« Ils ne savent pas s’organiser », disent-ils

« Ils ne savent pas s’organiser », disent-ils

« Les Gilets Jaunes ne sont pas le peuple…40 000 personnes qui défilent sur l’ensemble du pays, ce ne sont pas 65 millions de français ». Tel est le discours qui se veut pertinent et qui perdure depuis 5 mois. Autrement dit, les Gilets Jaunes ne sont qu’une parenthèse dans la vie sociale et politique.

Voilà une analyse bien ciblée, croient-ils. « Ils », des politiques et des médias dont le point commun est une certaine difficulté à regarder la réalité en Face. L’autre critique, qui se veut intelligente, vise à décrédibiliser le mouvement par une attaque « petits-bras ». C’est simpliste, mais il fallait y penser, « Le mouvement des gilets jaunes n’a aucun avenir politique et s’éteindra de lui-même…Ils sont dispersés, les diverses tendances ne s’entendent sur rien…aucun des leaders n’est reconnu par l’ensemble des Gilets Jaunes.

Et les partis politiques, sont-ils rassemblés ?

Ben oui, quoi ! Parce que les partis politiques, eux, s’entendent sur tout. Regardons de près: les différents partis de droite sont-ils rassemblés? A gauche Les Insoumis, Génération S. Parti socialiste, Place Publique etc.. Idem au centre, où est l’union entre les « Centristes » de Hervé Morin, l’UDI de Jean-Christophe Lagarde, le Parti radical (valoisien), le MoDem ? Et l’on pourrais rajouter les syndicats, lesquels se tournent le dos, concernant les grands sujets.

Pour mémoire

Faut-il, tout de même, rappeler que pour un mouvement « sorti de nulle part et qui n’aboutira à rien« , les résultats obtenus en quelques jours, semaines et mois n’ont rien de ridicule en comparaison avec l’action des partis politiques: abandon de la taxe carbone; suppression de l’augmentation de la CSG pour des retraités, augmentation de 150 € de salaire des policiers. S’ajoute l’organisation du Grand Débat national imposé du fait des évènements. Aujourd’hui encore, près de 50% des français soutiennent le mouvement.

Ces femmes et hommes de tous âges qui manifestent de semaine en semaine, pour tout ce que l’on sait, sont à dissocier des casseurs violents. Il va sans dire, mais c’est mieux en le rappelant.

Photo: La Charente Libre



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Comments

  1. Pascal Demoriane 5 avril, 2019, 10:50

    Bien vu ! Mépriser le peuple sans se prendre les pied dans le tapis de ses propres mensonges devient compliqué… on plussoiera à votre article comme suit :

    « Ils (les GJ) ne savent pas s’organiser » Ah bon ?

    Les politiques et les médias savent-ils s’organiser eux ? combien de partis sont en faillite financière ? En délicatesse avec la justice ? Combien de médias sous perfusion de subventions ? Combien de services publics en régression ? et cette petite « élite » donne des leçons d’organisation !

    « Les Gilets Jaunes ne sont pas le peuple, n’ont pas d’avenir, etc… » Ah bon ? c’est quoi le peuple selon eux ?

    La logique profonde, non consciente, pavolvienne, de la personne qui tient ce genre de propos, si on analyse le sens implicite sous-jacent, revient à poser la question : Les Gilets Jaunes, quelle valeur (représentativité) ? quel produit présenté ? Quelle rentabilité en tirer sur le marché d’influence « démocratique » ?

    Ce qui revient à considérer comme normalité : que la collectivité populaire est une matière brute valorisable par le commerce « démocratique » de sa « représentation » (médiatique ou politique), que l’humain social de masse est une entité statistique exploitable, pondérable et segmentable comme un vulgaire marché concurrentiel. Voilà ce qu’est le peuple démocratique ! Faut pas chercher plus loin, c’est euphémisé dans le propos, c’est un tabou non dit sous cette forme crue. Mais c’est bien là : qu’une histoire de business.

    Non, en effet, les partis politiques ne sont pas plus homogènes et cohérents que le mouvement hétérogène GJ, mais, différence notable : eux sont « rentables » pour leurs leaders et leurs cercles étroits, ils opèrent sur le marché lucratif de l’organisation de l’impuissance et de la zizanie collective populaire. C’est leur cahier des charges subventionné.

    L’ennui, c’est qu’en temps de crise, le coûteux système de la démocratie de marché déraille : ceci faute de solvabilité d’une partie croissante des « client.es » citoyen.nes dans une économie en récession et du tout à crédit.
    La représentativité des GJ est donc bien réelle, c’est la mesure objective de cette insolvabilité organisée, et soyons sérieux, elle n’est pas prête de s’éteindre : elle survivra longtemps à… l’illusion de la représentation démocratique elle-même, qui n’est déjà plus qu’un spectacle suranné en images, qu’une parenthèse décrédibilisée entrain de se refermer sous la faillite du régime néo-fascisant Euro-macronien.

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