Louviers, ça va patiner

Louviers, ça va patiner

Aucun lien avec les prochaines élections municipales. Il s’agit, ici, de la nouvelle patinoire construite pour remplacer l’ancienne qui n’était plus bonne que pour la poubelle. La patin à glace revient en force à Louviers. C’était une promesse du maire qui se concrétise, mais avec un bémol: le financement ne vient pas de la commune, comme déclaré en 2014, mais de l’Agglo. Hier jeudi, l’Agglo Seine-Eure et l’entreprise Equalia ont signé le contrat de délégation de Service Public pour la gestion de la patinoire. A cette occasion le nom de la structure et son logo ont été dévoilés. Bienvenue à GLACEO, la Patinoire Seine-Eure.

Un peu d’histoire

Le patin à glace, à Louviers, c’est une vraie aventure. Elle avait été initiée en 1986 par Odile Proust, la maire de l’époque. L’idée, à la base, venait du docteur Chenu l’adjoint aux Sports. La maire avait trouvé l’idée « géniaale » et dans un rire bien bruyant, lançait à la cantonade (cantonade de groupies rassemblée pour l’admiration) « en politique il faut de l’originalité sans se poser de question sur l’utilité de la structure, l’essentiel c’est de la faire pour épater la galerie..c’est comme ça que ça marche… » Et voilà comment démarre ce qui est devenu un équipement incontournable. Madame Proust avait raison: il faut créer le besoin et laisser croire qu’il est une demande du peuple. Et les « journaleux » (selon son expression) qui osaient demander, lors d’interviews, si une patinoire était bien adaptée dans une région comme la Normandie qui n’est pas propice aux sports de glace, la maire partait dans une explication dont elle seule avait compris le sens. Mais Voilà, le DrugSport, (nom du complexe inauguré en 1987) était là il convenait de le faire fonctionner. Sa gestion, cahin-caha, ne fut pas de tout repos, économique surtout. Un ancien adjoint de la maire a conservé des séquelles acrobatico-financières parce qu’il avait accepté d’en être l’un des membres gestionnaires. De DrugSports en Kolisée, l’ancienne patinoire a été « un gouffre à fric » selon des proches du dossier, élus et fonctionnaires territoriaux de l’époque. Le bâtiment se détériorait avec le temps et l’argent manquait pour le maintenir nickel…

GLACEO, chiffres en main

Le nouveau complexe aquatique de Louviers va coûter 14 M€ TTC. Les prévisions initiales faisaient état de 11 M€ TTC. 3 millions de plus à l’arrivée. L’Agglo Seine-Eure déboursera 10 M€ à elle seule. Le Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) apporte 1 M€, le département de l’Eure 500 000 € et la Région Normandie 2,5 M€.

Naturellement, outre la qualité de la structure, la question sur les performances environnementales se posent. Une patinoire, comme diverses autres structures, est énergivore, sans compter les dégâts sur le fameux effet de serre. Fabriquer de la glace dans une région où la température moyenne, dans l’année, avoisine les 11°, n’est pas comparable avec les régions où la moyenne annuelle ne dépasse pas les 7°. Et bien en deçà s’agissant de la saison allant de novembre à avril. Les six mois les plus froids de l’année. La question a été posée et le directeur de la patinoire, Monsieur Alban Joly, nous a apporté sa réponse:

La patinoire de Louviers a été conçue selon une démarche de qualité environnementale et de performance énergétique selon la démarche suivante

1-  Sobriété énergétique de l’enveloppe

2-  Efficacité énergétique des systèmes

3-  Énergies renouvelables et de récupération

L’architecture de la patinoire est basée sur une conception bioclimatique adaptée à une patinoire. Le bâtiment est compact afin de limiter les surfaces de parois déperditives.

Peu de vitrages sont orientés Sud, Ouest ou Est afin d’éviter les tâches solaires sur la glace qui engendreraient des surconsommations.

L’aire de glace principale orientée Nord bénéficie d’un éclairage naturel performant permettant de limiter les besoins en éclairage artificiel et donc les consommations électriques. Aussi, tous les locaux à occupation prolongée profitent d’un accès à la lumière naturelle.

L’éclairage artificiel est assuré principalement par des luminaires à LED, à faible consommations électriques et longue durée de vie.

Pour limiter les consommations électriques, la gestion des équipements d’éclairage artificiel prévue permet également d’adapter leur fonctionnement au plus près des besoins des occupants (détections de présence, détections de luminosité, interrupteur à modulation)

En vue des futures réglementations, le fluide frigorigène retenu pour la production de froid de la patinoire est le dioxyde de carbone. Il s’agit d’un gaz naturel ayant un impact sur le réchauffement climatique et donc sur l’environnement nettement plus faible que ses homologues synthétiques chlorés, type HFC, CFC…

Une récupération de chaleur sur la production de froid pour la glace est prévue. Cette récupération couvrira la quasi-totalité des besoins de chaleur du bâtiment : chauffage d’ambiance, préchauffage de l’eau chaude sanitaire, surfaçage, fosse à neige.

Ce fluide frigorigène permet également d’obtenir un meilleur coefficient de performance pour le groupe froid qu’avec d’autres fluides naturels.

En appoint, le bâtiment est raccordé au réseau de chaleur urbain de la ville de Louviers, via une sous-station.

Une production d’électricité en autoconsommation par capteurs photovoltaïques polycristallins est prévue afin de compenser une partie des consommations électriques de la patinoire.

La production d’électricité photovoltaïque cumulée depuis son installation sera visible grâce à un écran d’affichage situé dans le hall d’entrée de la patinoire.

Alors, dans ces conditions, tout va bien. A vos patins!

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