Macron, rassemblement et non addition des contraires

Macron, rassemblement et non addition des contraires

Les adversaires d’Emmanuel Macron, de gauche et de droite, ne savent plus où donner la charge. Leur stratégie consiste à organiser la désinformation à propos de soutiens venus de partout, créditant ainsi la thèse du candidat attrape-tout. Or, la réalité défendue par le candidat et ses soutiens est autrement plus pertinente. La manigance selon laquelle le spectre dessinant un hypothétique gouvernement allant de Robert Hue et Alain Madelin, est ridicule parce foncièrement impossible et donc inexact. Voici pourquoi:

Emmanuel Macron, depuis le début de sa démarche présidentielle, n’a eu qu’un désir absolu: en finir avec le choc frontal permanent entre droite et gauche et organiser un rassemblement de nouveaux venus en politique, pour 50%, sans s’occuper de positionnements archaïques et obsolètes, responsables de tant de blocages. Le candidat de En Marche a compris, en peu de temps, qu’il fallait passer à un système rassemblant tout ce qui est bon des deux côtés de l’échiquier et proposer, ensuite, des nouveautés en matière de gouvernance et de projets. Il n’y a là aucun comportement de faiblesse, d’attrape-tout, d’incompatibilité entre divers camps politiques. L’on peut faire le constat. Depuis un demi siècle, la droite n’arrive pas à reconnaitre certaines lignes défendues par la gauche et la gauche pratique à l’identique. Mais en scrutant de près ces lignes politiques, il est indéniable que des positions pourraient être défendues autant par la droite que par la gauche. Le gros problème, il faut le rechercher dans des considérations boutiquières. Chaque parti rejette systématiquement ce que propose l’autre, au nom de la défense d’une idéologie partisane. Concrètement, ce distinguo ne favorise, en définitive, qu’un système en place depuis des décennies, et non l’intérêt des français.

De Robert Hue à Alain Madelin

Le premier a été Secrétaire National du parti communiste, il avait succédé à Georges Marchais. Le second, ancien ministre du gouvernement Balladur et de la présidence Chirac, haut responsable de Démocratie Libérale, parti allié au RPR, tous deux fondus ensuite dans l’UMP, en 2002. Il faut se rappeler des joutes entre les deux hommes. Le PCF et DL étaient des adversaires politiques que tout, absolument tout séparait. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et l’ancien responsable communiste a revu ses positions. Robert Hue s’est éloigné du PCF pour « redevenir un homme libre ». Son soutien à Emmanuel Macron est la résultante d’une réflexion tendant à redéfinir la politique française plus proche des réalités que des dogmes surannés. Robert Hue n’entend pas jouer un quelconque rôle dans le Mouvement En Marche. Il ne sera ni ministre, ni parlementaire de En Marche, mais simple soutien individuel….Même intention chez Alain Madelin. L’ancien ministre de droite retrouve en Emmanuel Macron le côté libéral en matière économique, qui s’appuie sur le versant social d’une politique alliant l’offre et la demande…

La réalité d’une nouvelle génération

Il en va de même pour toutes les personnalités de gauche, du centre et de droite qui ont rejoint En Marche. Elles n’emportent pas dans leur bagages des morceaux de PS, de Républicains, MoDem et UDI. Elles veulent, avant tout, participer à la mise en place d’un projet nouveau, dépourvu de vieilles ficelles, antagonismes, querelles de chapelles et postures politiciennes. Elles aideront la jeune génération à se mettre en place et appuierons le projet.

De Gaulle n’avait pas fait autre chose

1958. La 4ème république fait appel au chef de la France libre, pour régler la situation du pays englué dans la guerre d’Algérie. De Gaulle n’avait en tête un projet de droite ou de gauche. Il souhaitait un projet pour la France avant toute autre considération. Il nomma dans son premier gouvernement, à partir de janvier 1959 lorsqu’il fut investi Président, des personnalités issues de tout l’échiquier politique français, à l’exception de celles qui n’approuvaient pas son retour. C’est bien plus tard qu’un mouvement politique se forma autour de lui, forgé sur des idéaux qui devaient remettre le pays debout. l’UNR, Union pour la Nouvelle République, était un vrai parti pour la France et non une boutique politicienne.

