Cul-de-sac

Cul-de-sac

Situation singulièrement périlleuse. Rien ne se débloque dans cette crise profonde qui met le pays en émoi. Le spectacle de désolation offert chaque samedi semble s’installer durablement, avec des risques d’escalade pouvant déboucher sur le pire. Il est impératif d’imaginer une solution pour mettre entre parenthèse ce qui ressemble de plus en plus à une pré-guerre civile le temps de décider, collectivement, des réponses nécessaires au dénouement final de la crise.

Rien à l’horizon

C’est un responsable syndical de la police qui l’exprimait hier « Ce n’est pas la police qui résoudra les problèmes des gilets jaunes ». Autrement dit, les services de sécurité police-gendarmerie se limitent au strict maintien de l’ordre. Le fond du problème appartient à l’exécutif politique. C’est donc au Président de la République et au gouvernement d’apporter les réponses. Celles-ci semblent s’être figées avec les mesures accordées en décembre à l’issue de la première vague de manifestations.

Dans la nasse

Aujourd’hui, le gouvernement rouvre la porte avec le débat national qui doit débuter du 15 janvier jusqu’en mars. De leur côté les gilets disent n’en rien attendre. Ils veulent des mesures concrètes sur les salaires, et pas seulement les plus faibles. La liste s’allonge de semaine en semaine. C’est bel et bien dans un cul-de-sac que se sont engouffrées les diverses parties. Que peut décider le gouvernement avec cet enlisement? Jusqu’où iront les gilets jaunes? On l’a constaté, ils ne lâcheront pas de si tôt.

La dissolution, la moins pire des réponses

Le Président de la République cherche une porte de sortie et le débat pourrait ne pas en être une. Alors, quoi d’autre? Plusieurs pistes sont étudiées, selon des observateurs parfois bien informés. Celle du changement de Premier ministre pourrait en être une, mais Édouard Philippe n’a pas failli dans la gestion de la crise. Il n’a fait que suivre la politique voulue et décidée par le président. Le référendum est une autre alternative, mais sa mise en place sera fastidieuse. Reste la solution la plus risquée pour la majorité et le gouvernement: la dissolution de l’Assemblée Nationale. Son avantage: si l’actuelle majorité est reconduite, Emmanuel Macron et Édouard Philippe seront en force pour continuer les réformes jusqu’au bout. Si l’opposition gagnait se serait une cohabitation et l’opposition devra faire preuve d’imagination…

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