Macron et Benalla, en duo

Macron et Benalla, en duo

Éditorial

Rien ne va plus, tout est par terre.

L’affaire est importante et sans aucune commune mesure avec la longue séquence politique, depuis 14 mois, d’Emmanuel Macron. Depuis ce jeudi, c’est du lourd et du jamais vu. Tous les septennats et quinquennats ont connu des épisodes politico-médiatico-judiciaires, parfois sérieux. Cette fois, il semble bien que l’édifice ne pourra être sauvé sans dégâts.

Emmanuel Macron, malgré son jeune âge, est un vieux renard doublé d’une intelligence politique hors du commun. Dès le départ, au moment du lancement de sa campagne, il avait envoûté un grand nombre de français. La suite a été un chef-d’œuvre d’efficacité, jusqu’à son élection le 7 mai 2017. A l’instant même de son accession au pouvoir, le nouveau Président va donner le tempo. Il va tout maitriser, de A à Z et d’abord revêtir le costume de Président. L’Europe et le monde entier vont le regarder d’une autre manière qu’ils ne voyaient la France auparavant…

De réforme en réforme, il va réduire ses opposants à leur plus simple expression. Rien ne l’arrête, il fait dans la petite phrase et le comportement audacieux. Il n’a que faire des contestataires. Macron ne recule jamais d’un seul centimètre devant des parterres d’opposants, manifestants,  journalistes….

Et puis, un jour de juillet de 2018 la foudre s’abat sur le jeune surdoué de la politique. L’enfer, le savait-il, le côtoyait chaque jour pendant ses déplacements, publics et privés. Le « protégé », qui le protégeait, s’imaginait dans un conte de fée. Le pouvoir (en apparence) commettait des dégâts considérables sur ce jeune sécuritaire maladif et va être le déclencheur d’une descente aux enfers. Macron, le prévoyant, n’avait pas perçu ce grain de sable transformé en montagne. Trop sûr de lui, un tantinet manichéen, il a pensé que la fonction le préservait de tout. Il est permis, dès lors, de s’interroger sur sa réelle intelligence politique. Doué jusqu’à une certaine limite?. L’illusion fabrique des fastes, déclenche des désirs et égare de la réalité.

Tout est possible, à partir de maintenant: une démission du ministre de l’Intérieur, celle du Premier ministre, de députés LREM, éventuellement. Effectivement, comment avancer dans un tel imbroglio? Quelles réformes, futures, pourraient être menées dans la sérénité?

Pour rappel, nous sommes au plus haut sommet de l’État, dans un coup tordu indigne du pays des Droits de l’Homme: l’instauration, de fait, d’une police parallèle qui court-circuite la police Républicaine, où un individu sorti de nulle-part frappe et maltraite des manifestants au nez et à la barbe de la démocratie se sentant protégé par le Président. Pourtant, il s’agit de « Violences par personne chargée de mission de service public », « usurpation de fonction », « usurpation de signes réservés à l’autorité publique »

Quel crédit peut avoir ce Président de la République à compter d’aujourd’hui?

Categories: France

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