Le parti sans chef

Le parti sans chef

Le grand Parti issu de la 5ème République et du gaullisme n’a plus, depuis la défaite de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite, de chef indiscutable et charismatique. A la fin de l’année, ce sera un second couteaux  qui tentera de créer les conditions d’un renouveau de la droite française. Cette option, très probable, pourrait provoquer une implosion et réduire le parti à une portion congrue, pour un long moment. Du jamais vu depuis 1958.

Le mouvement s’était constitué autour du Général De Gaulle. C’était l’Union pour la Nouvelle République (UNR). S’y était greffé un mouvement de centre-gauche, animé par Léo Hamon et Philippe Dechartre: Union Démocratie et Travail (UDT). De Gaulle avait approuvé cette union et le parti devenait UNR-UDT. Au fil des années les sigles évoluaient avec UDR (Union des Démocrates pour la République) UD5ème (Union des Démocrates pour la 5ème République), RPR (Rassemblement pour la République), UMP ( Union pour la Majorité Présidentielle devenue Union pour un Mouvement Populaire). Tous ont affirmé et assumé le courant traditionnel de la droite, mais ont préservé le volet social, à des degrés divers, indispensable à un équilibre politique admis par le plus grand nombre de militants et in fine, d’électeurs….Laurent Wauquiez, à contrario, pourrait s’affranchir du volet social et mettre toute la barre à droite et de cette perspective, d’aucuns dans le parti n’en acceptent l’enjeu.

LR, en trois morceaux

Sur une base militante d’environ 180 000 membres (chiffres de juin 2017), Laurent Wauquiez pourrait maintenir 80 à 100 000 adhérents, dans le meilleur des cas. Valérie Pécresse et son futur mouvement « Libre » ne peut escompter plus de 20 000 adhérents à terme. Les « constructifs », espèrent créer une tendance LR située au centre-droit et ramener 50 à 60 membres actifs. Tout cela reste très théorique car rien n’indique si d’actuels militants pourraient se retirer purement et simplement, en même temps que d’autres, de nouveaux venus, pourraient s’inscrire chez les uns et la autres. Il n’empêche que la cohésion de LR en un groupe unique, est bien terminée, pour l’instant.

Projets et programmes

L’autre élément important, absent, reste le projet politique, vecteur primordiale pour renouer avec l’esprit de parti de gouvernement. Fini les programmes Fillon, Juppé, Sarkozy, de la campagne des primaires et de la présidentielle. Emmanuel Macron et ses troupes sont passés par là. Combattre Macron pendant 5 ans est le seul projet politique des oppositions de droite et droite. La difficulté première pour l’ensemble des battus est de mener de front la lutte anti-Macron et la défense de projets pour le futur. La question de la réussite, ou non, de la politique de l’actuel Président se posera lors des premiers bilans, sérieux, c’est-à-dire pas avant un an. La droite LR, pour l’heure, n’a rien à proposer qui soit un vrai grand projet capable d’anéantir Macron. Il faudra du talent et des idées entièrement neuves pour commencer à se faire réentendre. La Sécurité, l’immigration, le chômage, l’Education, la Santé, les Retraites, l’Europe, la dette, et bien plus, restent des thèmes incontournables. Les idées nouvelles, dès lors, consistent à trouver les solutions que personnes jusqu’à ce jour n’a trouvé. Des solutions admises par le plus nombre…c’est la difficulté du pays.

Laurent Wauquiez

Ancien proche de Jacques Barrot, Laurent Wauquiez représente la droite française prête à aller loin dans le concept de gouvernance. Une gouvernance pure et dure. Les thèmes soulevés par l’ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy vont jusqu’à mettre mal à l’aise ses propres amis politiques. L’on voit mal, en effet, comment les français, en général, accepteraient une telle purge. Disloquer le système social français comme le veut Monsieur Wauquiez n’a aucun sens politique. Installer un régime d’exception économique dans la 6ème puissance du monde serait injuste, absurde et contre-productif. Pourtant, intellectuellement, Laurent Wauquiez n’est pas n’importe qui. Études et parcours sans faute, le futur patron LR est sorti major de sa promotion à l’ENA. Ironie du sort, il s’agit de la promotion Mandela. Contraste sans pitié, sur tous les plans.

 

 

Categories: France

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