A ce jour, 12 anciens ministres de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy soutiennent Emmanuel Macron dans sa démarche, sans implication ni rôle particuliers et 4 anciens ministres dont un Premier ministre de François Hollande, dans les mêmes termes.

 

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Comments

  1. José Alcala Author 4 avril, 2017, 15:55

    @ Thibsib et Insoumis
    Il est important que je vous précise des réalités me concernant. Sur ce blog il y a le journaliste, ancien du Service Public de Télévision et actuel éditeur de Caméra Diagonale. Côté blog, j’essaie d’être, sinon impartial parce que cela n’existe pas, au moins honnête. Et puis il y le commentateur qui répond aux commentaires et là c’est davantage le citoyen fait de chair et d’os avec une intelligence moyenne, une sensibilité et toute la part d’ombre et de lumière, comme tout un chacun. Pour la clarté, que je revendique, je ne suis ni un porte-parole de Monsieur Macron, ni un soutien. Et plus encore, au moment où je tape ces lignes, je ne sais pas sur quel candidat se portera mon vote le 23 avril. Pour autant j’ai trouvé utile de souligner, à ma façon, le phénomène Macron. J’ai écouté son discours et lu son projet. J’y ai détecté un intérêt qui porte essentiellement sur sa proposition d’observer la politique différemment. Oui, je trouve intéressant de jeter un regard au-delà de la sempiternelle formule droite-gauche. Cela ne m’empêche pas d’être vigilant et de ne pas tomber dans la facilité de ce qui brille, à priori. Le revers de cette médaille, de mon point de vue, me pose aussi problème. J’ai voté, pour la première fois de ma vie, à l’âge légal, en 1965. Ce premier vote, dans le choix du candidat, a été pour moi le seul que je n’ai jamais regretté. Tous les autres, à des variantes diverses, ne m’ont jamais apporté ce que j’avais espéré. Aucun. Alors oui, je regarde et réfléchi à cette présidentielle 2017. Sur le blog, il m’est arrivé d’avoir été très critique envers des candidats pour lesquels j’avais voté. A contrario, j’ai également réalisé de bons articles sur des candidats qui n’étaient pas les miens. Si vous souhaitez que je fasse la part du feu, je n’ai aucune difficulté: Oui, Jean-Luc Mélenchon est un homme politique sincère, compétent et des plus honnêtes intellectuellement. Oui, son programme est pensé dans l’intérêt du plus grand nombre, notamment des plus démunis. Oui, c’est un humaniste, généreux et désintéressé. Toutefois, j’ai une incertitude sur la faisabilité de son projet et je pense qu’il le sait. Il veut faire contre l’Europe et le Monde, or, malheureusement, sa politique n’est plus adaptable aux réalités actuelles. En un mot, nous sommes dans un concert où les musiciens ne peuvent jouer l’oeuvre chacun avec une partition personnelle. C’est ce qui m’a fait dire sa part de démagogie. Voilà, c’est à la fois clair et compliqué, j’en conviens.

  2. Insoumis 4 avril, 2017, 15:03

    @ José Alcala. Avec tout le respect que j’ai pour le travail que vous réalisez, je commence à mettre en doute votre impartialité de journaliste. Dire que ce qui c’est passé à Marseille est une Fake News cela me parait exagéré de votre part. Cette information, relayée par les mêmes médias qui nous ont rabâchés pendant des mois le « Sauveur Macron », n’est que la stricte vérité de ce qui c’est passé à Marseille, ne vous en déplaise. Et je suis certain qu’au fil des jours avant le 1er tour des présidentielles la lumière sera faite sur son véritable dessein et ses réelles compétences à diriger un pays.
    Que pensez-vous du choix qu’a fait M. MACRON de vendre ALSTHOM ?, un de nos fleurons nationaux. Qu’il soit pour le CETA ? Des Fakes News sûrement.
    Et je n’aborde pas le sujet de l’écologie, dans la continuité de Hollande, le strict minimum (voir l’entretien accordé à WWF) de belles paroles creuses qui manquent de convictions.
    Bien à vous M. ALCALA

