Fake News, l’impossible loi

Fake News, l’impossible loi

Sur le fond, le Président de la République a raison de s’inquiéter de la propagation de fausses nouvelles sur la planète, dont la France en période électorale. Sur la forme, ce sera extrêmement plus compliqué. D’abord, il faudra définir et donner un cadre légal à la diffusion de « vraies fausses nouvelles » et de « fausses vraies nouvelles ». S’ajoute à la guerre des mots, la toile Internet, plus tentaculaire que n’importe quel monstre de science-fiction. Une loi future, sur le sujet, devra faire face à cette réalité: « détecter le grain de sable sur lequel vous avez marché la veille, sur la plage ».

Les internautes qui, au cours de la campagne électorale de 2017, ont largement diffusé l’information selon laquelle Emmanuel Macron, s’il était élu, instaurerait une taxe pour les propriétaires de maisons, ou d’appartements, correspondant au montant d’un loyer, l’avaient fait de bonne foi, majoritairement. Pourtant, il s’agissait bien de Fake News. Avec une loi, qui aurait été sanctionné? les internautes? le Think Tank français qui défend cette idée? ou les partis politiques qui l’ont relayé? Voilà la question, essentielle, à laquelle les juges devront répondre si la loi voyait le jour. Car cette fausse nouvelle, qui a largement pointé Emmanuel Macron, a été créée de toute pièce depuis la France.

S’ajoute à l’écheveau, la frontière entre la fausse nouvelle montée, manifestement, pour nuire et la fausse nouvelle lancée de bonne foi, mais non vérifiée.

L’actuelle loi est claire

Il existe en France une loi sur la propagation de fausses nouvelles. Elle est complétée par le propos diffamatoire et injurieux. Cette règlementation a cours, notamment, dans la presse papier, radio et télé. Ce qui change aujourd’hui c’est Internet et sa diffusion numérique partout dans le monde à la vitesse de la lumière. Les tribunaux, déjà saturés par les affaires ordinaires, graves et moins importantes, vont devoir s’équiper substantiellement en nombre de juges et d’équipement technique pour y faire face. Avec quels financements?

Couper le robinet du net, oui mais le mal aura été fait

S’ajoute la chaine de responsabilités: opérateurs, youtubeurs, hébergeurs, internautes, facebookeurs, twitters, blogueurs, éditions numériques de titres de presse. Comment et en combien de temps la justice obtiendra-t-elle le retrait du Fake News? Qui sera sanctionné? Une fausse information en ligne depuis une heure seulement aura eu le temps de provoquer des dégâts gigantesques. Les opérateurs souvent installés aux USA et ailleurs accepteraient-ils d’écouter les injonctions de la justice française? La punition judiciaire pourra-t-elle aller jusqu’à l’emprisonnement? C’est sur cette réponse que des citoyens pourraient douter de la liberté d’expression, toujours chèrement défendue par la France.

Categories: France, Monde

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