Eure. Adversaires hier, amis aujourd’hui.

Eure. Adversaires hier, amis aujourd’hui.

Ils étaient au PS, au MoDem, au PRG, chez Les Républicains et ailleurs. Ils ont opté pour le mouvement « En Marche », dès le début pour certains et sur le tard pour d’autres. Au plan national la situation est actée, mais dans les collectivités territoriales c’est le parfait imbroglio. Des adversaires d’hier vont devoir faire ami-ami et considérer que leurs invectives passées n’étaient que postures et parfois impostures. Difficile de faire passer le message aux électeurs, dont beaucoup tombent des nues, ou s’interrogent sur le sérieux de ceux qu’ils ont soutenu, applaudi et financé par leur cotisation au parti. Explications:

Deux responsables politiques et amis d’hier, que tout unissait, se sont affronté à fleuret moucheté, hier à l’Assemblée Nationale. Édouard Philippe, ancien député « Les Républicains » de la Seine-Maritime, puis maire LR du Havre (jusqu’en mai dernier) n’avait aucune différence politique de fond avec Christian Jacob, député « Les Républicains » de Seine-et-Marne, maire de Provins et ancien ministre de Jacques Chirac. Les deux hommes étaient d’accords sur tout, sauf sur le choix du candidat à la primaire de la droite….Puis, Édouard Philippe accepte la proposition d’Emmanuel Macron de le nommer chef du gouvernement. Pour Christian Jacob, c’est la trahison suprême et estime n’avoir plus rien de commun avec son ancien ami.

Bruno Le Maire et ses amis de l’Eure ont souhaité se départir d’un vieux parti « poussiéreux »

Ainsi va la politique et sur le terrain, celui des territoires, la situation est davantage ubuesque et plus encore dans l’Eure avec le passage à La République en Marche des deux plus hauts responsables du parti « Les Républicains », Bruno Le Maire le président départemental et Sébastien Lecornu le secrétaire départemental. Cerise sur le gâteaux: ils ont été nommés ministre et Secrétaire d’État. Et voilà, depuis 4 jours, le parti est orphelin, dans l’Eure. La nature ayant horreur du vide, ils seront remplacés après l’élection de Laurent Wauquier à la présidence national du parti. Tout le monde songe à cette recomposition du paysage politique dans les régions, départements et localités. A Vernon, par exemple, le responsable d’un groupe d’opposition, au maire LR, est passé dès le départ au mouvement En Marche. Restera-t-il dans l’opposition, alors que Sébastien Lecornu est membre du gouvernement, ou lui sera-t-il proposé d’entrer dans la majorité? De même, au conseil départemental, Bruno Questel, conseiller d’opposition et nouveau député LREM, y restera-t-il sachant que Sébastien Lecornu, membre de LREM, reprendra la présidence s’il sortait du gouvernement avant la fin du quinquennat.

Après la Présidentielle et les législatives, les locales en ligne de mire

Même casse-tête pour les prochaines élections municipales de 2020 et départementales de 2021. Des listes La République en Marche vont entrer dans une phase de préparation. Comment vont-elles se constituer, en association avec d’anciens PS et « Les Républicains » et avec quelles têtes de listes? Quel rôle jouera Bruno Le Maire, nouveau membre de La République en Marche, au niveau politique dans le département de l’Eure? Pourrait-il s’imposer comme président ou secrétaire départemental, ou acceptera-t-il de s’effacer devant un militant LREM de la première heure? Autant de questions, de situations contradictoires et de positions personnelles vont apparaitre et les risques de foire d’empoigne sont bien réels.

Jamais un responsable politique n’avait réussi le tour de force de désorganiser les partis et rassembler sur un projet et non sur une idéologie…A suivre

Photos montage: Claire O’Petit députée LREM de la 5ème circonscription de l’Eure, ancienne membre du PS, puis du MoDem, adhère à En Marche depuis le début; Sébastien Lecornu Secrétaire d’Etat LREM, ancien maire de Vernon LR, ancien président du conseil départemental de l’Eure « Les Républicains »; Bruno Le Maire, ministre de l’Économie LREM, ancien député « Les Républicains » de l’Eure, ancien ministre de Nicolas Sarkozy; Bruno Questel, député LREM de la 4ème circonscription de l’Eure, ancien membre du PS et du PRG, actuel conseiller départemental de l’Eure, adhère à En Marche dès le début de la campagne d’Emmanuel Macron, en février 2017.

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Comments

  1. José Alcala Author 28 septembre, 2017, 00:10

    @ Olivier Taconet
    Oui, c’est la 4ème circonscription. Erreur de frappe. Il a suivi Macron dès le début, je veux parler du début de la campagne électorale, c’est-à-dire en février 2017 au moment où beaucoup d’observateurs, de journalistes, d’adversaires de gauche et de droite, disaient « C’est une bulle qui va exploser..etc..

  2. Olivier Taconet 27 septembre, 2017, 21:32

    Effectivement c’est un casse-tête et le monde politique n’a pas fini de se décomposer. Il faudra bien, cependant qu’il se recompose un de ces jours. Tout à fait d’accord avec toi, José, les élections locales et municipales en particulier seront un moment important et c’est là qu’on verra qui est qui, qui représente qui et comment la population suivra ou pas. Je me permets de corriger ce que tu as dit de Bruno Questel, député de la 4e et non de la 2e circonscription, et qui par ailleurs n’a pas suivi « En marche » depuis le début (nul n’est parfait) mais a pris le train (en marche) après avoir officiellement défendu Arnaud Montebourg lors des primaires de la « Belle Alliance Populaire ».

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