Internet-Lescure, tout ça pour ça!


LescureFallait-il mettre en place une mission pour décider ce qu'une simple ministre et ses conseillers auraient pu imaginer en deux temps trois mouvements? Au final, rien d'original. Tout le monde savait que cela se terminerait par de nouvelles taxes. En revanche, aucune nouveauté pour dépoussierrer la fameuse exception culturelle française, dirigée par les amis de Pierre Lescure.



La mission Lescure a duré 9 mois et nécessité la sagacité d'une dizaine de personnes. Il s'agissait de mettre de l'ordre dans le système mondialisé d'Internet. Mettre de l'ordre au plan national, s'entend. La loi Hadopi  ayant montré ses limites, il fallait imaginer autre chose. Producteurs de contenus, depuis le cinéma jusqu'à la musique, attendaient d'autres retombées financières. Jack Lang, il y a 30 ans avait trouvé la jolie formule "exception culturelle française". Il avait en partie raison, en partie seulement. Il fallait que les auteurs-artistes-interprètes, toutes spécialités confondus bénéficient d'une protection de l'Etat, quelle que soit la valeur des professionnels. Ce schéma courre toujours, mais a-t-on les moyens, aujourd'hui, de l'entretenir? Quel autre secteur économique bénéficie de cette protection à vie? Aucun. Pourtant tous en auraient bien besoin. Ce système permet au cinéma français d'être des plus performants. Performance quantitative et non qualitative. Plus de 250 films produits en 2012, mais combien de sorties en salle et combien ont-ils rentabilisé leurs mises de fonds. Un tiers. Il faut, par conséquent, être plus vigilant et moins affirmatif sur cette exception culturelle française.

L'essentiel du rapport

Le rapport a été remis ce matin au Président de la République. Il comporte 75 propositions d'ordre technique et financier. Pour le grand public consommateur d'Internet, le rapport prévoit une taxe sur la vente d'appareils connectés: smarphones, tablettes, ordinateurs et téléviseurs connectés. De l'ordre de 1%. C'est vrai, le montant est modique mais c'est une porte ouverte à des augmentations successives et substantielles, dans le temps. Ensuite, Pierre Lescure prévoit parallèlement une autre taxe infligée aux Fournisseurs d'Accès Internet (FAI), lesquels la répercuteront sur l'abonnement des clients. La ministre de la Culture, qui trouve l'idée géniale, surrenchérit et justifie "Pour alimenter le compte de soutien aux industries créatives: musique, cinéma, photographie et jeux vidéos, qui créent l'emploi en France". Ah bon, et les autres secteurs?

Internet est mondial et non franco-français

Pierre Lescure et sa ministre de tutelle oublient que la technologie Internet ne s'arrête pas aux frontières françaises. Les contenus sont mondiaux. Le procédé concerne l'ensemble des richesses de la planètes et pas seulement de la culture. Or, dans son rapport, l'ancien dirigeant de Canal+ s'attèle à la défense des professions artistiques, comme si la toile était une fenêtre hexagonale avec vue unique sur des artistes, comme si le monde ne fonctionnait qu'avec du cinéma et de la musique. Et si Monsieur Tartempion, abonné lambda, fervent admirateur de variétés de papillons, se connectait pour admirer, au hasard des continents, ces varités et non sur un quelconque chanteur ou producteur? Lorsque Monsieur Lescure programma la pornographie sur Canal, ne payaient que les abonnés de sa chaine et non l'ensemble des télespectateurs. Donnons-lui acte, tout de même, de la suppression d'Hadopi, mesure stupide puisqu'inefficace.

 

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