Charleval Eure. Sealynx se délocalise, en partie, vers la Roumanie

Charleval Eure. Sealynx se délocalise, en partie, vers la Roumanie

L’alerte a été lancée par des élus communistes et du Front de Gauche. L’équipementier automobile, Sealynx, va délocaliser la production de 5 produits vers la Roumanie. Une décision qui menace  l’emploi de 70 salariés sur les 425 de l’entreprise et 200 intérimaires. C’est en 2013, que l’entreprise, en difficulté, avait été recapitalisée par « Groupe Mécanique Découpage » (GMD) à hauteur de 5,5 millions d’euros. La Région (Haute-Normandie) lui avait octroyé un prêt de 1 000 000 d’euros. Cinq plus tard, la situation économique aurait du plomb dans l’aile.

Portrait de l’entreprise, en 2013

Le 8 mars 2013, élus de l’Eure, préfet, représentants du personnel et syndicats étaient aux côtés d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif venu à Charleval visiter l’entreprise Sealynx. Chacun appréciait son soutien et pensait que l’avenir se présentait sous les meilleurs auspices.

La crise de cette entreprise est maintenant derrière nous. La production va reprendre et le groupe Renault a fait savoir qu’il s’approvisionnera en matériel d’étanchéité, jusqu’en 2015 et pour un montant de 60 à 70 millions d’euros. Un ballon d’oxygène qui devrait permettre à l’entreprise de conquérir de nouveaux marchés. C’est le groupe industriel GMD, de Saint-Etienne qui devient le nouveau propriétaire. Comme le dira Arnaud Montebourg, lors de la conférence de presse, « un vrai groupe industriel et non un fonds financier ».

Le long cheminement de l’usine de Charleval

A l’origine,  elle était une industrie textile très productive jusqu’au début des années 50, avec très peu de salariés. A la fin des années 50 et avec la crise du textile, la production change. L’usine devient Mesnel et se spécialise dans le caoutchouc industriel, avec une cinquantaine de salariés. C’est l’âge d’or de l’automobile. Mesnel embauche pour atteindre les 1500 salariés en 1993. Elle devient le poumon économique de la vallée de l »Andelle. La première grande restructuration intervient en 1997 avec BTR Sealing Système, puis en 2001 Metzeler Automotive Profile. Ces divers plans réduisent le nombre de salariés. En 2007 l’entreprise est reprise par Sealynx Automotive, laquelle est victime de la crise naissante en 2008 et provoque un redressement judiciaire à partir de 2010.

GMD, le repreneur

C’est un groupe industriel de 5000 salariés sur le territoire français, spécialisé dans la sous-traitance de plusieurs spécialités automobile. Avec l’achat de Sealink Charleval, le groupe rajoute une corde à son arc, celle de pièces d’étanchéité pour les marques automobiles.

La contrepartie de l’aide régionale

Moyennant le prêt de 1 million d’euros, l’entreprise s’était engagée dans le cadre de contrat d’objectifs signé avec la Région, à préserver les 488 emplois, CDI et CDD, pendant 5 ans à partir de mars 2013. C’est fait, les 5 années sont là et aussitôt les dirigeants sautent sur l’occasion, de délocaliser. Pourtant, la situation financière de GMD pouvait éviter les délocalisations, selon les syndicats, avec un chiffre d’affaires, en 2017, de 799 millions d’euros.

Réactions des salariés, par le communiqué suivant:

les salariés, par le biais de leurs représentants syndicaux, ont empêché le démontage des presses. Cette action leur a valu une assignation en justice par la direction. Une triste illustration du mépris de la direction envers des salariés qui souhaitent défendre leurs outils de travail. Soucieux de contribuer à construire un projet industriel ambitieux pour notre territoire, nous réaffirmons qu’il ne convient pas de multiplier les exonérations fiscales comme le CICE alors que la seule boussole des dirigeants est l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires.
Une coopération des acteurs appartenant à des filières différentes doit être mise en place afin de permettre une réflexion globale.et de dégager des priorités dans le développement des systèmes productifs.
L’urgence des enjeux écologiques aussi doit être pleinement intégrée dans le modèle productif que nous voulons promouvoir. Il est impensable de voir des pièces produites en Roumanie montées sur les chaînes de l’usine Renault de
Flins !

Nous demandons à L’Etat et à la Région d’intervenir pour empêcher une délocalisation qui plongerait des dizaines de familles dans de grandes difficultés et porterait gravement atteinte au développement industriel de la Vallée de l’Andelle et de la Normandie.
L’audience en référé suite à l’assignation des syndicalistes par la direction est fixée au 4 juillet au tribunal d’Evreux. Nous appelons les citoyens à s’y rassembler à 10h00 pour apporter leur soutien.

 

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