La légitimité selon Philippe Martinez

La légitimité selon Philippe Martinez

Journée de grève et de protestation contre la réforme du code du travail initiée par le Président de la République  après sa promesse de campagne électorale. « Chose promise chose due », répond, en substance, Emmanuel Macron à l’ensemble des réfractaires à la réforme, allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Pour appuyer le bien-fondé de la grève, le patron de la CGT, Philippe Martinez n’hésite pas à mettre en doute la légitimité du Président de la République « qui a été élu par défaut ». Assertion dépourvue de sens, pour ne pas dire malhonnête. Explications:

La mobilisation syndicale contre la réforme du Code du Travail été des plus réduites compte tenu des annonces faites préalablement. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a essuyé un fiasco malgré son discours contraire où il fait état d’une « grande victoire du syndicat qui oblige le gouvernement à revenir sur sa loi » et d’ajouter « Nous sommes pour une réforme mais pas celle de Monsieur Macron ». Non évidemment. Monsieur Martinez veut une réforme qui ne règle rien comme c’est le cas depuis 30 ans….

Mais ce n’est pas le plus farfelu de la situation. Ce qui est reste incompréhensible chez les opposants de loi, et en premier lieu Monsieur Martinez, est la propension à oublier la longue séquence qui a débuté en janvier 2017, avec la campagne électorale. Dans le projet présidentielle d’Emmanuel Macron figurait la future loi sur la réforme du travail, avec un contenu qui n’a pas changé d’un iota. Or, Philippe Martinez semble surpris de voir le Président tenir sa promesse. Double Pat et Patachon ne veulent voir la réalité. La contradiction permanente s’installe et Philippe Martinez organise son propre dialogue de sourd, à savoir: lors du quinquennat Hollande, le même Martinez accusait l’ancien Président de mettre en place une politique contraire à ses engagements de campagne. D’un discours et de promesses bien à gauche, François Hollande aurait pris un virage libéral, ce qui constitue une « trahison » pour les travailleurs français. Attitude, de la CGT et de la gauche, qui pouvait se comprendre parce qu’ en grande partie vraie. Mais voilà, cette fois la donne est bien différente: personne ne peut affirmer, avec un minimum d’honnêteté, que Monsieur Macron a fait le contraire de ses promesses. Le leader de la CGT se trouve coincé et pour envelopper sa contradiction invente une explication abracadabrantesque (comme disait Jacques Chirac). Ainsi, il affirme que l’actuel Président n’a pas à imposer cette « mauvaise » loi travail car « il a été élu par défaut…les électeurs l’ont choisi pour faire barrage à Marine Le Pen et avec un taux énorme d’abstentions. Voilà un concept de la démocratie, très particulier, qui laisse pantois. Ainsi, selon sa logique, Philippe Martinez et la CGT ne seraient pas légitimes car très peu représentatifs, avec seulement 2% des salariés français. En poursuivant sur cette logique, combien de voix obtenues au second tour de la présidentielle par Emmanuel Macron, sont des voix détournées? Et qui peut réaliser ce comptage trois mois après?

Évidemment, cette loi travail peut-être contestée par les oppositions, mais le rapport de force s’inscrit grandeur nature, dans les faits. D’un côté, 60 000 manifestants à Paris (chiffres CGT). De l’autre, la promesse d’un candidat élu avec 20 millions de voix.

Categories: France

Comments

  1. Thibsib 15 septembre, 2017, 07:45

    La question que l’on peut se poser sur la légitimité de la loi travail (qui est loin de faire l’unanimité en France) :
    D’un certain point de vue :Macron l’a annoncé et il applique son programme, en cela, c’est parfaitement cohérent et ceux qui n’étaient pas d’accord n’avaient donc pas à voter pour lui.
    D’un autre, je me souviens parfaitement de l’exhortation à voter Macron parce que en face, il y avait Le Pen. Il y avait même des journalistes qui allaient jusqu’à accuser un homme politique de forfaiture parce qu’il n’appelait à voter pour Macron quand bien même il disait qu’il ne fallait pas une seule voix pour Le Pen.
    Il y a d’autres choix politiques que le libéralisme ou le racisme. Il y a des alternatives qui existent et il est important de ne pas les oublier.
    La critique des ordonnances Macron en fait partie.
    Cette loi, au mieux fabriquera plus de précaires mais elle ne résoudra pas le problème du chômage. Alors quelle urgence mérite de confondre pouvoir législatif et exécutif par le biais de ces ordonnances ?
    « Pour embaucher, il faut pouvoir licencier », et tout le monde avale cette parabole qui aurait été parfaite dans un monde Orwellien.
    Quelle démocratie voulez vous ?

  2. Ben OÏt 13 septembre, 2017, 18:15

    Tout à fait d’accord avec votre analyse. Les syndicats sont utiles mais très minoritaires, il est malhonnête de contester la légitimité de notre président de la république. Macron a annoncé la réforme du droit du travail. Ce n’est donc pas une surprise, les lois doivent changer, s’adapter à la société d’aujourd’hui. Martinez est pathétique, arc-bouté sur le passé. Nous avons du mal à nous remettre des 35 heures qui auraient dû pouvoir se négocier en prenant le temps dans les entreprises. Au départ cette loi avait comme idée le partage du travail! Cela n’a pas été appliqué, les salariés ont perdu pour certains de l’argent, les hôpitaux n’ont pas pu embaucher…. Martinez arrive t’il à mettre ses vêtement quand il avait 20 ans? C’est une question de bon sens, on ne peut pas fonctionner comme avant même si je conçois que pour certains perdre des avantages( acquis au détriment des autres salariés) n’est pas agréable!

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*