Le pouvoir d’achat c’est d’abord les prix

Le pouvoir d’achat c’est d’abord les prix

Les gilets jaunes ont posé le problème du pouvoir d’achat. Chacun a d’abord pensé au niveau des salaires, petits et moyens. C’est vrai en partie, mais l’autre versant concerne les prix à la consommation qui ne cessent d’augmenter. Sur ce second point, d’importance, le gouvernement n’a aucune réaction. Explications:

Demandons à tout ceux qui font leurs courses dans les magasins de centre ville ou dans les grandes surfaces comment ils s’en sortent au niveau des prix. Rarement les réponses tendent à un constat de baisse. Et pour cause, la variation des prix à la consommation ne cesse de s’enflammer vers le haut. Parfois, les grandes enseignes disposent de marges de manœuvres suffisantes pour oser des baisses temporaires et saisonnières, selon les produits. Cela a pour effet d’adoucir, très légèrement, la frénésie des hausses. Ainsi, ceux qui conservent leurs tickets de caisse, de semaine en semaine, de mois en mois, ou d’année en année, ne peuvent que constater qu’avec la même somme d’argent, la quantité de produits alimentaires, pour ne parler que ce ceux-là, diminue ostensiblement, pendant que les salaires stagnent durablement.

Les chiffres de l’Insee

L’Institut d’État, voici quelques années, avait composé le fameux panier de la ménagère avec 430 références et établi un taux moyen pour l’ensemble. Il en a résulté une augmentation générale de l’ordre de 1,2%. Dans ces 430 références (divers produits) l’Insee avait inclus de l’électroménager, téléviseurs et informatique dont les prix baissaient depuis une dizaine d’années. Et aussi les clous et les boulons lesquels avaient baissé très fortement depuis les années 70.  Dit de manière un peu comique, il fallait acheter des clous et des boulons pour avoir l’illusion que les produits alimentaires étaient moins chers. Astuces de comptable ou envie de berner? C’était sans compter avec les associations de consommateurs. Elles avaient dénoncé la manœuvre et fait ramener le fameux panier à quelque 300 références de produits les plus courants.

Le gouvernement peut-il décréter le gel des prix?

A situation exceptionnelle, décision exceptionnelle. Les gouvernements libéraux, de gauche et de droite, rechignent au recours de cette méthode. Cela reviendrait à instaurer une économie encadrée. Pourtant, c’est la seule méthode pour lâcher un peu de lest dans le pouvoir d’achat, pour une période déterminée, puisque les augmentations de salaires sont de la seule décision des entreprises, lesquelles disent ne pas pouvoir le supporter, économiquement. En même temps une telle décision reviendrait à réduire la TVA, principale ressource de l’État. D’un autre côté, la consommation serait plus conséquente et l’État recouvrerait ses pertes. C’est un vrai choix.

Cycle vicieux

L’augmentation des salaires, si telle est la tendance du gouvernement, sur le moyen et plus long terme, exige, en parallèle, d’encadrer les producteurs de biens alimentaires et les divers intermédiaires, qui ont une fâcheuse tendance à « la course à l’échalote ». Lorsque les salaires augmentent, ils augmentent leurs produits. Mêmes conséquences pour les loyers: Les aides au logement ont surtout bénéficié aux bailleurs, privés et publics, qui en ont profité pour augmenter les loyers. Ce sujet, aussi, a été traité maintes fois par les associations de consommateurs.


Categories: France

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