Editorial. Macron ne choisit pas Lecornu

Editorial. Macron ne choisit pas Lecornu

L’ancien maire de Vernon, aujourd’hui Secrétaire d’État, était candidat à la succession de Nicolas Hulot. Soutenu par le Premier ministre, Sébastien Lecornu avait une chance, sérieuse, d’être retenu. Mais, Emmanuel Macron a préféré un vrai écologiste historique pour ce ministère, aujourd’hui des plus importants. Et aussi un macroniste de la première heure. Le 1er adjoint de Vernon n’a pas ce profil, c’est vrai. L’écologie est loin de ses préoccupations. Côté politique, il n’avait rejoint le candidat « En Marche », qu’en mai 2017, après avoir été directeur adjoint de la campagne de François Fillon. Même si Emmanuel Macron a l’esprit large pour ne pas s’arrêter à des notions désuètes, il préfère propulser des fidèles d’origine. Sébastien Lecornu va continuer d’exercer sa charge de Secrétaire d’État auprès du ministre en titre, nommé hier, François De Rugy.

Monsieur Lecornu n’est pas perdu. Il va se conformer au choix du Président, ce qui ne le pénalise nullement. Il lui reste un peu moins de quatre ans pour se consolider et prouver ses compétences. A coup sûr, il n’en restera pas là. Sa rage et sa hargne à réussir en politique est une réalité. Il est l’un des plus brillants de sa génération. Il sait éconduire, gratifier, sanctionner autour de lui. Malheur à qui le heurte, le contredit, le blesse. Il flingue avec le sourire, caresse malicieusement. Le pouvoir, il l’aime. A Vernon, une petite cour s’est formée autour de lui avec mission de le porter aux nues en toute occasion. Ça marche. « Les mauvaises langues » disent qu’il est resté le vrai maire de Vernon et le vrai président du conseil départemental.

Sébastien Lecornu a déjà intégré l’hypothèse (possible mais pas certaine) d’un échec d’Emmanuel Macron. En fine lame de la politique, il saura partir avant le naufrage. Il rejoindra, dès lors, son ancien parti en expliquant s’être fourvoyé. En même temps, il sait travailler et se donner à fond dans les missions qui lui sont confiées. C’est cela la vraie fibre politique.

 

Categories: Eure, France

Comments

  1. marcel le marcellois 6 septembre, 2018, 17:40

    Vous avez tous raison dans l’affaire: la carrière, le cynisme, la prétention et l’inefficacité au bout du compte. Gérard Volpatti, notre maire, pourrait être plus disert sur le sujet, qui a souffert d’avoir participé à la mise en place du team Le Maire-Lecornu. Somme toute, les factures se paient toujours cash. J’aime bien le 2ème degré de José Alcala, avec qui je n’ai pas toujours été d’accord, sur son image en tête d’article, d’un dessin représentant Rastignac….Méditons!

  2. José Alcala Author 6 septembre, 2018, 12:20

    @ Thibsib
    La passerelle entre la vraie fibre politique et la vraie fibre politicienne, est étroite. Souvent, les nouveaux entrants en politique sont animés par la noblesse de l’action, puis versent lentement vers le carriérisme. Ceci précisé, l’ambition n’est pas un défaut si, parallèlement, le service envers autrui est réel et sincère. Nous abordons, et c’est très bien, un grand tournant dans la manière de faire de la politique. Ils le savent tous. Le temps des carrières longues et ambigües est terminé. Aujourd’hui, ils peuvent être remerciés aussi facilement qu’ils ont été adulés. Les électeurs décident, et sont aidés en cela par l’information qui coule sans discontinuité. Inutile de rappeler ce qui s’est passé en 2017. Cet exemple peut être multiplié au centuple au niveau de tous les strats locaux. Aucun élu local ou homme politique d’envergure nationale n’est assuré d’être reconduit pour un 2ème, 3ème mandat, etc. La carrière politique, aussi, devient fragile…
    Je termine en vous précisant un détail: parfois, j’utilise de 2ème degré dans mes textes. C’est le cas dans cet édito. L’image choisie en est l’illustration.

    @ Denis
    Non, ce n’est pas mon propos. Simplement parce que à cet âge on peut évoluer rapidement. Il en a les capacités.

  3. Denis 6 septembre, 2018, 07:20

    En fait, vous en faites, José, un portrait peu ragoûtant d’un homme politique du passé.

  4. Thibsib 5 septembre, 2018, 21:31

    Bonjour José,
    Parlez vous de la vraie fibre politique ou de la vraie fibre politicienne ?

    Que cherchons nous vraiment, des politiciens brillants, au service de leur carrière, ou des personnes plus laborieuses, moins exposées, mais qui cherchent à nous représenter plutôt qu’à se représenter.

    Les analyses politiques se cantonnent de plus en plus dans une description des luttes intestines, de « l’état psychologique de tel ou tel candidat », des coups d’éclats, et des fourberies.

    Et les idées dans tout cela, ont elles encore de la valeur ou leur préférons nous l’habileté des retournements de veste ou des traitrises en tous genres ?

    Je me sens trahi par ces politiques là, De Rugy, Lecornu, et tant d’autres et même pas par les idées qu’ils prétendent incarner, mais surtout parce que cela fait longtemps maintenant qu’ils les font passer au second plan.

    Lorsqu’on reçoit plus d’honneurs à courtiser plutôt qu’à servir, le danger est là et nous n’avons pas besoin d’un roitelet, mini Jupiter, qui ne supporte pas d’être contredit, au contraire, ce sont les débats qui font avancer, et c’est le fondement même de la démocratie.

    C’est bien cela qui nous anime ou qui doit nous animer et ce pourquoi nous avons voté au 2ème tour de la présidentielle. Sinon, si les idées n’ont pas leur place, alors cela ne valait vraiment pas la peine.

    Bien à vous José.

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