La seule ville au monde sans voitures

La seule ville au monde sans voitures

Extraordinaire. C’est la chaine France 2 qui nous livre l’information à travers un reportage de 14 minutes, dans le cadre de l’émission « Tout compte fait » du 24 octobre dernier. Pontevedra est une ville de 83 000 habitants située dans la Région de Galice, à l’ouest de la péninsule. La Bretagne espagnole, d’origine, elle aussi, celte. En 1999, un candidat à la mairie, le docteur Miguel Anxo Fernandez Lores propose un programme avec un seul sujet: évacuer les voitures du centre-ville avec l’objectif de réduire, voire éliminer, la pollution atmosphérique et sonore et instaurer une qualité de vie à tous les niveaux. Reportage intégral, présenter par Julian Bugier et réalisé par  Silvère Rocher et Axel Selvez.

L’on ne peut résister à montrer cet exemple. Une ville sans voitures, aujourd’hui, c’est entrer dans un film de Science Fiction. Mais à Pontevedra, c’est une réalité. La mobilité piétonne, dit le maire et médecin, est le meilleur moyen de lutter contre l’obésité et les maladie cardio-vasculaires et reste un élément fondamental pour se déplacer. Ce n’est pas un mode complémentaire. S’ajoute l’autre versant important de la formule: l’air redevient respirable, la pollution a baissé de 65% et les nuisances sonores ont disparu. La ville est rendue aux piétons, le commerce local prospère, les personnes âgées vivent la ville comme un lieu de spectacle vivant permanent et les enfants évoluent dans des espaces sécurisés.

A Pontevedra, cette politique place l’individu au cœur des préoccupations et relève d’un véritable modèle social. Le choix du maire semble être le bon puisqu’il en est à son 5ème mandat et les habitants n’ont pas envie de le changer. Peu importe la couleur politique de l’édile, le reportage de France 2 n’en fait pas état. Ce que les habitants retiennent est la qualité de vie au quotidien.

Courage politique (extrait d’un article de Christine Cabiron sur le site « Mobilicités)

« Parallèlement à ce nouveau plan de circulation et de stationnement, l’espace public a été entièrement requalifié. Dans l’hyper centre, les trottoirs ont été supprimés au profit d’une voirie sans obstacle urbain. Par ailleurs, des bancs ont été installés, l’éclairage a été amélioré, des espaces végétalisés et des aires de jeux ont vu le jour. Dans les rues empruntées par les voitures, l’espace dédié aux piétons a été doublé. L’idée : que deux personnes avec des parapluies ouverts ou des poussettes puissent se croiser sans se gêner.

La municipalité a également agi pour accroître l’attractivité économique. « J’ai passé un deal avec les habitants. Je leur dit que s’ils revenaient habiter en centre-ville ils trouveraient tous les commerces et les services de proximité dont ils ont besoin. Par ailleurs, je n’autorise aucune implantation de grandes surfaces en périphérie », explique le maire. « Pour réussir à améliorer la qualité de vie dans les villes, il suffit d’avoir la volonté et le courage politique ».

Et « chez nous », alors?!

Le temps est toujours plus long. Nombre de villes françaises, petites, moyennes et grandes possèdent des espaces piétonniers. Quelques rues et placettes, mais rien qui bouleverse réellement les (mauvaises) habitudes. L’univers de la voiture est ancré pour longtemps. La voiture est reine et rien ne saurait la détrôner. Aucun candidat n’a jamais osé porter un tel projet d’ampleur. Au peu de courage politique s’ajoutent les certitudes de commerçants et d’usagers. Un début de remède: voir, revoir et revoir  encore le reportage de France 2, visible pour 5 jours encore sur France TV Pluzz.

Reportage de l’émission « Tout compte fait » présentée par Julian Bugier, produite par Enibas Production et France Télévisions et réalisée par Eric Dunant. Émission du samedi 24 octobre comprenant 3 volets: l’auto-partage, covoiturage et la ville sans voitures.

