Disparition de Roland Leroy

Disparition de Roland Leroy

Il était une figure du Parti Communiste Français. De la Résistance, à l’âge de 16 ans, jusqu’à sa mort, hier, en passant par 60 années d’action et de militantisme, Roland Leroy a été l’un des dirigeants communistes qui aura marqué son époque, avec d’autres figures emblématiques du PCF. Il avait 92 ans.

Le Seine-Maritime a été son foyer de naissance (Saint-Pierre-Les-Elbeufs) et restera son foyer politique. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir une stature nationale. Les combats politiques, Roland Leroy les menait depuis l’âge de 16 ans, avec en premier lieu son engagement dans la Résistance. C’est la raison pour laquelle il respectait le « gaullisme« , frère d’armes. A partir de ces années noires, le jeune militant n’allait plus s’arrêter de combattre les « injustices sociales » et les « tenants du grand capital« . Toute sa vie il sera auprès de ces « damnés de la terre ». Il montera tous les échelons dans la hiérarchie du parti, mais sera, plus tard, mis à l’écart par le Secrétaire Général, Georges Marchais. De même, Roland Leroy, n’aura aucun engouement pour l’union de la gauche avec le PS. Il critiquera l’entrée dans le gouvernement socialiste, de membres du PCF. Les évènements lui donneront raison. Selon lui, Mitterrand avait fait ce geste « pour mieux étouffer les communistes ».

L’Humanité

Il dirigea le quotidien communiste pendant 20 ans. Du journalisme engagé. Il revendiquait ce positionnement, car, disait-il, « c’est la seule voix de ceux qui n’ont plus la parole ». C’était l’époque où le journal se vendait à 45 000 exemplaires/jour.

Retiré à Clermont-l’Hérault, Roland s’est éteint hier à l’âge de 92 ans.

Communiqué de ses camarades du département de l’Eure:

Communiqué de presse – Evreux, le 25 février 2019

Disparition de Roland Leroy, ancien député de Seine-Maritime,

Directeur du journal l’Humanité de 1974 à 1994, dirigeant du PCF

La disparition de Roland Leroy affecte l’ensemble des communistes de notre région et bien au-delà. Il joua, en effet, un rôle majeur dans la vie politique de notre pays durant les décennies qui vont de la Résistance jusqu’au début de ce siècle.
Né en 1926 dans une famille ouvrière à Saint-Aubin-les-Elbeuf, résistant à seize ans, Roland Leroy, longtemps député de Seine-Maritime, a été l’un des dirigeants du parti communiste français jusqu’en 1994.
Directeur de « l’Humanité » et de « l’Humanité Dimanche » durant vingt ans, de 1974 à 1994, il marqua de sa personnalité la presse communiste. Son style, son charisme intellectuel, ses qualités d’orateur, son aisance dans ses relations avec ses interlocuteurs, qu’ils soient communistes ou non, ne laissaient personne indifférent. Ses responsabilités à la section des intellectuels et de la culture au sein de la direction nationale, en raison de son sens du contact avec les artistes et les écrivains, laisse l’empreinte d’une
évolution marquante des communistes sur ces thèmes.
Très lié au couple Elsa Triolet et Louis Aragon, il avait aussi des liens personnels avec des artistes de toutes disciplines en Normandie, à l’exemple d’Allain Leprest et de bien d’autres.
Il avait gardé une profonde amitié matinée de complicité avec la génération des militants gaullistes et communistes engagés dans la Résistance dans notre région. Novateur en culture, il laisse le souvenir d’un homme d’une fine intelligence politique.
Attaché à la prééminence du parti communiste au sein de la gauche, il affirmait sur France-Culture en 2012 qu’en situation de diriger le parti, il n’aurait pas changé de cap à plusieurs reprises. Il considérait d’une importance vitale que l’idée communiste retrouve la fraîcheur de ses origines. L’un de ses derniers écrits se conclut ainsi : « Lutte contre l’injustice, revendications ouvrières et paysannes ; liberté de création artistique et littéraire, de recherche scientifique, indépendance nationale et droit des peuples ; égalité des sexes… par une ou autre voie des femmes et des hommes sont venus au communisme, d’autres y viennent aujourd’hui. Mais au-delà de leurs différences, de l’immense variété des circonstances de leurs chemins réside toujours le même but : la quête du bonheur ».

Pour les communistes de l’Eure : Jean-Luc LECOMTE, Secrétaire départemental du PCF

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