Hollande et le monde de la finance

Hollande projet

Enfin, Hollande arrive en politique. De sa course en tête dans les sondages, expliquée davantage par un rejet du Président sortant, il renforce sa position dans une adhésion authentique. Son intervention du Bourget et une partie de son projet révélé, ce matin, lui ont donné l'épaisseur nécessaire à un vrai présidentiable.

 

Reste le point sensible évoqué au Bourget, le fameux "Mon adversaire principal est le monde de la finance". Une phrase commentée et décortiquée, à qui mieux-mieux, tant par  des financiers que par la cellule Riposte de l'UMP. Ils se sont succédé sur les plateaux et les radios expliquant, en gros, la bassesse du propos et la stigmatisation des salariés de ce secteur. Or, il ne s'agit nullment de cela. D'abord, les employés, à quelque niveaux qu'ils soient, ne sont responsables des décisions de la haute hiérarchie. François Hollande, une majorité de français l'a compris, visait une autre cible. En fait, ceux qui ont perverti le système. Des traders, par exemple, auxquels il est demandé d'être des "tueurs". Ils ont été vus à l'oeuvre. Les "fabricants" de produits bancaires toxiques, ensuite, vendus, entre autres, aux collectivités locales pour financer leurs investissements et dont le contribuable doit payer la facture en fin de course. Aux spéculateurs de tous poils dont la seule règle est le profit quoi qu'il en coûte. Une spéculation érigée en saint système économique. Les exemples sont innombrables. Tout le monde a entendu parler de la spéculation sur le blé. Celui-ci est engrangé en attendant que les prix grimpent. Une sorte de pénurie artificielle organisée à l'echelon mondial. Plus près des gens, ces sociétés financières qui pratiquent les fameux crédits révolving. Des sommes sont prêtées aux plus démunis, à des taux extravagants. Les bénéficiaires sont pris au piège et ne peuvent rembourser qu'en contractant un deuxième, puis un troisième emprunt pour rembourser les deux premiers. Dans ce circuit démoniaque, l'on peut parler, également, de ces banques, françaises et européennes, qui refusent des prêts aux jeunes ménages, à des taux raisonnables, au prétexte de contrats de travail précaires, de revenus insuffisants. Toujours ces systèmes bancaires dont les coûts supportés par les clients explosent. Jusqu'à 120€ annuels, alors qu'il est obligatoire, de fait, de posséder un compte bancaire. La preuve de cet enrichissement, sur le dos des clients, est flagrant. En 2008, lors de la première crise mondial, l'Etat français est intervenu financièrement pour sauver les banques, frappées de plein fouet. 20 milliards € leur ont été octroyés en prêt. Moins de trois ans après, elles remboursaient l'Etat et renouaient avec les bénéfices. En bout de chaine, qui a payé? le client, évidemment.

C'est ce "monde de la finance" que Hollande a dénoncé et non le principe financier, indispensable au bon fonctionnement économique des Pays. Le constat est clair: à ce niveau de perversité, le politique à perdu la main. Il doit la reprendre. A droite, seul Bruno Le Maire semble s'interroger sur certaines dispositions défendues par son Parti.

 

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