Municipales, communication-manipulation et journalisme

MarionnetteEtonnant, même si le public, lecteur de journaux, électeur et citoyen lambda, ne s'aperçoit pas trop du mélange des genres, mine de rien, en douceur et profondeur. A priori, il n'y a pas d'affaire d'Etat, seulement de bien mauvaises habitudes  que s'autorise une certaine gente journalistique, très peu sensible sur la notion du "bien informer". Loin, ici, de dispenser une quelconque leçon de déontologie, mais l'évènement est de l'information qu'il faut révéler.

C'est arrivé cette semaine. A l'origine, un candidat aux municipales dans l'Eure (peu importe quel candidat et le journal en question, ce qui importe est le fond) décide de maitriser son image et celle de ses colistiers à l'adresse des journalistes locaux. Il est dans son rôle en tentant l'opération, réussie à 50%. Aussi, il n'organise pas de conférence de presse de présentation avec l'ensemble des médias locaux. Il choisit de réaliser lui-même, via des professionnels de la Com, la photo de famille. Très belle image où figure l'équipe au complet et un parrain de la liste, candidat dans une autre commune. Image aseptisée, où les personnages apparaissent tels qu'ils ne sont pas dans la réalité. L'éclairage, le maquillage et la retouche donnent à la photo l'éclat du papier glacé des magazines haut de gamme. De l'excellent travail destiné à valoriser la campagne du candidat et sous cet angle, c'est une réussite….

Pour autant, il ne s'agit nullement d'une photo de presse. Un journaliste doit réaliser son propre document qui a valeur d'information. Il a son oeil, son appareil et son cerveau. Demander aux candidats de se positionner dans tel axe et tel angle, est dans ses attributions, choisir, ou non, de laisser apparaitre un personnage n'étant pas colistier est de son libre-arbitre. Certes, ce ne sera pas une photo d'Art, quoique…Accepter la photo choisie par le candidat en personne revient à faire sa communication, à accepter sa forme, sa méthode.

La photo parue en couverture de ce journal  sera celle qui illustrera les documents de campagne du candidat, les affichettes, le site Internet. Le mélange des genres finit toujours par le discrédit. C'est un choix.

Categories: Médias

Comments

  1. Fabrice Dumoulin 12 février, 2014, 12:49

    J’ai vu la photo de la liste sur le démocrate, qui pourrait m’expliquer pourquoi il y a VOLPPATI le maire de saint Marcel.

  2. Edouard 9 février, 2014, 17:20

    Je vois que vous parlez de Vernon. Qu’est-ce que cela peut faire.?Le démocrate est devenu un bulletin paroissial qui a fait son temps. A sa grande époque, avec Guy Montourcy il avait une raison d’être: l’après-guerre, la reconstruction, le lien social. Depuis qu’il est tombé dans les griffes d’un groupe de presse, il n’a plus d’intérêt. On l’achète par réflexe et pour voir les décès, les mariages, les petites annonces et l’emballage du poisson le samedi. Qu’il prenne fait et et cause pour un candidat n’a aucune importance. Monsieur Alcala a quand même raison d’informer de la réalité.

  3. Elodie 9 février, 2014, 16:20

    Ce n’est plus le Démocrate, mais le Déconnocrate !?

  4. Carole 9 février, 2014, 13:32

    Me Alcala,
    Depuis des mois déjà nous avions le sentiment que le dit journal favorisait un candidat, mais aujourd’hui il s’agit d’un fait.
    Bien étrange alors que cette même presse annonçait l’égalité de couverture des candidats aux prochaines municipales de ….Vernon 😉

  5. Caméra Diagonale 9 février, 2014, 13:07

    @ Alloen78
    L’image d’illustration est localisée sur le sujet précis. Il n’y a aucune allusion à un « ancien ministre de l’Agriculture », mais chacun y voit ce qu’il veut.

  6. Alloen78 9 février, 2014, 11:46

    Bel article M. Alcala,pour la main tenant le pantin ne serait elle pas celle d’un ancien ministre de l’agriculture qui place des lionceaux dans l’Eure ?

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