Législatives, curiosités dans la 5ème de l’Eure

Législatives, curiosités dans la 5ème de l’Eure

Le Mouvement En Marche s’apprête à investir un candidat dans les 577 circonscriptions. Dans la 5ème de l’Eure, sur la dizaine de candidatures à l’investiture, une candidate à jeté l’éponge pour soutenir Alexandre Huau-Armani, ancien maire-adjoint de Vernon. La Commission nationale aurait déjà fait son choix dans 80% des dossiers déposés. La 5ème circonscription de l’Eure est dans le lot. Réponse au lendemain du second tour de la présidentielle. Les animateurs du Mouvement En Marche expriment leur sentiment, voir vidéo.

« En Marche » travaille sur le sujet dans la coulisse de la présidentielle. Les collaborateurs de Jean-Paul Delevoye, président de la Commission des investitures ne chôment pas. Il leur faut arrêter le nom d’un candidat pour chaque circonscription. Chacune aura sa spécificité: candidat de gauche ou de droite sortant, pléthore de candidatures, nouveaux entrants, bataille entre deux candidats d’un même bord, etc. A titre d’exemple, arrêtons-nous un instant sur la 5ème circonscription de l’Eure, intéressante à plus d’un titre et regardons les enjeux et les probabilités de victoire et de défaites.

Quand le vent tourne…

Le député en titre, Franck Gilard, après trois mandatures (élu depuis 2002) a décidé de se retirer. Son parti « Les Républicains », qui souhaitait cette décision,  choisit d’investir le jeune maire de Gisors, Alexandre Rassaërt, soutenu également par le député sortant. En coulisses, des candidats potentiels manifestent  leur désaccord sans, toutefois, pouvoir l’exprimer publiquement. C’était au moment de la primaire de la droite et du centre, en novembre 2016. Ensuite est arrivée l’affaire des emplois fictifs, supposés, de François Fillon. Affaire qui s’ajoutait au rejet partiel du projet du candidat à la présidentielle, jugé trop dur et inapplicable pour de nombreux français.

Entre calcul et réalité

Trois mois de feuilleton rocambolesque et François Fillon perd l’élection « imperdable ». Au cours de ces mêmes trois mois, les français assistent à l’ascension politique d’Emmanuel Macron, considéré comme la bulle médiatique promise à éclatement. La bulle résiste et se consolide au point d’arriver en tête à l’issue du premier tour de la présidentielle. Puis, en filigrane, se profile l’autre élection importante, attenante à la présidentielle: les législatives. Le Parti Socialiste envisage de limiter les dégâts, les Insoumis voudraient le plus grand nombre de députés possibles, le FN compte ramasser la mise et « Les Républicains » espèrent endosser le rôle de nouvelle majorité parlementaire.

Boussole déboussolée

Enfin, En Marche, vainqueur du second tour, sur le papier, compte bien emporter la majorité absolue pour gouverner. C’est là, la difficulté pour chacune des composantes politiques. Ainsi, dans la 5ème circonscription l’affaire n’est pas dans le sac pour « Les Républicains ». D’abord, leur chef de file dans le département, Bruno Le Maire, annonce son vote en faveur d’Emmanuel Macron et aussi « pouvoir travailler avec lui ». Comment, dès lors, défendre le candidat du parti, dans la 5ème, sachant qu’un concurrent En Marche sera sur les rang?

Imbroglio

Ce candidat pourrait être Alexandre Huau-Armani, ex-maire-adjoint Les Républicains de Vernon. Il s’était mis en retrait du parti lorsque François Fillon avait « manqué à sa parole » de ne pas se présenter s’il était « mis en examen ». D’ailleurs, pour cette même raison Bruno Le Maire  et Sébastien Lecornu avaient, eux aussi, quitté l’équipe de campagne du candidat de la droite. Situation ubuesque avec la sanction infligée à Alexandre Huau-Armani du retrait de ses délégations d’adjoint au maire. L’on pourrait, donc, assister à une bataille entre deux candidats issus des mêmes rangs. Quelle position sera celle de Bruno Le Maire, soutenir le candidat officiel Les Républicains, Alexandre Rassaërt, ou le candidat En Marche, Alexandre Huau-Armani, dont le député de l’Eure pourrait travailler avec son leader?

Hier, une candidate à l’investiture a fait savoir qu’elle se désistait en faveur de l’ancien adjoint au maire de Vernon.

