Jeux de cirque

Jeux de cirque

Éditorial

Annoncé comme le tournant de la campagne présidentielle, le débat de ce soir sur TF1 se veut déterminant pour chacun des cinq candidats. La presse nationale y va de ses commentaires et appréciations,  jusqu’à désigner les candidats qui pourraient être les gagnants et perdants de l’affrontement. Ainsi, elle nous dit, majoritairement, que Monsieur Macron est celui qui a le plus à perdre puisque inexpérimenté en matière de débat. Que les mieux outillés, de cette expérience, sont Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. Or la réalité est beaucoup moins palpable que ces assertions. Emmanuel Macron n’a jamais été en situation de débat face à des adversaires « expérimentés« , c’est vrai. Mais, partant de ce principe comment expliquer son ascension en l’espace d’à peine deux ans? C’est une question. Le candidat François Fillon est sur la scène politique depuis 36 ans et sa longévité, on le voit, ne lui permet pas, à ce jour, de se positionner dans la perspective d’une victoire. Jean-Luc Mélenchon, le tribun, le « peur-de-rien », « la grande gueule » dans le sens positif, celui qui se permet de ne faire qu’une bouchée de son adversaire de débat et du journaliste qui l’interroge, n’a, pour l’instant, pas casser trois pattes à un canard. Il stagne joyeusement à 10-12% des intentions de vote, son étiage  depuis des années. Marine Le Pen, quant à elle, peut se permettre tous les vocables et attitudes possibles. Elle est la candidate qui monte en permanence, avec débat ou non…

L’émission politique de ce soir, ne sera, ne peut être une formule permettant aux électeurs de se forger une idée très précise du programme de chacun des candidats. Ceci pour nombre de raisons. D’abord, le questionnement portera sur trois grands thèmes avec plusieurs déclinaisons: 1) Quel modèle de Société pour la France, 2) Quel modèle économique pour la France, 3) Quelle place pour la France dans le monde. Chaque candidat aura un temps très limité pour répondre, or ce n’est en 1,30 minutes que l’on peut apporter des réponses rationnelles et étayées à ces grandes interrogations…

S’ajoute la volonté d’en découdre, pour certains d’entre eux, contre celui considéré comme le concurrent à abattre d’ici le 23 avril, en marge des programmes. Ce rôle est imparti à Emmanuel Macron. Tous le cibleront comme adversaire privilégié. Aussi, le risque pour que cette émission de télé-fausse-réalité soit un affrontement de style « jeux de cirque », est grand…

Et à ce jeu, meurtrier, la victoire du débat ira au (x) candidat (s) le (s) plus démagogique (s), le plus cogneur (s). L’on peut faire confiance, sur ce positionnement, à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

 

Categories: France

Comments

  1. Thibsib 23 mars, 2017, 21:01

    Bonjour,
    @ Henri Clément
    Pas tout à fait d’accord sur certains points de votre présentation.
    De mon côté, mon propos sur les utopies était surtout de fustiger les conservateurs qui ne voient qu’utopie dans tout progrès social.
    Du coup, pour une réalisation sociale, il faut (à mon humble avis), un agent revendicateur, et un libéral éclairé (ou du moins une puissance dominante pleine de bon sens) et pour y résister, une puissance réactionnaire.

    Sur l’abolition du travail des enfants, j’avais une autre histoire en tête : la demande en a été faite par l’Etat (en France) car les jeunes des villes (et qui travaillaient dans les usines) souffraient de problèmes de santé. Le problème n’était pas sanitaire: la mauvaise santé des jeunes les empêchaient d’accomplir leur service militaire et donc de servir de chair à canon. En tout cas, aucun altruisme dans cet abolition.

    Le libéral éclairé voit effectivement un bénéfice, au même titre que Ford qui augmentait les salaires de ses ouvriers pour leur vendre des voitures. Ford avait l’avis d’un rapport de 1 à 10 entre le salaire le plus bas et le plus élevé (Mélenchon demande 20 et soulève les cris d’orfraies des grands patrons)

    Alors oui, quand on propose une avancée sociale chiffrée, il se trouve toujours un lot de conservateurs, tenant de la rente, qui disent : « ce n’est pas possible, ce sera la ruine ».

