Évreux, le député Bruno Questel visite la prison

Évreux, le député Bruno Questel visite la prison

C’est une prérogative des députés de la République. Ils peuvent entrer, à volonté, dans toutes les prisons françaises sans demander d’autorisation à quiconque. Nombre d’entre eux le font, notamment pour constater l’état de l’univers carcéral et tenter de le transformer en profondeur. Bruno Questel, député de la 4ème circonscription de l’Eure est membre de la Commission des Lois et du groupe d’études sur les prisons. C’est à ce titre qu’il a visité la Maison d’Arrêt d’Évreux, après celle de Rouen, il y a quelques semaines. Le constat est alarmant. Visite en vidéo:

Caméra Diagonale a accompagné le député. Les journalistes, seuls, ne peuvent pénétrer dans les prisons sans autorisation préalable de la Chancellerie. Il leur faut déposer une demande écrite et préciser l’angle du reportage. Parfois, il faut attendre plusieurs semaines ou mois, quand cela n’est pas purement refusé. Accompagner un parlementaire est plus simple puisqu’il n’y a pas d’autorisation de la Chancellerie. Toutefois, à l’entrée il est demandé au journaliste de présenter sa carte professionnelle. Son téléphone portable (éteint) et ses clés sont déposés dans un casier à l’entrée. Il doit passer sous le portique de détection de métaux et sa caméra est examinée à l’infrarouge. Tout ceci est logique. Les détenus n’ont pu être filmés et les surveillants sous condition de masquer les visages.

Maison d’Arrêt d’Évreux en surpopulation carcérale de 200%

C’est un établissement où sont détenues des personnes en attente de jugement. C’est la prison préventive. Mais aussi, y sont incarcérés des détenus condamnés à des peine de moins de deux ans. Au total, la maison d’Arrêt d’Évreux concentre 320 détenus pour 162 places effectives, ce qui fait une surpopulation de 200%. Ils s’entassent ainsi à trois dans des cellules de 9m2, ce qui est à la limite de l’inhumain. S’ajoutent 90 aménagements de peines, c’est-à-dire des condamnés bénéficiant du bracelet électronique et placements extérieurs. Cette situation engendre tous les maux constatés et subis par les surveillants: surcharge de travail, agressions, trafic de stupéfiants et passages d’objets prohibés comme les téléphones portables…

Surveillants sous pression

Ils n’en peuvent plus. Astreintes horaires, effectifs réduits, bas salaires. Nombreux sont ceux qui quittent la pénitentiaire pour se tourner vers la police nationale, municipale ou gendarmerie. Peu de candidats pour les remplacer, ce qui pose une vraie difficulté au plan des recrutements.

La balle est dans le camp du gouvernement

La ministre de la Justice promet 15 000 places de prison d’ici 2022. Les parlementaires entament une tournée dans les 186 établissements français afin d’établir un état des lieux. Le constat est clair: pour 58 664 places, on dénombre près de 80 000 détenus, en préventive, courtes, moyennes et longues peines. Une exception dans le monde occidental, riche et opulent à plus d’un titre. Le Président de la République, le gouvernement et la majorité, aux affaires depuis 10 mois, ne sont directement responsables de la situation. Depuis 50 ans les divers gouvernements de gauche et de droite ont laissé la situation pourrir, estimant que le monde carcéral était en marge de la société. Or, une société responsable, démocratique et moderne doit faire face. Ainsi, aujourd’hui, les prisons françaises, à 90%, sont celles du 19ème siècle: mauvais état des bâtiments, structures inadaptées, cellules dignes des bagnes d’antan, vie carcérale laissée à vau-l’eau. Les chefs d’établissements, cadres et surveillants, font ce qu’ils peuvent avec les moyens octroyés, pour organiser du mieux possible la vie des détenus….Le gouvernement a du pain sur la planche. Il faudra 20 à 25 ans pour tout remettre en état, et après lui, tous ses successeurs devront continuer à se retrousser les manches…

Privation de liberté

Les condamnés à la prison payent leur dette à la société après avoir été jugés. C’est aussi la démocratie. Mais être privé de liberté, est-ce une privation de dignité? Cela commence par définir et décider qu’une cellule est faite pour un détenu et non pour deux, trois ou même quatre.

Les parlementaires au front

Bruno Questel et les autres députés et sénateurs, devront faire état des constats et faire remonter l’information au gouvernement, inlassablement et sans résignation. Leurs travaux devront marquer d’une pierre blanche le coup d’envoi de l’un des plus grands changements sociétaux, français.

La prison

Prison est le terme générique. Les établissements pénitentiaires se déclinent en trois catégoriques principales: les Maisons d’Arrêt, où sont regroupés des détenus en instance de jugement et des condamnés à des peines courtes. Les centres de détentions, pour des condamnés à des peines plus longues, et les Maisons Centrales pour des détenus difficiles et condamnés à des peines longues et perpétuité.

Categories: Eure

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