Evreux, la députée en prison

Evreux, la députée en prison

Non, elle n’a pas été incarcérée. Madame Séverine Gipson, députée de la 1ère circonscription de l’Eure, a, seulement, usé de son droit de visite des prisons françaises en sa qualité de parlementaire. Elle a voulu constater ce que nombre de ses prédécesseurs et autres journalistes savent depuis 50 ans, au bas mot. Ces visites, croit-ont, sont destinées à ce que l’univers carcéral change en sortant de l’âge de pierre. Madame la députée va envoyer son rapport à qui de droit et puis après? Après rien…. mais c’est bien de l’avoir fait.

Le directeur de la Maison d’Arrêt D’Évreux, Monsieur Benoît Lucas, a accueilli la députée de la circonscription pour une visite de deux heures. Ainsi, Madame Gipson a pu constater une surpopulation carcérale, très forte à Évreux. Les chiffres qui lui ont été transmis parlent de 68 574 détenus, en France, pour 50 084 places, dont 1 300 dorment à même le sol.

Madame la député rappelle que la France a été condamnés par la Cour Européenne des Droits de l’Homme à ce sujet en 2013.

A la prison d’Évreux, Madame Gipson a pu s’entretenir avec des détenus. Ils sont désespérés face à l’absence d’eau chaude et d’un minimum de confort, avec 3 détenus dans 9 m2, ou 4 dans 11 m2. Ils sont 326 détenus pour 162 places, le taux de remplissage est de 200% et 10 détenus qui dorment au sol. Limite torture physique?!.

Que peut faire Madame Gipson

Soutenir le plan de construction du gouvernement de 15 000 nouvelles places. Le Président de la République, rappelle la députée, veut mettre en place des peines de substitution pour endiguer l’engorgement des prisons françaises, mesures en place actuellement pour seulement 7% des cas. C’est insuffisant. Appuyer, en même temps le travail d’une agence dédiée au développement et l’encadrement des travaux d’intérêt général, ainsi que le port du bracelet électronique. Tout ce qui existe déjà, sans grand succès.

Séverine Gipson va écrire, promet-elle, à la Garde des Sceaux et à Madame Adeline Hazn, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.

Depuis des décennies combien de députés ont écris aux ministres, lesquels ont écris au Premier ministre qui a transmis au Président. Depuis des décennies l’univers carcéral français est resté des plus moyenâgeux. Peut-il changé avec Emmanuel Macron? Tout le monde l’espère, car faut-il le rappeler: un détenu paye sa dette à la société pour les fautes commises, c’est d’une logique implacable. Mais la privation de liberté ne peut être une privation de dignité.

Categories: Eure

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