    Par moment je me demande si ce genre de comportement n’est pas motivé par le seul besoin d’asservir le peuple, car les avancées sociales produisent des effets positifs pour l’ensemble de la société, y compris pour les plus riches.

    Merci d’avoir parlé d’Ambroise Croizat, un ministre du travail ayant eu 1 million de personnes à ses funérailles, c’est dommage de l’avoir laissé tant de temps dans l’oubli.

    Maintenant pour en revenir à Mélenchon, je crois à l’effet vertueux de ses propositions économiques et environnementales et du coup à l’acquiescement des opérateurs économiques du pays à ces réformes (à moins de se trouver dans une volonté d’asservissement).

    100 milliards d’investissement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables : cela dynamise toute une filière, crée des emplois, favorise les cotisations, diminue le chômage et son poids financier, sort de la crise.

    Le bio et les circuits courts dans les cantines : mise en place de nouvelles filières agricoles pourvoyeuses d’emplois, changement des pratiques, amélioration de la condition des paysans, diminution des pratiques de monocultures

    Le service civil : une mixité sociale et redonne un goût pour sa participation à la société

    L’Etat employeur en dernier ressort : permet un accès à l’emploi, la réinsertion dans la société et le service aux autres

    Et tant d’autres exemples dans le programme de la France Insoumise

    @ José Alcala

    Je ne sais pas si vous êtes content de l’Europe, mais convenez qu’Emmanuel Macron a l’air très satisfait du fonctionnement de l’Europe en étant ouvertement pour le CETA et en considérant que « la politique commerciale communautaire, c’est la souveraineté de l’Europe ».

    Je suis européiste comme bon nombre de concitoyens, mais ce qui nous est imposé ne ressemble en rien à ce qui peut satisfaire les peuples.

    Mélenchon ne veut pas mettre fin à l’Europe, il veut recréer un rapport de force pour la discussion, demander une renégociation des traités, à l’appui d’un plan A et d’un plan B (sorite des traités) pour ne pas se sentir piégé comme la Grèce l’a été.

    Alors non, il n’est pas question de raser cette maison dont vous parlez. Par contre, elle brule déjà, et une bonne douche froide pourrait peut-être nous sauver des incendiaires.

    Et pour bousculer le monstre, je trouve que les propositions de la France Insoumise sont plus adaptées (harmonisation fiscales, sociales et environnementales) que celles d’Emmanuel Macron.
    Extrait des Européens avec Macron : « Autour d’Emmanuel Macron, nous mobiliserons toute notre énergie pour faire prospérer ce projet historique qu’est la construction européenne »
    Je ne vois rien dans cette idée qu’une vacuité conservatrice.

    Bien à vous
    J’espère ne pas avoir abusé de vos colonnes et désolé si mes propos peuvent paraître militants, ils sont simplement l’œuvre de convictions profondes.

  2. RAOULT E. 23 mars, 2017, 13:38

    Monsieur Clément s’instruit énormément mais le livresque et les doctrines philosophiques sont assommants, bourrés de grands mots. La réalité historique est plus claire, son vocabulaire moins savant. Je cite l’Indochine que je connais le mieux : la France l’a relevée de son Moyen-Age, des hommes du clergé chrétien lui ont trouvé une écriture (le quoc Nhu), délivrant le peuple de la savante écriture chinoise réservée à l’élite. Ils ont sauvé l’empereur Gia Long, menacé de mort, dont toute la famille avait été assassinée. Le savant Yersin qui a éradiqué la peste et Calmette qui a inventé un vaccin contre les serpents mortels ont totalement enrayé la mortalité : les habitants se sont multipliés. Saïgon était un cloaque qu’on a assaini. Yersin a introduit en Indochine (futur Vietnam) l’arbre à caoutchouc : l’hévéa, pour payer ses travaux de recherches. Le caoutchouc a magnifiquement prospéré et a constitué un bond économique dans ce pays tropical (on ne peut pas planter l’hévéa en Bretagne ni même sur la Côte d’Azur !) Le caoutchouc a enrichi des entreprises françaises mais bien entendu, d’abord, le Vietnam. On a construit des routes, des villes, des lignes de chemin de fer, des ports, des aéroports. Lors de la crise venue des Etats-Unis en 1929, Michelin ne vendait plus que difficilement ses voitures, les pneus de bagnoles, de vélos, tout ce qui était fabriqué à base de caoutchouc a subi un immense déficit. l’Indochine en a été la première victime. C’est là que le Communisme et la Franc-maçonnerie (qui avait débarqué – lorsque toutes les routes, les villes, l’eau, le « confort moderne, la santé » ont été présents – pour détruire le catholicisme) s’en sont donné à coeur-joie. La suite, on la connaît (ou pas !). Pendant la guerre d’Indochine le live-motive de l’extrême-gauche qui voulait donner les rênes à Staline et à Mao était  » Mourir pour Michelin ». Que les militaires (de carrière, les pauvres) haïssent les planteurs, c’était le but, tandis que le trafic des piastres pratiqué par la gauche (le fils Auriol), par la droite (soyons pudiques mais on a les noms), par la Chine comme par Hô-Chi- Minh (pour acheter son matériel militaire à la Chine) et comme l’empereur vietnamien (pour mener une vie de Patachon), ruinait la France (se reporter aux chiffres et à l’ouvrage de Delpesch). 1 milliard de francs par jour.
    Quand on entend MACRON déclarer que la colonisation française fut un crime contre l’humanité, on a envie de dégueuler. On se demande qui compte élire ce personnage théatral, déséquilibré, pour représenter notre pays à l’élection présidentielle.

