Google et la vidéo du ministère des Finances

Google et la vidéo du ministère des Finances

On savait que le GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazone) était dans le collimateur du ministre Bruno Le Maire, pour des raisons économiques. Les géants américains du web ne payant suffisamment cher la taxe des entreprises. Installés dans un pays européen très bon marché, l’Irlande, ils s’acquittent de 9,5% sur leur chiffre d’affaire, contre 24% en France, le ministre tente de les contraindre à payer le taux en vigueur, en France. Cela n’a pas empêché la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) d’utiliser la plateforme YouTube, propriété de Google, pour héberger, gratuitement, sa vidéo sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Explications:

L’affaire ne manque pas de sel. Sur le site http://impots.gouv.fr les contribuables qui ont commencé à déclarer leur revenu de 2017, ont eu droit au visionnage obligatoire d’un tuto sur le prélèvement à la source. Impossible d’y échapper, l’accès au compte personnel n’est accessible qu’après avoir vu la vidéo. La méthode, si elle n’est interdite, est, pour le moins, singulière en ne laissant pas le choix  de passer outre. Mais, le plus curieux est que la vidéo est hébergée sur la plateforme YouTube société du groupe Google. Or, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a mis Google en demeure de s’acquitter de la taxe des entreprises en vigueur sur le territoire français. Google, et les autres, répondent que leur siège se situe dans un pays européen, voisin, qui est moins gourmand en matière de taxes et en toute légalité. Ils font valoir que la France n’a qu’à pratiquer le même taux que son voisin européen. C’est vrai que le ministre a toujours estimé que le taux français était trop élevé (lorsqu’il était dans l’opposition) et rappelait que ce n’était pas bon pour attirer les entreprises dans notre pays. La France étant championne d’Europe des prélèvements obligatoires. S’ajoute, que les entreprises étrangères installées en Irlande ou autres pays plus favorables, payent la TVA dans les pays concernés par la vente de leurs produits.

En poussant le raisonnement plus en avant, si la France obtient gain de cause dans sa demande, à propos de la taxe à 24%, Google et l’ensemble des sociétés américaines feraient payer leurs services, aujourd’hui gratuits. L’exemple de YouTube est des plus explicites: les clients hébergeant leurs vidéos devront  s’acquitter d’un abonnement pouvant aller de 10 euros à plus de 1 000 euros par mois, selon le nombre de visionnages et donc de consommation de bande passante. Un rapide calcul, pour la vidéo du ministère des Finances, vue plus de 3 millions de fois, la facture aurait été d’environ 65 000 euros. Pas cher pour Bercy, certes. Mais s’agissant du citoyen lambda 10, 20, 30 euros, ou plus, c’est différent.

 

Categories: France

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