Emplois familiaux à l’Assemblée, ça traine des pieds

Emplois familiaux à l’Assemblée, ça traine des pieds

La loi sur la « confiance dans la vie publique », appelée aussi loi de « moralisation de la vie publique », votée cet été à une large majorité, avait autorisé les députés concernés à ce mettre en règle jusqu’à ce soir, 15 décembre 2017. Certains auront profité jusqu’au bout de cette particularité franco-française et nombreux sont ceux, à droite, à gauche et au centre à s’être rebiffé contre « cette loi absurde » et « injuste ». Ils auraient ajouter « cette loi qui nous empêche de faire profiter nos proches de l’argent du contribuable ». Photo: le député LREM, lors de sa campagne électorale.

Dans quel monde vivent nos parlementaires, députés et sénateurs, pour trouver injuste de ne plus profiter d’avantages d’un autre temps? Pour qui se prennent-ils au prétexte qu’ils ont la légitimité du vote? Dans quel autre pays civilisé et démocratique ces avantages sont-ils octroyés?. Telles sont les interrogations légitimes de citoyens, dont la moitié d’entre eux ne dépasse pas les 1600 euros de revenu mensuel et dont le conjoint ne trouve du travail sous les sabots d’un cheval.

Promesse d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron avait fait cette promesse au cours de sa campagne présidentielle. Alors, passons sur des parlementaires, LR et socialistes, qui depuis des années s’étaient habitués à la pratique d’emplois familiaux. Mais, le plus étonnant concerne certains nouveaux députés élus sous l’étiquette LREM et qui aujourd’hui rejoignent le camp des protestataires de gauche et de droite. Concrètement, ils ont dû licencier  épouse, époux, fille ou fils. Certains l’ont fait sitôt la loi votée, d’autres ont attendu plusieurs semaines et les plus mauvais coucheurs sont en train de le faire actuellement, le dernier jour. Ils trainent des pieds pour en profiter un maximum. Drôle de mentalité!

Que reprochent-ils à loi?

D’être injuste et perverse. Ils confondent sciemment deux attitudes, à l’image de Nicolas Dupont-Aignan qui emploie sa femme depuis une dizaine d’années, « C’est détestable parce que des gens honnêtes payent pour des gens malhonnêtes. On a confondu emplois familiaux et emplois fictifs ». Ce que dit le député « Debout la France » est faux. La loi n’a rien confondu. D’abord, parce qu’un emploi fictif est illégal et par conséquent condamnable et sanctionné en toute circonstance. Le sens de cette loi est d’éviter, précisément, le favoritisme familial assimilé à de l’injustice, lequel conduit parfois à des dérives. Et de fait, pourquoi les postes de collaborateurs parlementaires ne seraient pas ouverts à l’ensemble des citoyens, comme dans n’importe quel autre métier? Pourquoi un député, ou sénateur, devrait-il privilégier un membre de sa famille sans mettre en concurrence les compétences?

Argent public

Les réfractaires à la loi mettent en avant les emplois familiaux dans le privé et donnent en exemple les petites entreprises commerciales et artisanales. La différence est de taille, pourtant. D’un côté, il est question d’argent public et de l’autre il s’agit d’argent privé. Fâcheux que des élus ne sachent, ou ne souhaitent, voir la différence.

Le député LREM, joueur de violon

Il prend les électeurs et les contribuables pour des nigauds. François-Michel Lambert, député LREM, et ancien écologiste, relève l’OBS, « assure que sa collaboration « passionnelle » avec son épouse était d’une des conditions de la réussite de ses mandats, car cela permettait un équilibre financier et psychologique entre la charge de travail liée au mandat et la vie familiale« . Sur la chaine LCI, il ajoute « ceux qui ont voté la loi se sont tiré une balle dans le pied en éloignant leurs familles » et va même jusqu’à prophétiser « des dizaines de divorces au Palais-Bourbon ». Si Monsieur le député LREM veut éviter cette déconvenue, puisqu’il est certain de sa théorie, il peut y remédier facilement: démissionner de son siège de parlementaire et créer sa petite entreprise où il pourrait embaucher Madame à un niveau de salaire de son choix.

A noter que la loi autorise l’emploi d’un frère ou d’une sœur d’un parlementaire, comme collaborateur. Les emplois croisés sont également autorisés, mais soumis à une obligation déclarative.

 

 

Categories: France

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