Le dernier métro

Le dernier métro

Ils ont décidé de monter dans la même rame avec un seul ticket. Celui d’une improbable excitation des électeurs pour un attelage archaïque, teinté de manœuvre et vengeance désuètes.  L’idée de Nicolas Sarkozy, sur le choix de François Baroin, s’avère être un petit coup d’épée dans l’eau. Pour François Baroin, celui  de Nicolas Sarkozy se justifie par la confiance qu’il a en lui, dit-il sur tous les tons. En filigrane la réalité ne trompe pas: faire perdre Alain Juppé à la primaire. Annoncée à grand renfort de communication, l’association de la carpe et du lapin, n’a  fait vibrer la foule des électeurs de droite.

Des deux, Nicolas Sarkozy représente une vraie force politique de droite. Il reste un candidat sérieux pour la primaire « Les Républicains » malgré son déficit d’image dans les sondages, car les français estiment, majoritairement, que l’ancien Président a fait son temps. Les chances de Nicolas Sarkozy de figurer en bonne place, sont minces

Les tendances sont diverses depuis la création de l’UMP, en 2002. Les libéraux, entrés en force, ont peu à peu laminé les gaullo-chiraquiens plus ouverts vers le centre. Le maire de Troyes étaient de ceux-là. Objectivement, tout sépare Sarkozy et Baroin. Notamment la ligne, très droitière, de Buisson, le conseiller politique de Sarkozy, largement critiquée par Baroin.  Alors, quelles sont les vraies raisons de ce nouvel attelage? Si l’on cherche un peu, la réponse se trouve dans le cheminement politique de François Baroin depuis les années 90. L’ensemble débute par le soutien de Sarkozy à Édouard Balladur et François Baroin à Jacques Chirac. C’est pourquoi, dans ce ticket étrange, rien ne colle.

Choyé et protégé

Journaliste à Europe 1 au début des années 80, François Baroin est repéré par Jacques Chirac ami de son père, Michel Baroin qui fut Haut Fonctionnaire et président de la GMF. Chirac offre à François Baroin, sur un plateau, une circonscription dans l’Aube aux élections législatives de 1993. Deux ans plus tard, lorsque Chirac est élu Président de la République, il nomme Alain Juppé Premier Ministre et François Baroin Secrétaire d’État Porte-Parole du gouvernement. Il y restera 6 mois. Alain Juppé, lors d’un remaniement ministériel, se sépare de François Baroin, ainsi que de plusieurs femmes ministres. Baroin vit mal ce « licenciement ». Il en voudra à Juppé pour l’éternité. Il est, toutefois, curieux que Jacques Chirac n’ait pas retenu la main de son Premier ministre…

François Baroin retournera au gouvernement par la grâce de Jacques Chirac, après la cohabitation, au poste de ministre de l’Outre-Mer, puis de l’Intérieur, ainsi que du Budget sous Nicolas Sarkozy. Enfin, ministre de l’Économie et des Finances en 2010. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, visait ce ministère, mais Sarkozy choisit Baroin. Tout est dit dans l’attitude du maire de Troyes.

Dans l’hypothèse d’une victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire des 20 et 27 novembre, François Baroin se lancera dans la bataille de la présidentielle,  mais la victoire reste très incertaine, voire nulle. Ce sera un ticket pour le dernier métro. Celui qui arrive après les autres.

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