Gilets jaunes. Le député de l’Eure, Bruno Questel, menacé

Gilets jaunes. Le député de l’Eure, Bruno Questel, menacé

Député LREM de la 4ème circonscription de l’Eure, Bruno Questel, a informé l’Agence France Presse de ses déboires avec des gilets jaunes, survenus vendredi soir devant son domicile. Il va porter plainte et ne désarmera pas devant la violence, a-t-il fait savoir.

Bruno Questel semble particulièrement visé. Les évènements de ce vendredi soir l’attestent. Déjà menacé de mort, il a subi un assaut particulièrement explicite devant son domicile par une quarantaine de gilets jaunes, selon ses déclarations.

six coups de feu

C’est ce qui a le plus choqué le député. Six coups de fusil de chasse, tirés en l’air. S’ensuit un bruyant défilé de voitures devant son domicile. Inquiet de la situation, le député alerte la gendarmerie, puis informe l’AFP qui relaie l’information aux rédactions.

Soutiens massifs

Des ministres, collègues députés et président de l’Assemblée diffusent via Twitter des messages de sympathie et de soutien à Bruno Questel.

Attitude intolérable

Quels que soient les reproches de gilets jaunes à l’adresse du député de l’Eure, il est inadmissible que dans un pays comme la France, des élus subissent des menaces affirmées et soient molestés de la sorte.

Il y a gilets jaunes et gilets jaunes

Il n’y a pas de place pour le doute. Le mouvement gilet jaunes est composé d’une multitudes de personnes venant d’horizons divers. Il semble établi que des éléments radicaux, minoritaires, aient noyauté les gilets jaunes respectueux et non violents. Il appartient au mouvement de faire le nécessaire pour ne pas s’enfoncer dans la violence. Il en va de sa crédibilité, pour l’avenir.


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Comments

  1. laulaulouviers 18 décembre, 2018, 20:48

    LREM nouvelle définition
    LREM = le petit monarche et sa bande d amateurs

  2. Pascal Demoriane 17 décembre, 2018, 14:50

    Merci pour ce sujet qui soulève de nombreuses contradictions clefs au delà de l’anecdote

    > »Il semble établi que des éléments radicaux, minoritaires, aient noyauté les gilets jaunes »

    Certes. Sans vous en faire le moindre reproche puisque c’est une confusion du sens commun, -(on confond dangereusement radicalité et acte violent)- l’emploi du mot « radical » semble ici un contre-sens convenu et entretenu dans la presse :
    s’il y a une radicalité du mouvement GJ, « une racine », elle se situe dans la perception collective d’un antagonisme de classe et pas dans une théorie individualisée de la violence. Par conséquent ce type d’initiative d’intimidation déplorable d’un élu n’a rien d’une « radicalisation » et tout d’une extravagance. Vous l’avez d’ailleurs honnêtement dit.

    (On entretien la même erreur à l’égard d’un pseudo « islam radical » qui est tout sauf radical et n’est rien d’autre qu’un islam pétrolier d’exportation, instrumentalisé et dévoyé, finalement « sans racine » anthropologique. Le musulman ou le gilet jaune n’est pas agressif par essence radicale, non ! La radicalité cultivée, l’ancrage dans ses racines, est plutôt une garantie de tempérance.)

    Le terme juste est important si on veut mettre les bons mots sur les vrais maux.
    Et s’agissant d’ailleurs de M. Questel, ex. partisan de la « gauche radicale », cette vieille gauche dont la radicalité est justement devenue très contestable, donc problématique, c’est à dire dont la racine doctrinale est au mieux très distanciée, au pire trahison d’une gauche historique de légitimité populaire. La preuve est que M.Questel a rejoint la LREM… et a quitté ses « racines » radicales. Dommage.

    Nuance sémantique superfétatoire ? Sûrement pas. Tout se joue là parce que l’humain est pétri de sens.
    Or, qu’est-ce que la « racine », la radicalité républicaine sinon la souveraineté populaire et l’égalité partagée en droit de cette souveraineté ? sinon l’origine insurrectionnelle des principes revendiqués par cette même république ? Voilà la contradiction à laquelle M.Questel est brutalement renvoyé en tant qu’élu : s’est-il, lui, donné les moyens concrets de faire république ? Pas sûr.

    > »Il appartient au mouvement de faire le nécessaire pour ne pas s’enfoncer dans la violence. »

    Moralement, humainement oui, mais en réalité non, surtout pas ! Car c’est présupposer que ce mouvement serait un ordre auto-institué, qui devrait faire la police de ses actions. Mais voilà alors surgir une deuxième contradiction : ce serait demander au peuple insurgé de faire sécession du monopole étatique de l’ordre républicain… de s’y substituer pour le maintenir ! Mais avec quels moyens ? Quel cohérence ? Quelle délégation ? Cela n’a pas de sens ! Le pouvoir là se contredirait !
    Non, les GJ ne menace pas la république, il s’y réfèrent au contraire. Mais c’est elle qui est structurellement défaillante.

    La vérité pratique c’est que M.Questel, comme tant d’autres, se veut être le représentant d’un peuple idéel qui n’existe pas, sinon dans son imagination de classe par le truchement électoral fictif et le pur spectacle abstrait d’une démocratie hors sol qui ne représente qu’elle même. C’est un jeu dangereux à terme, il le constate encore assez gentiment puisque, non, comme il le dit, il n’a pas été personnellement agressé ni molesté. Le voilà donc prévenu. A lui de prendre ses responsabilités concrètes, face au peuple réel, dans le monde réel, il serait temps ! A lui, qui prétend être ouvert au dialogue, de participer à instituer le Referendum d’initiative citoyenne demandé par les GJ, seule base de débat valide.

    > « Il en va de sa crédibilité [du mouvement], pour l’avenir. »

    Oui d’accord, mais voilà qu’en même une belle inversion accusatoire. Nous voilà au cœur du problème : nous serions dans une société où le peuple réel devrait faire preuve de sa crédibilité ! Mais aux yeux de qui ? On croit rêver ! Le réel devrait donc se justifier au yeux de l’imaginaire médiatisé et concurrentiel des dominants ! Entrer dans les normes confiscatoires de sa représentation et se laisser marginaliser et paupériser dans le silence d’une majorité dormante.
    Mais c’est là l’énoncé même de la dictature totalitaire de la valeur d’échange et d’influence concurrentielle comme référence absolue des arbitrages du champs social : celle qui fait dire à M.Macron qu’il y a des gens « qui ne sont rien », qui ne valent donc rien en terme de valeur d’influence crédible. C’est à dire finalement de valeur monnayable, capitalisable. C’est la démocratie de marché, de l’audience, donc de l’argent, qui exclu les pauvres toujours plus nombreux. Où va-t-on avec çà ? Sinon vers la violence.

    Ce sont les classes dominantes et les élus qui ont des comptes à rendre sur leur crédibilité, à commencer par leur crédibilité financière et économique : or elles sont en faillite sciemment organisée, tout le monde le sait, le constate, le subit.

    Les coups de fusils en l’air ne règleront rien, mais les coups de com, les postures indignées et les faux débats non plus.

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