Evreux, le conseil départemental envahi par 250 manifestants

Evreux, le conseil départemental envahi par 250 manifestants

C’était prévisible (voir les 2 sujets précédents). La séance plénière du conseil départemental de l’Eure, qui doit se dérouler durant 2 jours, a été perturbée, ce matin, par des manifestants hostiles à la fermeture de deux collèges de l’Eure, décidée par la majorité départementale. Bruits de tambours, sifflets, slogans, Marseillaise, cris, interpellation du président Lecornu resté imperturbable. L’ensemble sans heurt ni casse. Une heure plus tard, à la demande du président Lecornu, la police a fait sortir les manifestants, dans le calme. Vidéo et Interviews.

L’ordre du jour de la séance plénière devait se dérouler durant deux journées, aujourd’hui lundi et demain mardi. Agenda chargé dû au report du dernier conseil départemental en raison d’un tirage au sort qui désignait Sébastien Lecornu, juré aux Assises de l’Eure…

Entretemps est venu se greffer le dossier du plan pluriannuel d’investissement pour les collèges de l’Eure. Un plan qui prévoit la suppression des collèges Pablo Neruda d’Evreux et Pierre Mendes-France de Val-de-Reuil. Décision qui a mis le feu aux poudres. La gauche, syndicats d’enseignants, fédérations de parents d’élèves et élus, ont eu de temps d’organiser la riposte et la manifestation de ce matin en est le premier volet.

Parmi les manifestants, des élus socialistes de Val-de-Reuil, d’Évreux et d’ailleurs. L’on pouvait remarquer, entre autres, une adjointe au maire de Val-de-Reuil, pendant que le maire surveillait de loin les opérations, assis dans la loge visiteurs. L’ancien président du conseil général et député socialiste, Jean-Louis Destans, s’est, aussi, montré en soutien des manifestants mais très discrètement.

Assis à sa place de président, Sébastien Lecornu tentait de se faire entendre, en vain. Les décibels, en saturation, l’empêchait d’émettre un mot intelligible. Après 25 minutes de tentatives, il lève la séance et des manifestants se succèdent à la tribune pour de courts discours improvisés, mais avec un seul mot d’ordre: la non fermeture des deux collèges. Après l’occupation de l’hémicycle, Sébastien Lecornu a diffusé le communiqué suivant:

« il n’est pas question de laisser une poignée de manifestants et d’agitateurs professionnels décider à la place de ceux qui ont été démocratiquement élus pour le faire. J’estime que ce que nous venons de vivre est une entrave au débat démocratique. C’est une pratique d’un autre temps et que je condamne. Les élus sont élus pour décider et c’est ce que nous ferons ensemble ce matin. Concernant le PPI Collèges, s’il faut en reparler nous le feront mais dans le respect des règles démocratiques. Ce qui se passe ce matin dessert la cause de ceux qui prétendent défendre l’avenir des enfants scolarisés au collège Pierre-Mendès France de Val-de-Reuil et je ne peux que le regretter.« 

L’analyse de Caméra Diagonale

D’abord, pendant qu’au niveau national l’on assiste à une déchirure consommée entre le parti socialiste et la gauche de la gauche, à Evreux les deux frères ennemis font cause commune. Si l’on ose comparer François Hollande et Sébastien Lecornu, dans leur tourment face à une gauche radicale, que pourrait expliquer le PS qui s’oppose aux frondeurs socialistes et au parti communiste à Paris, et manifeste avec eux dans l’Eure?

Cependant, un détail ne colle pas: la facilité avec laquelle les manifestants ont pu pénétrer dans l’hémicycle. Il y a 4 issues possibles. Si les autorités de l’Hôtel du Département avaient interdits l’accès, les portes auraient été verrouiller et un gardiennage mis en place. L’envahissement de l’hémicycle est-il réellement une surprise? Ces images qui circulent sur les réseaux sociaux (et sur Caméra Diagonale) font-elles plus de tort au président du conseil départemental ou aux manifestants? Quelle que soit la réponse, le sujet des fermetures de collèges reste entier.

Sollicité pour une Interview vidéo, Sébastien Lecornu a décliné la proposition préférant s’exprimer par voie de communiqué.

Categories: Evreux

Comments

  1. zébulon 21 juin, 2016, 08:12

    Ce n’est pas la première fois que des manifestants entrent librement et occupent l’Hôtel du Département lors d’une séance plénière : Valéo, élections départementales pour ne citer qu’eux. Avec tous les articles dans la presse qui programmaient la venue des mécontents le président aurait pu recevoir une délégation, ce qui n’aurait rien changé à sa décision je pense, mais il aurait calmé les troupes. Cet incident sert de communication les deux camps il n’y a qu’à aller sur certains médias pour y apercevoir les différents tweets avec photos et commentaires ! La partie de ping pong continuera le 24 juin prochain jour du CDEN à Evreux à l’inspection académique, à la préfecture mais là il ne pourra pas y avoir d’occupation des locaux !

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