Bruno Le Maire, après son retrait, tient bon

Bruno Le Maire, après son retrait, tient bon

Le député de l’Eure a tenu bon, après sa décision de quitter l’équipe de campagne de François Fillon suite au changement d’avis de ce dernier de se retirer, s’il était mis en examen. Jusqu’ à ce jour il n’a pas retrourné sa veste. Au total, ils étaient 306 élus à se retirer, dont une quinzaine de l’organigramme du candidat. Après le rassemblement du Trocadéro et la décision du candidat de se maintenir, seuls 10 élus ont fait marche arrière. Bruno Le Maire est resté impassible en maintenant sa décision. Une attitude qui pourrait lui coûter cher.

Il avait été le premier à soutenir François Fillon au soir du second tour de la primaire, en tant que concurrent. Il a été le premier, également, à le quitter lorsque le député de l’Eure a estimé que François Fillon n’était pas un homme de parole. Des proches de Bruno Le Maire, au nombre de 27, partis, seuls deux ont fait machine arrière et réintégré l’équipe de campagne: Gérard Cornu, sénateur d’Eure-et-Loir et Thierry Solère le porte- parole.

Les solides et les fragiles

Sur les cinq proches de Jean-François Copé, un seul est retourné chez François Fillon: Alexandre Guillemaud, conseiller municipal LR de Nanterre.

Des cinq proches de François Fillon, partis eux aussi, un seul a fait volte-face: Gilles Bourdouleix député-maire de Cholet.

Nathalie Koscisuko-Morizet rassemblait autour de François Fillon, huit proches qui s’étaient éloignés également. Deux sont revenus.

Alain Juppé comptait, lui, 34 élus amis qui s’étaient séparés de François Fillon. Deux seulement ont fait demi tour: Jean-Christophe Lagarde et Chantal Jouanno, centristes de l’UDI.

Des dix-huit amis de Nicolas Sarkozy, partis eux aussi, deux sont rentrés au bercail Fillon: Virginie Duby Muller, députée de Haute-Savoie et Christian Estrosi, président de la Région PACA.

C’est donc une immense minorité, 10 sur 306, qui sont rentrés chez François Fillon, une main devant et une main derrière. C’est plus compliqué pour Valérie Pécresse qui s’est payé le luxe de faire plusieurs aller-retour, au gré du vent et des évènement.

Sébastien Lecornu aussi

48 heures après la décision de Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu président LR du conseil départemental de l’Eure et premier adjoint au maire de Vernon, quitte sa charge de directeur-adjoint de la campagne de François Fillon. La semaine dernière, il convoque la majorité du conseil municipal de Vernon, et l’après-midi la majorité du conseil départemental. Son message aux élus est clair. En substance, il explique « vous êtes libres, au niveau national, de choisir le candidat que vous voudrez. Rien ne vous oblige à suivre François Fillon ».

La question se pose pour Bruno Le Maire. Si le député de l’Eure maintient sa position jusqu’au premier tour de la présidentielle, quelle sera l’attitude de François Fillon à son endroit, pour l’investiture aux législatives? Le candidat, qu’il remporte, ou non, l’élection, sera-t-il magnanime envers Bruno Le Maire? Personne n’a la réponse.

Le rendez-vous du 15 mars

François Fillon avait déclaré lui-même, à la télévision, qu’il répondra à la convocation du juge Tournaire, le 15 mars pour « une mise en examen ». Rien n’est moins sûr. Un juge ne dit jamais convoquer quelqu’un pour le mettre en examen. C’est une interprétation personnelle de François Fillon qui a voulu dramatiser sa convocation. Ue juge convoque et après une audition plus ou moins longue dans la durée, décide, ou non, d’une mise en examen. Il peut aussi mettre l’auditionné sous statut de « témoin assisté ». Dans cette hypothèse, Bruno Le Maire pourrait, rassuré, réintégrer l’équipe Fillon. Comme quoi, les politiques arrivent souvent à retomber sur leurs deux jambes. A suivre…

Categories: Eure

Comments

  1. RAOULT E. 14 mars, 2017, 19:36

    Je me suis plantée (pressée d’aller prendre un train) en écrivant 1984 au lieu de 1974 (et année suivante -1975, concernant la date de la construction du collège Georges Pompidou de Pacy sur Eure qui a commencé à fonctionner en 1976. Avec mes sincères excuses !

