France Télévisions, censure inédite

France Télévisions, censure inédite

Éditorial

France 2 accepte que l’un de ses animateurs-producteurs annule la venue d’un invité au prétexte qu’il défend des idées « inconvenables ». c’est une première dans l’histoire de la Télévision Française depuis sa création officielle, en 1949. L’histoire de la TV publique est faite de hauts et de bas et de débats passionnés. Cette fois il s’agit bel et bien de censure avérée dans ce qui était un grand espace de liberté d’expression à travers l’information, la création, le divertissement et la culture. Laurent Ruquier, car c’est de lui qu’il s’agit, expose, par son attitude, ses préférences et ses haines envers qui ne pense pas comme lui. Un comportement qui souligne ses propres limites. De quel droit, en effet, celui qui n’est, finalement, qu’un animateur, s’arroge-il le droit de discerner ce qui est bien ou mal? De plus, il le fait avec l’argent public. Les téléspectateurs français paient une redevance audiovisuelle pour avoir le droit de voir et d’entendre d’autres voix que celle d’un animateur du samedi soir payé à prix d’or. Interdire de parole Eric Zemmour au prétexte que son discours indispose Monsieur Ruquier est proprement indigne dans un pays comme la France.

Eric Zemmour ne plait pas à tout le monde. J’exprime même, personnellement, de l’aversion en entendant certains de ses propos. Mais, si l’on veut contrecarrer la théorie d’Eric Zemmour ce n’est pas en le mettant hors d’état de s’exprimer qu’il mesurera l’ampleur sur ses erreurs.

Aussi, il n’appartient pas à un animateur de France Télévision de décider, par la censure la plus débile, d’empêcher les gens de dire ce qu’ils ont envie de dire et d’écrire…Viendra un jour où l’animateur de ONPC pourrait à son tour subir les foudres de censeurs aussi malfaisants que lui. Il aurait droit, alors, à ce même éditorial.

Categories: Médias / culture

Comments

  1. José Alcala Author 30 septembre, 2018, 11:46

    @ Denis
    Mr Zemmour et d’autres ont le droit d’exprimer leur opinion sur les télés et radio du service public financés par le contribuable. Ensuite, si cette expression dérape et enfreint le loi elle devient une affaire de justice….Mais en aucun cas justice ne peut être faite par un animateur dont ce n’est pas le rôle.
    Pour ce qui concerne les émissions supprimées et animateurs remerciés, c’est souvent des mesures prises par des dirigeants de chaines qui estiment que la ligne éditoriale, décidée à l’origine par contrat, n’est pas respectée. Des audiences en chute peuvent aussi être à l’origine de ces suppressions. Pour le cas Ruquier-Zemmour c’est plus tendancieux puisque c’est Ruquier qui prend une décision qui ne lui incombe pas, sur la seule raison que le discours de Zemmour ne lui convient pas. En l’espèce, France Télévision a laissé faire ce qui est anormal……

  2. Denis 29 septembre, 2018, 07:57

    Je suis tout à fait d’accord avec vous José sur le fait qu’il faille parler les idiots utiles tels que Zemmour ou Le Pen.

    Concernant la censure, elle s’exerce parfois d’une autre manière : Frédéric Taddeï sorti de France 2 ; Onfray sorti de France Culture cette année.

  3. zébulon 28 septembre, 2018, 17:36

    En censurant Eric Zemmour le service public lui offre une belle opération de communication, de marketing car il est invité sur les chaînes privées comme LCI ce matin et l’interviewer a décortiqué certaines phrases, passage de son livre dont il fait sa promo. Beaucoup de citations d’auteurs, de références à des historiens dans ses réponses mais rien de censurable. Que l’on soit d’accord ou pas avec lui il n’est pas acceptable qu’il soit censurer d’autant plus que l’on a donné la parole à un rappeur qui a diffusé sur le web un titre dont les paroles incitent à la haine des blancs, des français qui pour lui n’est qu’humour : « z’est mour de rire » ! Super à quand la prochaine éviction d’une antenne ? Attention au prochain gouvernement qui pourrait nommer un ministre de l’Information, qui imposerait les cahiers des charges, désignerait les censurés des antennes radios, télés ? Et dire que la France est le pays des droits de l’homme, de la liberté d’expression et soit disant de la presse !

  4. Sylvestre 28 septembre, 2018, 16:44

    On pourrait aussi convenir du fait que M. Zemmour a disposé d’une très large exposition médiatique ces dernières semaines pour promouvoir son produit, et qu’une émission de plus n’est pas indispensable. Peut être pourrait on entendre d’autres personnes? Plus ou moins intéressantes, peu importe, mais un peu de variété ne saurait nuire…

    Bref, que les raisons de M. Ruquier soient bonnes ou pas, l’essentiel est dans le résultat : on va voir d’autres marchands de soupe…

  5. Pascal Demoriane 28 septembre, 2018, 15:59

    Bien vu, mais est-ce bien là affaire de liberté d’expression et de service public ? C’est ce qu’on voudrait faire croire.
    D’un point de vue distancié, mais proche des réalités non médiatiques, on ne voit pas de conflit objectif crédible entre l’animateur Ruquier et le polémiste Zemmour. On voit plutôt une claire convergence d’intérêts bien comprise, une complicité intéressée : faire spectacle et buzz d’un conflit artificiel, çà ne coûte pas un kopeck, mais çà rapporte beaucoup : d’audience pour l’un, de ventes pour l’autre, ce qui revient au même, c’est à dire de l’argent. Point barre !
    Cela leur permet en plus de suivre un même agenda, un même projet : l’entretien de la crétinisation du public, la discorde dans les consciences. L’un par la bêtise glorifiée, l’autre par l’intelligence partielle et partiale. Chacun son business.
    Ruquier a pour mission de crétiniser son public par l’illusion du débat superficiel pour mettre ce public en vulnérabilité face à un Zemmour qui a pour projet d’ethniciser les conflits de classe, en se prétendant proche du peuple réel. Réel dont il omet sciemment les déterminismes économico-sociaux pour n’en retenir que les formes phénoménales ethnoculturelles et sociétales.
    Mais oui, tout ce scénario est faux, archi-faux. Le seul acteur qui est censuré dans cette histoire, c’est la saine compréhension des réalités vécues par ces publics qui sont aliénés et complaisants à ce spectacle lamentable. CQFD.
    Alors de quel droit fait-on, censure-t-on ceci ou cela ? Du droit de fait, l’animateur audiovisuel de masse a aujourd’hui un statut et une puissance influente et structurante sur les consciences collectives bien supérieure à une armée d’enseignants, de travailleurs sociaux ou d’intellectuels de terrains. Parce que son business-model est bien plus rentable. Voilà l’état du « droit » en démocratie médiatique libérale.
    « Derrière le droit, cherchez l’argent » me disait autrefois un prof. de droit civil.

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