Categories: Eure

Comments

  1. Jean-claude Mary 4 mai, 2017, 22:27

    _L’enjeu des législatives est non seulement de donner à Emmanuel Macron une majorité pour gouverner mais aussi de lui donner les moyens de réussir le renouvellement de la vie politique. À cet égard le choix des candidats est fondamental . Les candidats devront être des personnes qui sont convaincues que l’affrontement droite/gauche tel que nous l’avons supporté jusqu’ici doit être dépassé, que le débat politique doit prendre des formes constructives, que nous sommes à la fin d’un système à bout de souffle qui s’il perdurait tuerait la démocratie. Il faudra donc des candidats aussi qui certes aient de l’expérience mais ne seront pas dans une ruse opportuniste de plus pour assurer leur recyclage politique et poursuivre leur carrière, non pas politique mais politicienne. De ce point de vue, Steve Dumont me semble répondre à ces critères : dès les élections municipales de 2014, nous avions avec lui et Jean-Luc Miraux, mis en œuvre cette volonté d’une politique municipale constructive afin de sortir des clivages qui stérilisaient le débat et des rivalités qui interdisaient l’action en faveur de l’intérêt général.Nous nous sommes ensuite heurtés à une majorité municipale qui elle, est toujours enfermée, dans cette paranoïa politicienne de la lutte des places, de la lutte pour les postes. Steve Dumont fait partie de ceux qui ont compris depuis déjà un bon moment cette nouvelle attitude qu’il faut adopter en politique, il
    N’est pas un rallié de la dernière heure. Sa candidature comme député d’En Marché serait donc tout à fait légitime et un espoir de démocratisation de la vie politique sur la 5 Eme circonscription, pour permettre aux citoyens de renouer avec la chose publique

  2. RAOULT E. 4 mai, 2017, 15:15

    Postuler est plus élégant que candidater. Ceci étant dit, Alexandre Huau-Armani a rompu avec Les Républicains, qui représentent une majorité de la droite et du centre du mouvement Générations-Vernon. AHA n’est pas le seul à avoir jeté sa carte aux orties, d’autres inscrits (comme autrefois M. Miraux, bien que sénateur-maire), ne réglaient pas leurs cotisations. D’autres n’ont aucune carte d’aucun parti. Parmi les encartés ex-UMP, certains sont très à droite (Sens commun, par exemple chez les fillonniste qui l’avaient emporté sur l’excellent Bruno Le Maire à la Primaire (à laquelle participait la Gauche!!!).
    Fillon a perdu au premier tour de l’élection présidentielle (la gauche aussi) mais la Droite et le Centre existent toujours. Ils vont, en Normandie, présenter des candidats de marque dans les 5 circonscriptions.
    M. Alexandre Huau-Armani s’est bel et bien déclaré en faveur de M. Macron, bien qu’au service du député Franck Gilard (Le Démocrate est bien renseigné). Il se voit déjà député du mouvement « En marche ». C’est culotté. Il n’a pas encore été choisi et M. Macron n’est pas encore élu.
    Mais dans la 5ème circonscription de l’Eure, le député Gilard a choisi pour le remplacer M. RASSAERT, maire de Gisors, qui s’était déclaré pour Le Maire à qui il doit tout
    Le problème actuellement, c’est Bruno Le Maire lui-même. Ses échecs sont injustes dans la mesure où LE RENOUVEAU c’était bien lui, plus équilibré que Macron (lui aussi élève des Jésuites, mais tordu), qui a repris non seulement son slogan mais aussi son maître à penser GRAND D’ESNON (ex-conseiller de Chirac).
    Bruno Le Maire a dû prendre un rude coup sur la cafetière.Mais attention, il ne faut pas qu’il prenne le même chemin que Huau-Armani, sinon à Générations Vernon, on sera obligé de lui poser la même question : s’il se jette dans les bras du tonitruant et théatral chef d »En marche », il faudra qu’il laisse la 1ère circonscription de l’Eure au maire d’Evreux qui a déjà fait l’intérim ; et qu’il s’en aille déguster des piments d’Espelette loin de la Normandie dont il trouve le climat trop frais pendant ses vavances.

  3. ericp27 4 mai, 2017, 12:21

    oui, le 2e tour est déja joué, on connait le futur président du 7 mai.
    mais l’importance maintenant ce sont les législatives et j’ai très peur si le gagnant de dimanche n’a pas de majorité absolue à l’assemblée.
    la France est maintenant coupée en 5 (si on tient compte de l’abstention ou nul qui devient un vrai parti) la situation « gauche-droite » a bien changé
    est ce que l’avenir sera mieux pour autant?
    à suivre……

  4. HACHET 3 mai, 2017, 16:38

    Les imbroglios ne sont pas que dans « En Marche », ils existent aussi chez les Mélenchonniens où 2 candidats potentiels de ce mouvement risquent de s’affronter dans plusieurs circonscriptions de France. Depuis plusieurs mois : réunions houleuses, rivalités sur les marchés se succèdent…
    Tout cela n’augure rien de bon pour les mois à venir; il faut s’attendre à voir : scissions, frondeurs, démissions et autres conflits qui vont fragiliser gouvernement et groupes divers.
    P.H

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