  3. Henri Clément 22 mars, 2017, 19:34

    @ M. Thibsib
    Ouf, Merci ! il reste des consciences de gauche en France !
    Excellente votre métaphore sur l’Union Européenne et la mafia.

    Encore quelques objections doctrinales sur les utopies et le progrès social :
    – l’abolilition de l’esclavage ? c’est pas Shoelcher, c’est le pétrole et les hydrocarbures !
    – l’abolilition du travail des enfants ? idem + le besoin de qualification croissant pour la productivité… du capital.
    – Les congés payés, oui c’est un peu le Front populaire dans la forme, c’est surtout les suites de la crise de surproduction de 1922-29 aux USA, du fordisme et de la nécéssité d’ouvrir un marché de consommation de masse… au capital !
    – La sécurité sociale ? oui c’est un peu A.Croizat et le CNR, mais c’est surtout le potentiel de rentabilité de l’industrie medico-pharmaceutique qui se voit allouer un marché captif payé par un quasi-impôt… et de l’endettement.

    Pourquoi dire cela ? parce que le progrès social n’est toujours que le paradigme d’un réagencement du capital et du marché.
    Le socialisme et le libéralisme sont deux faces d’une même médaille : c’est aujourd’hui une évidence.
    – Qu’est le mariage pour tous ? le droit à l’euthansie chèrs à M. Mélenchon ? un progrès social ou un marché ouvert de la procréation artificielle et de la mise à mort marchandisée ?
    Le progressisme social est toujours celui du marché, nous n’y pouvions rien.
    Sauf que nous arrivons à un moment où le capital n’aura très bientôt plus besoin de ces progrès sociétaux là, c’est le point critique de son auto-invalidation prévu par Marx. Game over, fin de l’histoire des illusions progressistes.
    Les migrations de masse en sont l’expression concrète : toute migration est et sera une regression sociale violente et un progrès ultime du capital. C’est inéluctable. La seule utopie qui restera sera le retour à la lutte de classe mondiale dans sa version la plus crue… et sans doute la plus violente (un exemple précurseur ? Daesh, le terrorisme comme mode de gouvernance).

    Tout çà pour dire quoi ? que le temps n’est plus à « Proposer un autre type d’échange ». Tant que M. Mélenchon et Mme Le Pen n’auront pas fait la jonction du populaire et du populisme, soit leur pouvoir sera sans puissance soit leur puissance sera sans pouvoir. Moi, je voterai pour eux deux, pour Marichon et Mélenpen.

    Avec mes excuses (ou mes remerciements) à M. Alcala pour abuser ainsi de son accueil en libre expression.

