Commerce, Mr Darty arroseur arrosé

Commerce, Mr Darty arroseur arrosé

Au début de ce mois d’août, Bernard Darty, propriétaire de l’enseigne du même nom, se fendait d’une lettre ouverte diffusée par le journal « Les Echos ».  Missive destinée aux professionnels du commerce et plus largement aux consommateurs. Une offensive pour se plaindre du concurrent Amazon. Le roi de la vente en ligne serait en train de détruire le commerce traditionnel. Ainsi, celui qui, à partir des années 60, mit à genoux le commerce d’électro-ménager de proximité,  entrainant la fermeture de presque tous les magasins de centre-villes, subit aujourd’hui ce qu’il infligea aux autres. Doit-on en rire, ou pleurer? Explications:

Le texte aurait pu être écrit par la totalité des Unions Commerciales de France et de Navarre. Seul, les noms ont changé:  « Amazon » remplace Darty, ou plus exactement « Darty-Réal », à l’époque. Car ce dont souffrirait, aujourd’hui, Bernard Darty, c’est la concurrence du mastodonte du commerce en ligne. Il le dépouillerait d’un chiffre d’affaire confortable. C’est vrai, Amazon semble ramasser la mise sur tout ce qui se vend et s’achète. L’électroménager en est un exemple magistral. Le géant américain casse les prix, mais pas seulement. En plus la marque ne rechigne jamais quand un client est mécontent: produit changé illico ou remboursement sans discuter. C’est vrai, il y a de quoi donner des sueurs froides à celui qui savait faire souffrir les petits commerçants…

Les principaux points forts du texte

« Ne laissons pas Amazon détruire le commerce local »…le commerce local risque d’être dévasté »…si aucune mesure n’est prise, le commerce classique que nous connaissons à travers ses installations physiques et ses magasins, déjà gravement atteint, risque d’être complètement dévasté….Il faut tirer la sonnette d’alarme….des centres commerciaux, comme aux USA, commencent à être mités…Amazon est est devenu un monstre tentaculaire qui s’approprie le « chiffre d’affaires » marginal des autres entreprises en rongeant leur bénéfices…etc..etc. Un texte de 62 lignes que même la CGT aurait pu, aussi, cosigner.

Darty, pas aussi sinistré que son créateur le prétend

En 2017, le leader français de l’électroménager a fusionné avec la FNAC. Le duo devient, ainsi, « un poids lourd de la distribution ». Son chiffre grimpe de 2% à 7,4 milliards d’euros. Le groupe Darty-FNAC atteint un niveau d’économies de de 43 millions d’euros. A l’époque cette fusion devait permettre au groupe de mieux s’armer pour affronter la concurrence, notamment celle du commerce en ligne. « Nous sommes tout à fait au rendez-vous de ce l’on avait annoncé, puisque nous délivrons plus de 65% des synergies totales de la fusion fin 2017, à comparer avec un objectif qui était en début d’année à 50% », explique le directeur financier ».

Miroir à deux faces

Il existe, donc, deux facettes chez Bernard Darty, sorte de miroir à deux faces. D’un côté le créateur d’un mastodonte de la grande distribution, offensif et sans pitié pour le petit commerce. De l’autre un homme qui condamne un concurrent plus fort que lui et gémit sur le sort du commerce de proximité qu’il réduisait à néant dans les années 70.

 

Categories: France

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.