Médias locaux, la concurrence des collectivités


Presse comQue ce soit dans l'Eure ou ailleurs, la presse locale et régionale dit souffrir d'une concurrence déloyale. Celle des organes de communication des collectivités. Pourtant, à y regarder de près, se sont deux métiers différents et complémentaires. Il suffit de bien cadrer le rôle de chacun. 

Le mensuel d'information de telle ville et de telle Agglomération est-il un concurrent direct qui ferait de l'ombre au modèle économique des organes de presse traditionnels? C'est ce que prétendent certains, dans la presse et dans le public lecteur. Si cette question se pose c'est avant tout parce que la presse locale et régionale n'a pas anticipé sur l'évolution technologique dans laquelle se sont lancées les collectivités soucieuses d'informer, plus étroitement, leurs concitoyens. Ainsi, nombre d'élus ont considéré comme un investissement, le création d'un service communication, ou son développement. C'est davantage la confusion des genres qui pose problème et non la coexistence des deux. Il convient, dès lors, de différencier information et communication. Deux métiers.

Presse locale

Elle s'est modernisée techniquement, mais est restée très 3ème République quant à son contenu. Les journalistes n'y sont pour rien. En haut de la pyramide, un groupe de presse qui gère un produit de consommation. Situation antinomique avec le devoir d'informer. Le principe consiste à faire de la pagination avec de l'information, plus ou moins intéressante, mais surtout vendre de l'espace publicitaire. C'est l'objectif du groupe.  Et depuis un siècle, ces bulletins d'informations transposent carnets, mains courantes, agendas, infos services et autres. Doublons avec la revue municipale, laquelle de son côté relaie de plus en plus l'information locale liée aux évènements économiques et sociaux de la commune et de l'Agglo. Connaitre le carnet de naissance, mariages et décès, chaque semaine, n'est pas pertinent. Un carnet mensuel est largement suffisant et ce rôle est assumé par le périodique municipal. S'agissant de réalisations diverses ou de décisions municipales, les services communications assument très bien la tâche. Il revient à la presse d'information d'analyser l'aspect politique de la décision et en cela elle est complémentaire du bulletin de la collectivité.

Information et Communication

Deux métiers, deux logiques, deux structures. Les services de communication des collectivités n'emploient pas de journalistes, même si d'anciens journalistes peuvent être recrutés par ces collectivités. Statutairement, ils perdent leur carte professionnelle parce qu'il n'exercent pas le même métier. Le communicant explique et montre l'action de la collectivité et son talent consiste à faire passer le message avec une stricte neutralité politique. Le journaliste décortique et se positionne davantage dans un esprit critique. Un contraste nécessaire. Reste ensuite la pratique où des dérapages subsistent, notamment en matière d'hnnêteté intellectuelle. C'est un autre débat.

Fausse concurrence et vrai questionnement

Certaines Collectivités sont à la pointe de la communication moderne, d'autres ont du mal à franchir le pas. Les patrons de presse locale y voient une concurrence déloyale et estiment que les journaux et magazines réalisés par les villes, communautés d'Agglo, conseil général et conseil régional, sont des dépenses inutiles. Ces patrons de presse devraient s'interroger sur leur propres déficits éditoriaux. Au moment où des nouveaux médias sur Internet s'installent en force, l'heure n'est plus aux gérémiades mais à repenser l'information locale.

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Comments

  1. véronique 28 février, 2013, 22:15

    Bonsoir
    je trouve que les journaux des collectivités n ont pas lieu d être.
    1/ de l argent qui pourrait être économisé et utilisé à des actions utiles
    2/ ce sont de véritables outils de  » propagande » : à vernon que des articles vantant les petites actions de ngt photos nombreuses à l appui. ..La cape c est sieur Volpatti, l Eure Destàn sert une patte cette destàn pose une pierre et la région Le vern par ci Le vern par là.
    Ces journaux sont du moi je moi je moi je….
    Pour des egos surdimensionnés .
    Aucun intérêt et les info pourraient être donnees. …Par la presse locale :-))

  2. Denis 27 février, 2013, 12:20

    Merci, José, pour cet article et ce point de vue qui amène plusieurs commentaires.
    J’avais écrit, il y a quelques temps, sur ce sujet. Je m’étonnais de ce que la ville de Rouen publie des critiques de cinéma. Il ne s’agit plus là de « communication ».
    Internet est en train de détruire la médiation. Avec leurs sites, les collectivités n’ont plus besoin de la presse pour émettre à destination du grand public. Elles produisent leur « information ». Pour ma part, je pense que ce n’est pas là leur métier, à l’heure où les collectivités n’ont même plus les moyens de leurs compétences. Il suffit de regarder l’état des routes dans notre département.
    Tout le monde essaie de repenser l’information locale sans y parvenir. Et même Ouest-France est en train de se casser les dents. Quant à l’hyperlocal, l’expérience du DijonScope nous rappelle que ce n’est pas, là-encore, « la » solution. Côté médias nationaux, ils sont aujourd’hui tenus à bout de bras par un système de financement public. Pas simple.

  3. zébulon 27 février, 2013, 10:03

    il ne faut pas non plus omettre que la presse locale vit grace à la publicité, aux petites annonces, aux annonces commerciales, aux abonnements alors que les journaux de communication des villes, département, régions sont financés par nos impôts locaux qui rentrent dans leur budget communication, budjet très important pour certaines collectivités territoriales. Le seul point qu’ils ont en commun qu’ils soient journalistes ou attachés de presse c’est leur dépendance politique.
    Si la presse locale va mal c’est effectivement que les abonnés disparaissent de plus en plus : pyramide des âges qui change, arrivée des médias sur internet qui bouleverse la rapidité de l’information, les chaînes tout info et la crise de la publicité qui ne peut financer tout. Lorsque l’on prend l’exemple de la presse locale régionale, essayez de trouver un quotidien, un hebdomadaire, un mensuel indépendant. C’est fini tous les journaux appartiennent à un groupe de presse qui formate les journaux dont il est propriétaire de la même façon seules quelques pages locales différent le reste étant identique ! Paris Normandie le seul grand quotidien régional traverse depuis des années, malgré des restructurations successives, une crise. Avec 14 éditions couvrant les deux départements, en les achetant toutes, vous n’aurez que quelques pages locales le reste étant consacré aux pages régionales, nationales, internationales, sportives ! Ne serait-il pas plus intéressant de réunir ces 14 éditions en deux et d’y mettre toutes les pages d’un département avec ses pages locales, une page nationale, une internationale et les sports sans oublier leur pages nécrologies, météo, programmes télés, petites annonces dans un supplément mais là c’est un autre débat.

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