 

Categories: France

Comments

  1. mirko 4 novembre, 2015, 03:32

    Mon ville la plus belle.

  2. Javier 31 octobre, 2015, 22:57

    Merci bcp à France 2 pour montrer au peuple français l’évolution urbaine et sociale de Pontevedra depuis 15 ans. C’est ma ville natale, j’y habite dés toujours et je m’en sens de plus en plus fier. Je l’aime et quand je dois m’en aller en raison de mon travail, comme maintenant, j’éprouve du chagrin. Elle belle, majestueuse et lumineuse, car en printemps et en été on y peut profiter du soleil jusqu’à 22h. Pourvu que bcp de français peuvent y venir découvrir ce trésor galicien à côte de la mer!

  3. Patricia Fernandez 31 octobre, 2015, 13:34

    Bonjour, je viens de voir ce joli reportage sur Pontevedra. Toutes mes félicitations! Nous, nous habitions à Saint-Jacques de Compostelle (à 56 kiolomètres de Pontevedra capital) et nous avons déménagé à Pontevedra il y a trois ans et nous sommes très contents de notre décision, en plus de son côté patrimoine et sa qualité de vie pour s’y promener (en plus un grand atout c’est que la ville est plutôt plate) la ville est à côté de la mer et ça c’est merveilleux! Voici une vidéo que j’ai trouvée en français sur You Tube sur ce même sujet: qualité de vie, mobilité, modèle de ville piétonne: https://www.youtube.com/watch?v=_BAdOFufjhY . Bon visionnage!

  4. stéphane 30 octobre, 2015, 19:23

    En plus, Pontevedra c’est la ville la plus belle de la Galice, même plus que Saint-Jacques de Compostelle! J’y habite depuis un ans et je suis ravi! Et à sa grande qualité de vie, sa jolie vieille ville, ces monuments, espaces piétons… il faut ajouter qu’elle est à côté de la mer, au fond d’une superbe Ria profonde (en plein milieu de la région touristique des Rias Baixas), la Ría de Pontevedra.

  5. Olivier Taconet 30 octobre, 2015, 12:18

    Bien sur, il y a Venise, piétonne depuis toujours et qui présente un calme impressionnant malgré l’afflux de visiteurs, mais c’est un cas particulier. Le reportage est très intéressant, en effet et d’abord parce qu’il montre que c’est à partir de la folie que représente la prise de pouvoir automobile sur la ville qu’il est temps de trouver des solutions alternatives.

  6. Henri Clément 29 octobre, 2015, 09:58

    Passionante réalisation en effet. Je propose deux précisions de sens.

    1. QAuelque soit sa « couleur » , ce maire accomplit un acte politique (au sens noble du politique, au masculin, par opposition à la politique, au féminin). La nuance est mal connue.
    On peut même dire un acte révolutionnaire, oui, au sens de mon point 2 :

    2. Qui « relève d’un véritable modèle social », oui, mais « place l’individu au cœur des préoccupations », non ! à mon sens justement pas !
    L’individu, quel mot détestable.
    La valeur sociale ici promue repose sur la personne en tant que sujet relationnel par essence, et donc s’épanouissant dans sa dimension collective (communauté de l’être),
    ici incarné par l’espace public libéré, les saines relations retrouvées,
    Par opposition à l’individu, entité unitaire statistique d’un système d’objets privilégiant la valeur de la marchandise (économie de l’avoir), ici objectivé par l’automobile individuelle.
    L’automobile est typiquement un objet déshumanisant (=dépersonnalisant =individualisant) tant à l’échelle personnelle comme prothèse identitaire et vecteur de puissance, qu’à l’échelle collective quand elle envahit et remodèle les liens sociaux.

    Un homme politique qui voudrait étendre ce modèle de Pontevedra à d’autre lieu comme à d’autres forme d’émancipation de la logique de l’ordre marchand aurait une espérence de vie assez brève à mon avis.

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