Grèce, c’est Giscard qui l’imposa à l’Europe

Grèce, c’est Giscard qui l’imposa à l’Europe

Immense culot de Valéry Giscard d’Estaing. En fin de semaine dernière il déclarait que la Grèce n’avait pas sa place dans la zone euro, voire même au sein de l’Union. Faut-il être amnésique à ce point pour oublier sa propre inconstance? L’ancien Président de la République est en réalité celui qui imposa l’entrée de la Grèce dans la Communauté européenne en sachant parfaitement qu’elle n’y était pas prête politiquement et économiquement. A droite, seuls les gaullistes de l’époque avaient pointé « une grossière erreur » qui allait se payer cher, à terme, par l’ensemble des pays membres. Explications et vidéo à l’appui.

En 1974, c’est la fin de la dictature des colonels grecs, commencée sept ans auparavant. Konstantino Karamanlis, ancien premier ministre, en exil à Paris, rentre au pays. En novembre, suite aux élections législatives, il est nommé Premier ministre dans une démocratie retrouvée. Mais sept années de dictature, sans compter les dérives de la monarchie antérieure, la Grèce est exsangue, l’Etat à terre, l’administration corrompue. Le clientélisme, fabricant des fonctionnaires en surnombre, la fraude fiscale installée partout dans les professions libérales, les agriculteurs et la batellerie de luxe. C’est le régime de la débrouille, du chacun pour soi. Karamanlis est tenté de refonder un État mais en est empêcher par ceux qui profitent du système. Ils sont nombreux et déterminés: la gauche et la droite grecques, la Banque, l’église orthodoxe…Il finira par s’y complaire…

Karamanlis pense, dans la foulée, que l’entrée de la Grèce dans la Communauté Européenne serait une aubaine financière. Il en parle à Giscard qui trouve l’idée fameuse. Il en fera son combat et en fait part à son ami allemand, le Chancelier Helmut Schmidt. Ce dernier est réticent, connaissant l’état de la Grèce. Giscard insiste. Le Chancelier allemand finira par baisser les bras devant son « cousin » français. L’on comprendra plus tard que le caprice de Giscard est davantage lié à la grandeur historique de la Grèce, berceau de la démocratie. Position purement intellectuelle. D’ailleurs, à François-Xavier Ortoli membre du Cabinet du Président de la Commission Européenne, qui appela Giscard pour le mettre en garde sur la situation catastrophique de la Grèce, le Président français le rembarra par un « Monsieur, on ne fait pas jouer Platon en deuxième division ». En 1978, Giscard est accueilli, tel un roi grec, à Athènes. Le peuple est présent et Karamanlis jubile.

Le 1er janvier 1981, la Grèce fait son entrée dans l’Europe. Un ratage total de l’ancien Président de la République. Précisément, s’il avait voulu honorer Platon, son devoir premier eut été de proposer à la Grèce de l’aider à la fondation d’un État fort et d’une véritable Constitution. L’Allemagne l’y aurait aider avec d’autres…et nous n’en serions pas là!

 

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