  4. José Alcala Author 22 mars, 2017, 18:29

    @ Thibsib
    Croyez-vous, quand tant que citoyen, je sois satisfait de l’Europe d’aujourd’hui et me contente, bouche bée, de l’action (inaction) des dirigeants européens? Puisque vous avez la bonne idée de lire, de temps à autre, Caméra Diagonale, cherchez dans les archives les articles que j’ai pu commettre il y a plusieurs mois et années. Articles étayés sur des faits concrets. Vous verriez que je ne découvre pas les thèses de Jean-Luc Mélenchon. J’ajoute, en passant, que pendant que le candidat de la France Insoumise votait OUI au traité de Maastricht, en 1992, moi je votais NON. Cependant, si le constat qui est fait sur cette Europe de la catastrophe, autant par des français de gauche que de droite, doit-on pour autant s’engager sur une voie sans retour? Personnellement, je ne le crois pas. Ma position est différente sur les remèdes à apporter. Nous sommes sur un questionnement qui pourrait être le suivant: Est-ce que le propriétaire d’une maison doit la raser pour éviter que des incendiaires la brûle? Ce serait stupide. L’Europe est cette maison qu’il convient de protéger et d’y installer un système de surveillance performant. Les recettes de Jean-Luc Mélenchon, à savoir exiger des autres pays qu’ils s’alignent sur la France de manière unilatérale, ou sinon sortir de l’Union, est impossible pour mille et une raison. En revanche, établir un rapport de force, politique, en faisant évoluer les esprits et en soumettant une politique d’intérêt des populations, s’avérerait, sur le moyen et le long terme, efficace. Alors oui, il est impératif de bousculer et d’abattre le monstre tentaculaire représenté par la commission et le millefeuille administratif pour donner le vrai pouvoir au Parlement, donc aux représentants des peuples. En résumé, fonder l’Europe de Nations et non celles des marchands.
    La méthode Mélenchon me semble brouillonne, inappropriée, tendancieuse, politicarde..

  5. Thibsib 22 mars, 2017, 09:00

    De mon côté, je pense que l’Europe est le point de convergence de nos inquiétudes, et de nos espoirs trahis :

    Nous (les peuples en général) avons soutenu la construction Européenne comme un progrès partagé par tous. J’entends souvent que l’Europe a peut-être des défauts mais qu’elle est l’unique rempart (nécessaire et suffisant) contre la guerre entre nos pays. Je ne peux soutenir cette thèse sans y mettre une volonté progressiste et sociale de la part de nos dirigeants.

    Force est de constater que c’est l’inverse qui s’est produit :
    La libre concurrence non faussée a valeur de loi ultime, et au lieu de s’harmoniser socialement et fiscalement, c’est la loi du moins cher (et donc du plus maltraitant) qui s’est imposée, le must du genre étant la situation des travailleurs détachés.
    Cette loi ultime, nous ne l’avons pas voulu (2005, rappelez vous). Elle nous a été imposée, trahis que nous avons été par nos gouvernants successifs.

    La Commission Européenne était dirigée par Barosso, qui est parti chez Goldmann Sachs. Elle est aujourd’hui dirigée par Juncker qui a organisé la fraude par les multinationales dans son paradis fiscal du Luxembourg. La commission est percluse de lobbys qui n’ont que mépris pour la santé ou le bonheur des peuples. Le CETA s’applique dans sans que nous ayons voté et Monsanto peut, à travers sa filiale Canadienne faire rentrer ses OGM sans nous demander notre avis. Et le discours de Juncker est « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités ».

    La démagogie est aussi de nous imposer ces orientations politiques, en nous disant « l’Europe est le seul rempart contre la guerre ».
    Est ce si différent de la Mafia quand elle rackette les commerçants en Italie, et prétend pour ce prix exorbitant les protéger ?

    Mélenchon n’est pas seul, il travaille avec les opposants d’autres pays pour proposer une renégociation (plan A) et la menace d’une sortie (plan B que n’avait pas osé Tsipras).
    S’il est élu, nous devrons le soutenir encore plus pour mettre la pression sur la commission Européenne. Ce ne sera pas facile et réclamera surement du temps, mais y renoncer serait suicidaire.

    L’Allemagne a d’autres priorités, son épargne, sa compétitivité, la sauvegarde des acquis financiers de sa population plus vieillissante que la notre, quitte à sacrifier ses travailleurs pauvres. Mais il y a d’autres modèles.

    Nous pouvons penser autrement. Proposer un autre type d’échange et nous protéger également : taxer les produits qui font l’objet d’un dumping social, et environnemental. C’est mieux pour nous (balance commerciale), c’est mieux pour les voisins (amélioration sociale) et c’est mieux pour l’environnement.

