Éditorial. Un bavard sorti de nulle part

Éditorial. Un bavard sorti de nulle part

La liberté de dire, écrire et montrer ne saurait souffrir du moindre coup de canif. C’est pour cette même raison qu’il est impossible de rester insensible « aux bavardages » stériles, voir idiots, d’un commentateur-chroniqueur très prisé, depuis 4 ou 5 ans, sur des chaines télé qui s’arrachent le bavard pour entendre ses expertises sur tout ce qui, selon lui, devrait disparaitre de la surface du sol français et même de la planète. Pascal Perri a, bien évidemment, le droit de condamner tout ce qui ne se situe pas à l’extrême libéralisme avec une tonalité digne d’un concert de casseroles. La moindre des politesses, aussi, est de lui contester des positions infantiles, déversées comme de la diarrhée verbale, via la télévision.

Suffit-il de passer à la télévision pour asséner « sa » vérité et être crédible? L’ancien journaliste, chef d’entreprise et aujourd’hui chroniqueur sur RMC et la chaine 23, pense que la France qu’il dépeint correspond à la réalité. En dehors de ses prestations quotidiennes, sur ces deux médias, il participe aussi à des débats sur d’autres chaines privées et publiques. Les thèmes ne changent pas d’un média à l’autre. Tel un perroquet à peine savant, il se répète inlassablement et est incontournable dans ses prestations bas de gamme

Ses thèmes favoris

Pascal Perri défonce allègrement tout ce qui n’est pas du ressort du privé. Les fonctionnaires, évidemment. A l’entendre, ils sont les principaux responsables des dysfonctionnements du pays: travaillent trop peu d’heures, ont des avantages honteux, sont toujours en grève, sont des spécialistes de l’arrêt-maladie. Le modèle social français doit être aboli, l’État devrait tout vendre au privé et ne conserver que des fonctions régaliennes. En disant cela, Pascal Perri ne pense pas seulement qu’aux ministères de l’Intérieur, des Armées, de la justice et de l’Éducation nationale. Il songe aussi à la Santé, la Culture, les  Transports avec la SNCF et les compagnies aériennes. Le chroniqueur met un acharnement particulier à l’endroit de l’État qu’il accuse de mauvaise gestion chronique permanente, de dirigisme et d’emprise tentaculaire…. Il pense, aussi, que les français, en général, travaillent trop peu et préfèrent les vacances, les RTT et même le congé-maladie.

D’où sort-il

De nulle part et d’ailleurs. Il avait été invité une première fois, il y a une dizaine d’années et son style et assertions avaient trouvé un public. Homme de droite, ultra-libéral (c’est son droit) avait pris fait et cause pour François Fillon lors de la campagne électorale. Malgré la défaite, et les raisons de cette défaite, de l’ancien Premier ministre, Pascal Perri continuait de croire qu’il aurait été le vrai champion pour « sauver » la France. Selon le chroniqueur, la victoire d’Emmanuel Macron est un accident industriel et pense qu’il est une imposture intellectuelle.

Que lui répondre?

Rien, car rien ne le ferait infléchir. Il devrait seulement savoir que si la France est depuis une trentaine d’années dans la nasse économique, elle n’en reste pas moins un pays attrayant sur bien des points. Contrairement aux affirmations de Monsieur Perri, les fonctionnaires français sont utiles à la bonne marche de l’appareil d’État. Oui, il y a des réformes indispensables à réaliser, oui des transformations sont impératives, oui l’économie va mal malgré un léger mieux, mais ce n’est pas par le dénigrement systématique que le pays se redressera. Il devrait, également, prendre en compte que les personnes, quelles que soient leurs idées, méritent de la considération. Le débat politique peut se faire sans diabolisation et un minimum de respect. De quelle mission est investi Monsieur Perri pour se permettre ses analyses et positions erronées, d’une autre époque?

Mais, si Pascal Perri veut continuer son numéro de claquettes devant les caméras, c’est, peut-être, parce qu’il ne sait rien faire d’autre.

Categories: France

Comments

  1. sannier 23 mars, 2018, 02:17

    J’ai tout lu mais je n’aimerais pas être celui qui doit décider sans pouvoir réellement décider. Nous sommes en 2018 et qu’on le veuille où non,nous sommes dans la mondialisation. Que ferons nous quand nous serons 9 milliards de gens à nous dire que nous sommes les meilleurs?

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