La Catalogne, c’est l’Espagne

La Catalogne, c’est l’Espagne

Cela fait 11 siècles que ça dure, de manière épisodique. Des catalans, minoritaires , exigent l’indépendance de la région qui représente 6% du territoire espagnol et 7,5 millions d’habitants. Demain dimanche une partie de la population participera à un référendum organisé de manière unilatérale et anticonstitutionnelle. Au-delà de l’acte antidémocratique et dénoncé par l’ensemble des pays européens, c’est dans une supercherie politique et économique que des meneurs veulent entrainer la Catalogne, l’Espagne et l’Europe, au nom d’une idéologie qui frise le nationalisme le plus stupide. Explications:

La Catalogne s’est constituée au fil des siècles. Comme tous les territoires du continent européen, elle a traversé les époques phéniciennes, grecques, wisigoths, musulmanes, de l’empire romain. Elle a subi les invasions barbares et ses guerriers vandales venus du nord européen. C’est vers le 10ème siècle qu’elle aspire à devenir une nation, comme d’autres régions et territoires…La reconquête  de l’Espagne chrétienne sur les émirats andalous, entame le processus d’unification des territoires des Asturies, Navarre, Castille, Aragon et Catalogne. Charles Quint, ensuite, instaure son empire sur la péninsule ibérique et sur une partie de l’Europe, d’Amérique centrale et des philippines. C’est le début d’une résistance catalane péninsulaire…..

Une histoire longue

C’est au tournant du 16ème siècle que la Catalogne, après des siècles de batailles, deviendra avec les régions de Valence, Iles Baléares, Castille, Aragon et bien d’autres, territoire espagnol à part entière…L’histoire de l’Espagne connaitra des soubresauts politico-nationalistes à diverses époques. La Pays Basque est l’exemple le plus dramatique dans l’Espagne du 20ème siècle. Il y a toujours eu un contentieux entre Madrid et certaines régions d’Espagne. Une cicatrice jamais refermée, remontant à l’époque des rois catholiques, souverains de Castille, région centrale autour de laquelle ont été unifiées l’ensemble des territoires ibériques. La langue espagnole est à cet égard un point de discorde qui perdure depuis des siècles. La réalité historique est que le castillan est devenu langue nationale et des catalans, d’aujourd’hui, ne l’ont toujours pas accepté…

Aujourd’hui

Évidemment, les 39 années de dictature franquiste n’ont rien arrangé. Le généralissime Franco, après sa victoire d’une guerre civile des plus atroces, bâillonna les spécificités culturelles et linguistiques, emprisonna les leaders de gauche et les responsables syndicaux. On connait la suite: état de siège, tortures, exécutions, couvre-feux. L’Espagne s’isole du monde en installant une chape de plomb. Le Pays basque, le premier, va mener une lutte armée pour son indépendance. Le monde crut en une armée de libération contre une dictature sanguinaire et laissait faire. Mais voilà, la démocratie revenue en 1975, ETA continuait, ce qui n’était plus une réponse à la dictature, mais un massacre organisée contre la jeune démocratie espagnole. Il aura fallu 900 assassinats de policiers, de militaires, de gardia civil (gendarmes espagnols), de chefs d’entreprises et une contre-offensive de l’état démocrate pour que l’organisation séparatiste basque dépose les armes. Les basques, eux-mêmes, s’étaient retournés contre les tueurs de ETA en manifestant chaque semaine, depuis plusieurs années, aux cris de « Basta ya! »,(« ça suffit, maintenant!)…

Les régions espagnoles les plus autonomes d’Europe

L’Espagne est composée de 17 régions autonomes auxquelles s’ajoutent les enclaves de Ceuta et Melilla, au Maroc. Leur pouvoir est réel, comparativement aux régions françaises qui ne disposent que d’une délégation administrative, de l’État. L’autonomie des régions espagnoles comprend des pouvoirs politiques en matières de finances et d’organisation économique. Seul, le pouvoir judiciaire est resté d’État. Ce dernier agit sur l’ensemble des juridictions. Cependant, tout n’est pas à l’identique pour chaque région, du fait même de leur autonomie qui leur permet des choix dans tous les domaines…..

Catalogne espagnole et les conséquences d’une indépendance

Il faut être prudent sur la réalité. Les meneurs qui prônent l’indépendance totale de la région, ne drainent pas une majorité derrière eux. Sur les 7,5 millions d’habitants, 20% exigent l’indépendance, c’est-à-dire environ 1,5 million d’habitants. Ce sont eux que la télévision montre, par définition.

Les catalanistes exposent une situation inimaginable dans le réel. Selon eux, la Catalogne pourrait vivre largement sans l’Espagne. Ils possèdent des entreprises florissantes et un tourisme envié dans le monde entier. C’est une vision erronée, parce que la vérité est loin de ces assertions. D’abord, les entreprises installées en Catalogne sont, en majorité, espagnoles, européennes (françaises, allemandes, néerlandaises, britanniques) et mondiales ( américaines, coréennes, chinoises etc.) Premier réflexe: elles démantèlent et fuient vers Madrid et le reste de l’Espagne, ou ailleurs. Quand au tourisme, il changerait d’aspect. L’établissement de frontières avec douanes ferait que les visiteurs internationaux séjourneraient en Espagne en évitant la Catalogne. La théorie des indépendantismes s’écroule devant des réalités absolues.

D’autres aspects négatifs viendraient mettre à bas l’idée même d’indépendance. Les 7,5 d’habitants sont originaires de toute l’Espagne. Les familles sont diversement composées, entre catalans, basques, andalous, aragonais, valencianos etc. Ces citoyens seraient appelés à devenir de « nationalité catalane »? Un non-sens et une réponse sans appel. Enfin, qui a fait prospérer la catalogne en général et Barcelone en particulier? Des espagnols de partout. La construction de la cathédrale, toujours inachevée de la Sagrada Familia, par exemple: depuis le début de sa construction, en 1882 et sa première grande hauteur en 1922,  des andalous ont quitté leurs villages, comme des basques, madrilènes et beaucoup d’autres, à la recherche de travail, sont montés à mains nues sur les échafaudages, avec des moellons et des pierres sur le dos. Certains se sont tués lors de chutes, blessés, sont restés handicapés…Mais oui, la Catalogne espagnole est en Espagne et le restera.

Référendum illégal

Il est inconstitutionnel. En la circonstance, ce n’est pas le gouvernement qui a prononcé son interdiction, mais la justice. Le gouvernement a été obligé de suivre sa décision en faisant exécuter la saisie des bulletins de vote.

Pour qu’un tel scrutin puisse être mis en place officiellement, il faut un vote au Congrès (comme en France) pour changer la Constitution. Ensuite, si le référendum est organisé, il doit concerner l’ensemble du pays. Un référendum d’initiative régional peut être organisé, avec l’accord de l’État central, mais n’aurait aucune valeur juridique constitutionnellement, seulement consultative pour un éventuel changement de la Constitution.

 

 

Categories: Europe

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