois, faire porter le chapeau, intégralement, aux automobilistes piégés ne serait pas pas sérieux. Ce qui plaide en leur faveur est la situation, géographique, invraisemblable de la Région parisienne. Une concentration de 12 millions d’habitants, de dizaines de milliers d’entreprises, truffées de routes et transversales, autoroutes, échangeurs, ponts. Des milliers et milliers de salariés se rendant chaque jour sur leur lieu de travail et retour le soir. S’ajoutent en flux continu, poids lourds, fourgons et fourgonnettes de livraisons. Une ronde infernale, une immensité d’activités confinées dans seulement 12 000 km2. Outre la neige et le mauvais temps, en général, le moindre accident de gravité moyenne, ou importante, bloque les principaux axes routiers pour des heures et des jours, et quelle que soit la saison. Contre cette situation, aucun responsable politique ne viendra à bout. La responsabilité, en très grande partie, revient à ceux qui au lendemain de la seconde guerre mondiale ont imaginé un aménagement du territoire totalement dépourvu de vision à court, moyen et long terme. Ils étaient politiciens professionnels, haut-fonctionnaires, aménageurs et architectes, dépourvus de talent, ou simplement de bons sens. Leurs successeurs, au fil des décennies, ont enfoncé le clou et aujourd’hui nous assistons à la débâcle, impuissants devant une séquence, ordinaire l’hiver, de chutes de neige.

Ailleurs, en Europe et dans le monde

Tour d’horizon des télés européennes et journaux. En Andalousie, avant-hier, la neige a envahi la moitié du territoire. Grenade continue son activité dans difficulté et les axes routiers qui l’entourent restent fluides malgré un léger ralentissement. Sur Malaga et Alicante la circulation est régulée par la police de la route et la guardia civil. Aucun ralentissement ni problème majeur….Situation identique dans le nord de l’Italie et plus au centre…..Les pays du nord de l’Europe n’ont jamais souffert des conditions climatiques liées à la neige et au verglas….L’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, tous ont subi la neige. Outre la fermeture des aéroports pour quelques heures, l’arrêt des transports scolaires et la suppression de quelques trains, les automobilistes ont su anticiper les aléas de la circulation.

 

 

Categories: France

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