« Ils en ont dans le gilet »

« Ils en ont dans le gilet »

Éditorial

Journée d’action de grande ampleur, aujourd’hui, en France. A la base, aucun syndicat ni parti politique. Le mouvement est parti de la France profonde. Celle qui, depuis trente ans et plus, encaisse les politiques d’austérité sans que les dirigeants aient apporté des réponses convenables et efficaces. Ces dirigeants, de droite de gauche et du centre, se contentant de gérer mollement et froidement le pays. Colère cristallisée aujourd’hui. Le Président de la République et son gouvernement récupèrent, ainsi, l’héritage. C’est vrai, les prix du carburant ont été le prétexte, mais ce n’est que la goutte de pétrole qui a fait déborder le vase de la colère. Caméra Diagonale avait écrit, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, qu’il fallait attendre deux ans avant de faire le point sur la politique menée par le Président. Le constat, établi par les français, est plus rapide: pouvoir d’achat en berne, taxes tout azimut, chômage installé malgré un léger mieux. La vie des français, à les entendre, ne s’est pas améliorée. Cette journée du 17 novembre n’est pas le combat d’un camp contre un autre. Elle est celle d’un désespoir généralisé et d’une colère contre la classe politique dans son ensemble. Les chefs politiques qui soutiennent l’action des Gilets Jaunes ne comprennent pas que c’est à eux, aussi, qu’ils s’adressent.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a fait savoir qu’il ne tolèrerait pas les blocages. Il évoque la riposte du gouvernement: peines de 6 mois de prison, amendes pouvant aller jusqu’à 7 500€, retrait de 6 points du permis de conduire, etc…C’est parfaitement mal pensé dans l’ambiance actuelle. Si les forces de l’ordre observaient ces mesures à la lettres, ce serait le déclenchement de mouvements beaucoup plus sérieux. En tout état de cause, la situation générale a basculé. Le quinquennat prend, à partir de ce jour, une autre tournure. Une sorte de rapport de force s’installe entre les français et le pouvoir. Emmanuel Macron le répète « rien ne me fera changer de l’objectif  initial ». Il signe là, probablement, le début de la fin.

 

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Comments

  1. José Alcala Author 18 novembre, 2018, 11:08

    @ Denis
    Oui, oui, oui. Tout le monde a compris votre remarque. Je complète en vous précisant « même motif même punition pour Mitterrand face à Giscard, Chirac face à Le Pen, Sarkozy face à Royal……..

  2. Denis 18 novembre, 2018, 10:58

    @José

    De nombreux électeurs socialistes en 2017 n’ont pas choisi au 1er tour. Ils se sont assurés que Fillon ne serait pas au second, face à Le Pen. Alors, verbiage, peut-être. Réalité, plus certainement.

  3. José Alcala Author 18 novembre, 2018, 09:51

    @ Denis,
    Il y a un peu de verbiage dans votre réflexion, pardon de vous le dire. Apparemment vous connaissez mal le principe de l’élection présidentielle au suffrage universel, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, tel voulu par la Constitution de la 5ème République. Observez bien toutes les présidentielles depuis 1965. Aucun des candidats victorieux n’a obtenu plus de 50% à l’issue du premier tour.
    Seul De Gaulle s’en était approché en 1965 face à Mitterrand. les autres, dans le meilleur de cas et avec peu de candidats ont réalisé, dans l’ordre dégressif, de 40% (Giscard) à 18% (Chirac).
    Il se fait que le principe « au premier tour on choisi et au second on élimine » est parfaitement logique. Aucun candidat ne pourra jamais faire la moitié de l’unanimité. Le second tour est toujours constitué d’additions. La Constitution veut que le chef de l’Etat obtienne 50% des suffrages exprimés. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de triangulaire dans une présidentielle.
    J’ajoute, concernant Macron, dont chacun pense ce qu’il veut, que réaliser 24% au premier tour avec 8 candidats sur la ligne de départ, n’est pas monstrueux de ridicule. Pour un candidat de 39 ans, jamais élu nulle part et une expérience politique de 2 ans comme ministre, beaucoup d’autres s’en seraient contentés. Si Macron n’a obtenu que ce score, tous les autres et parmi les plus marioles ont fait moins bien.
    Ensuite, effectivement, il y aura le bilan. Mais il convient aussi de d’analyser celui de tous les autres qui ont gouverné avant lui. Dans l’état actuel du pays, leur responsabilité est immense.

  4. zébulon 18 novembre, 2018, 08:38

    Le président de la république, son « gouvernement devraient redescendre sur terre. Donner des « primes » pour changer de véhicule mais se rendent ils comptent qu’une personne, qu’un couple peut changer sa voiture avec leur proposition est faisable pour des citoyens qui ont, selon la composition de la famille un ou deux véhicules ? Acheter un véhicule à 5000€ neuf impossible, d’occasion diesel ou essence qui devra être changé dans 4 ou 5 ans avec les règles écologiques imposées impossible car ils doivent d’endetter alors que toutes les taxes s’additionnent et diminuent le pouvoir d’achat ! Les primes énergies sauf pour ceux qui sont en habitat collectif, etc. Comment peut-on vivre avec 540 € par mois, un smic ? Comment se rendre à son travail quand il n’y a pas de transports publics compatibles avec son lieu, ses horaires de travail, que le covoiturage n’est valable que pour ceux qui sont dans une administration, un emploi le permettant. Quant au télétravail il n’est pas réalisable partout et puis si vous avez un accident chez vous accident de travail ou domestique ? La classe moyenne va disparaître, les pauvres vont augmenter. Combien de parents viennent en aide financière, alimentaire envers leurs enfants, petits-enfants, des enfants envers leurs parents retraités à charge ?C’est vrai avec 1200 euros on peut tout faire ! Certes il faut faire des choix mais pas étrangler les citoyens et le gouvernement sait très bien que peu de personnes peuvent se permettre de faire grève une semaine sans se voir en surendettement, Facile de donner des conseils lorsque l’on a des revenus qui dépassent les 4000 euros par mois de salaire, un chauffeur, un véhicule de fonction etc.
    RAS LE BOL, Attention entendre ou écouter le peuple il faut faire un choix mais rester sourd et aveugle cela peut coûter cher.

  5. Denis 18 novembre, 2018, 07:07

    La fin n’aurait-elle pas commencé dès le début ? Macron n’a-t-il pas été le Président le plus mal élu de l’histoire de la 5e République ? 24%, auquel il faut retrancher 8% de voix d’électeurs socialistes qui ne voulait pas de Fillon, ça fait 16%.

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