  3. Thibsib 4 avril, 2017, 12:59

    Bonjour Monsieur Alcala,
    J’ai réussi à retrouver l’extrait en question : émission C à vous sur France 5 et diffusé sur FranceInfo. Il semble que cela ne ressemble pas du tout à un fake news. Cela posé, on aperçoit en arrière plan la salle du meeting et j’ai un peu de mal à imaginer 6000 personnes. On a modestement l’impression qu’il y en a beaucoup moins (peut-être était ce à la fin du meeting).
    Ensuite, le peu que j’ai pu écouter de Macron ne m’a nullement convaincu tant la vacuité de son propos apparait évidente.
    Enfin pour la jeunesse du candidat en question et son renouveau, il est juste soutenu par : Pierre Bergé, Bernard Henri Levy, Jacques Attali, Alain Minc, Gérard Colomb, François Bayrou, Manuel Valls, bref que du mijoté depuis 30 ans, dont on nous rabat les oreilles quotidiennement pour un social libéralisme qui fait du libéral dans les actes, et du social dans les paroles, du Hollande finalement, le discours du Bourget en moins.

  4. José Alcala Author 4 avril, 2017, 10:35

    @ Insoumis
    Oui, je connais. A priori cela vous échappe. Les Fake News, cela ne vous dit rien? Internet les véhiculent 24h sur 24. Mais depuis deux mois,ils prennent un aspect physique. Des diffuseurs de Fake News se déplacent dans les meetings de candidats et se placent pour les Interviews TV (ils vont au-devant de la caméra avec le hasard calculé), ou donnent leur avis à la cantonade et s’empressent ensuite de les balancer sur les réseaux sociaux et divers sites de désinformation. Rassurez-vous, il y en a pour tout le monde, y compris pour votre candidat. personnellement je le déplore. Côté rassurant: ces Fake News qui frappent tous les candidats, au final s’annulent.

  5. Insoumis 4 avril, 2017, 10:10

    @ josé Alcala et David.
    Je vois invite à regarder ce qui c’est passé à Marseille. Et ce ne sont pas mes propos, juste des citoyens qui s’expriment en quittant le meeting « du vent, du vide, … » tout est dit ….
    Belle journée à vous

  6. David 3 avril, 2017, 20:06

    Bonsoir, oui en effet, il y a des personnes qui souhaitent se placer aux législatives sous la bannière « En Marche ». Pour ceux qui se sont fait connaître, il y a beaucoup plus de jeunes que de « Vieux ». La plupart sont maires ou adjoints à la mairie dans de petites communes. Beaucoup d’autres n’ont jamais été élus. Ils constituent une large majorité. Et en effet, il y a quelques candidats plus expérimentés, professionnels de la politique et qui ne sont pas si nombreux.
    A ce jour, il n’y eu aucun accord pour les législatives entre le Modem et En Marche, et pour cause, personne n’a la main puisque tout passe par une commission nationale d’investiture avec laquelle nous n’avons pas encore de contacts… Si vous avez des infos contraires, nous sommes preneurs… Je découvre progressivement les candidatures aux législatives pour la France Insoumise. Nombre de candidats l’étaient déjà en 2012… Rien de neuf…

  7. José Alcala Author 3 avril, 2017, 09:54

    @ Insoumis
    Je ne sais pas comment cela se passerait avec Monsieur Macron, au fond, s’il était élu. Ce que je sais c’est ce qui a été fait par toutes les équipes de droite et de gauche qui se succèdent depuis 1974. Comme tout le monde, je constate l’état du pays aujourd’hui, y compris lorsque Monsieur Mélenchon était ministre. Sur le CETA, il faut savoir de quoi l’on parle. A priori, Monsieur Macron n’a sans doute pas l’intention que le système se fasse à sens unique…Quant aux éléments de langage que vous utilisez « promettre du du nouveau avec des vieux », « opportunisme » »libéral au service du capital »…Effectivement, vous êtes, vous aussi, dans le vieux discours politicien et avez, manifestement, peur de tenter autre chose. Mais vous en avez le droit absolu. Le mien, c’est de vous apporter ma réponse.

  8. Insoumis 2 avril, 2017, 22:26

    Macron promet du nouveau avec des vieux, qui ne pensent qu’à se placer pour les législatives. Cela s’appelle de l’opportunisme. Il suffit de lire les accords d’apareil entre le Modem et En Marche …
    Merci de rappeler qu’il est POUR le CETA, permettant ainsi l’Europe d’être inondée de produits provenant de l’autre coté de l’atlantique.
    Que penser de la retraite par points ? De l’inversion des normes ? Un libéral au service du capital, cela fait 20 ans que cela dur avec les résultats que l’on connait…

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