    Les congés payés étaient une utopie, la sécurité sociale était une utopie, la fin du travail des enfants était une utopie, l’abolition de l’esclavage était une utopie.

    Devons nous nous laisser tondre et tout massacrer autour de nous (social et environnemental) sous prétexte de correspondre « au monde d’aujourd’hui » et à sa modernité, notion un peu vaine s’il on n’y met pas un peu de politique, vraiment.

  6. Henri Clément 21 mars, 2017, 20:33

    M. Thisib & Alcala,
    Vos deux points de vue pertinents frictionnent à l’intersection de sens entre démagogie et utopie.
    Il a des textes intéressants chez Engels sur rôle historiques des utopistes .
    J’y ai trouvé l’idée que le mouvement global du capital est lui-même comme une utopie autonome autoproduite dont la viabilité se joue continuellement, et toujours plus dangereusement en se parant d’habillages démagogiques généralisés.
    – Quand la dette mondiale dépasse trois fois le PIB mondial, croyez-vous que le capital est en mesure de présenter le chiffrage crédible de son projet ? Alors pourquoi se gêner ?
    Voir en les nécéssités et les équilibres économiques des diktats statiques peut plaire à des retraités pantouflards gérés par des fonctionnaires en disponibilités. C’est mal comprendre le caractère dialectique des rapports de force en mouvement et le potentiel ouvert des nécéssités de réagencement cyclique du capital. Autrement dit il a plutôt besoin d’utopies et redoute l’immobilisme pour se pérenniser.
    La volonté politique ne peut pas tout partant de là, mais de là à décréter qu’elle ne peut rien, qu’il faut voter Macron, çà c’est irréaliste !

  7. José Alcala Author 21 mars, 2017, 16:32

    @ Thibsib
    Oui, démagogique. Je ne mets nullement en doute la volonté de Monsieur Mélenchon de vouloir de bonheur de ses concitoyens. En revanche, je doute que ses propositions soient adaptées au monde d’aujourd’hui et je pense qu’il le sait. Pour que son projet puisse être réalisable, la France ne peut être la seule à le mettre en place. A tort ou à raison, un pays, isolé, ne peut jouer sa partition dans un concert général. La politique de la demande n’est réalisable sans contrepartie de l’offre. On peut utiliser la métaphore du jeu de société: un joueur seul ne gagne jamais et ne peut s’enrichir du jeu des autres. D’ailleurs, pouvez-vous citer un seul pays au monde où les recettes de Jean-Luc Mélenchon ont fonctionné? Chavez au Vénezuela avait réussi en partie et l’on sait comment l’histoire s’est terminée. L’autre aspect démagogique de Jean-luc Mélenchon est sa propension à affirmer vouloir mettre au pas l’Union Européenne et Madame Merkel. Alexis Tsipras avait tenu le même discours et l’on connait aussi la suite. Monsieur Mélenchon, en revanche, pourrait être capable de concevoir un projet de gauche, même très à gauche, mais adapté au 21ème siècle. Il choisit l’extrême impossibilité, c’est son affaire.

  8. Thibsib 21 mars, 2017, 13:53

    Bonjour Monsieur Alcala,
    Qu’est qui permet de qualifier un candidat de démagogique ?
    Pour observer le positionnement de Jen-Luc Mélenchon, j’y vois un candidat soucieux de faire passer ses idées compilées dans un programme complet depuis des mois et chiffré précisément dans une émission de 5 heures. J’y vois un candidat entouré de nombre de jeunes et d’économistes sérieux avec un programme de relance typiquement Keynésien (modèle qui a sorti les Etats Unis de la crise de 29) couplé avec un volontarisme de transition écologique. Un investissement de 100 milliards, une hausse des dépenses publiques annuelles de 173 milliards avec une hausse des recettes annuelles de 190 milliards, un simulateur d’impots reprenant 14 tranches au lieu de 5 actuellement et une CSG progressive tout en supprimant le quotient familial. Cette proposition de relance est opposée à la politique de l’offre actuelle (compétitivité), souhaitée par de vieux conseillers (Alain Minc, Jacques Attali), modèle libéral qui n’a pas vu venir la crise de 2008 et qui ne nous en sort toujours pas.
    Je n’arrive pas à voir où se situe la démagogie de Jean-Luc Mélenchon.
    Peut-être le début d’un débat.
    Bien à vous

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