Élections Espagne, Podemos n’a pas réussi sa percée

Élections Espagne, Podemos n’a pas réussi sa percée

Le Parti Populaire (Partido Popular, PP) de Mariano Rajoy,  est arrivé en tête avec 137 sièges sur les 350, soit 33,03%. Il gagne 14 sièges par rapport à décembre. Le Parti Socialiste arrive derrière, avec 85 sièges (22,66%) mais perd 5 sièges par rapport à décembre. La grande déception se trouve chez les électeurs de Podemos qui stagne avec 71 sièges (21,10%) soit deux sièges de plus qu’en décembre, mais se retrouve en 3ème position alors que les sondages le créditaient de 30%, juste derrière le PP. Ciudadanos, (Citoyens) parti centriste recueille 32 sièges à 13,05%. Suivent 4 petits partis de 2,63% à 0,77% sans aucun siège, le seuil étant de 3%. Photo: militants du PP en liesse, dimanche soir.

Que s’est-il passé alors que le gouvernement espagnol et son président, Mariano Rajoy, sont tant décriés (en Espagne il n’y a pas de Premier ministre, mais un président de gouvernement. C’est le même rôle avec plus de pouvoir puisque le Roi d’Espagne reste en marge de la politique mais assume le commandement des Forces Armées. Le Roi est, par ailleurs, le garant de l’unité de l’Espagne, ce qui lui confère le titre de chef de l’État)

Il s’est passé, entre autre, que le Parti Populaire aurait trempé dans des affaires de corruption sur la grande échelle et qu’en Espagne les juges sont entièrement déconnectés du pouvoir politique et n’ont de comptes à rendre qu’aux citoyens. Ce qui change avec le système français où les juges, s’ils sont indépendants, ont, in fine, des comptes à rendre aux procureurs qui dépendant de la Chancellerie, donc du pouvoir politique. Les espagnols, avec la crise et le chômage, n’ont pas d’état d’âme à sanctionner ceux qui les gouvernent. Mariano Rajoy ne fait pas partie des élus et responsables mis en examen ou emprisonnés, mais il est à la tête d’un parti où figurent des corrompus qui se sont enrichis illégalement. Il paie lourdement et il lui sera difficile de gouverner avec l’aisance nécessaire.

Alliances rafistolées

La partie va se jouer très serrée, les chiffres l’indiquent. Pour obtenir une majorité absolue en termes de sièges, il n’existe que deux options: 1) alliance entre le Parti Socialiste et le Parti Populaire (ce qui est inconcevable) 2) alliance du PSOE de Podemos et de Ciudadanos, soit gauche + gauche de la gauche + centristes. Cela reste alléatoire, parce que les centristes ont toujours eu Podemos en ligne de mire.

Podemos en pose

Pablo Iglesias est encore crédité d’une très bonne image dans l’opinion publique. Homme de sincérité, nouveau venu dans le paysage politique espagnol, il refuse de verser dans un extrémisme « stupide« , selon sa propre expression. Son combat s’articule sur la justice sociale, sans surenchère ni posture politicienne. Le discours est moderne, offensif mais dépourvu d’anathèmes. Iglésias parle avec tout le monde et se laisse volontiers aller à l’accolade avec ses adversaires. Les résultats de dimanche ne sont nullement un rejet de sa personne, mais une prudence de la part d’électeurs inquiets sur les grandes difficultés connues sur l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Podemos n’a pas reculé mais marqué une pose dans sa progression. A noter qu’il n’existe pas, en Espagne, de parti d’extrême-droite.

La proportionnelle, empêcheuse de gouverner

L’exemple espagnol, sur le mode de scrutin, est une nouvelle preuve du manichéisme de la proportionnelle intégrale. « Système plus juste« , disent nos centristes français, car « il permet à toutes les sensibilités politiques d’être représentées ». Oui, mais cela sert à quoi d’être représenté pour jouer le rôle du pot de fleur? A rien, évidemment, c’est juste un peu de moral à bon marché.

 

Categories: Europe

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