  2. RAOULT E. 14 mars, 2017, 10:33

    à Henri Clément. Il me semble avoir lu votre prose, autrefois, sur le blog de « Vernon Réussite », un mouvement dont le représentant se parjurait et se contredisait « en veux-tu, en voilà ». C’est donc votre représentant de cette époque qui commença sa carrière en 1984 dans un collège non loin de Vernon, dont les travaux de construction allaient commencer l’année suivante.
    Ce pourrait être drôle mais la suite l’est moins car les années passent, pas les rengaines… Quant à votre papi et à votre mamie, bravo ! Les années de travail de la mamie ont-elles été comptées pour sa retraite ? Pas sûr, si c’était avant 1945, puisque les femmes n’avaient pas de droits civiques. Monsieur le député-maire a rouscaillé au bénéfice de sa pauvre moitié ? Le bénévolat, c’est beau (pour les autres) mais il ne faut pas en abuser.

  3. Henri Clément 13 mars, 2017, 16:43

    En matière de « retournement de veste », on a peine à comprendre ici de quel coté est la doublure… Un vrai jeu de bonnetot !
    Ce qui est sûr c’est que beaucoup des députés cités ici pratiquent, comme M. Fillon, la doublure parlementaire en famille. Comme assistant(e)s parlementaires largement rémunéré par leur conjoint : on repense à
    la Madame du Monsieur qui tient bon, Pauline Lemaire, artiste peintre,
    le Monsieur de Madame, Hubert de la Raudière, proche du précédent
    la Madame de Monsieur, Aude Lagarde, adjointe au Maire de surcroit,
    et tant d’autres : Anne Katrin Jego, Annie Salles, Karin Theet-Solère…
    La liste est longue. On le savait, mais autant le redire…

    Je me souviens que mon grand père, Député et Maire, travaillait lui aussi, en famille avec sa femme et ses deux filles. Rien de choquant, la fonction y prédispose.
    Mais je souviens aussi que ces dames oeuvraient à titre bénévole, à l’assemblée comme à la ville… Autre temps, autres moeurs.

  4. GUILLEMAUD 12 mars, 2017, 19:30

    Bonjour,
    Pour précisions, je ne suis pas proche de Jean-François COPE, je l’ai juste soutenu lors de l’élection du Président de l’UMP. Lors de la primaire, je n’ai soutenu aucun candidat.
    Ensuite, depuis début mars, j’ai quitté Les Républicains et suis maintenant aux côtés de Nicolas DUPONT-AIGNAN.
    Merci de faire la correction.
    Je suis à votre disposition si nécessaire.
    Sincèrement
    Alexandre GUILLEMAUD

  5. RAOULT E. 11 mars, 2017, 14:16

    Retomber sur ses deux jambes ? Bruno Le Maire est droit dans ses bottes ! On se souvient, pendant la primaire, de son regard dirigé vers ses concurrents tandis qu’il affirmait que tout (et tous) étaient à changer. L’un se parjure, l’autre pas. Et pour être « magnanime » (!), encore faudra-t-il que monsieur Fillon soit présent au second tour des Présidentielles, puis élu. On note qu’à Orléans, où M. Fillon s’était rendu en janvier 2016 pour redorer son blason fripé, il était entouré de son vieil ami Grouard et du prestigieux adjoint UDI Florent Montillot, bien connu pour ses innovations et sa fermeté en matière de sécurité et d’éducation depuis Nanterre. Or le 7 mars 2017, le candidat Fillon est retourné à Orléans et il a énuméré, au début de son meeting, une vingtaine d’Orléanais bien notés de sa part, et des ralliés d’ailleurs – dont Ciotti. Zut ! Il a oublié Florent dans sa liste !!! Parjure, et mesquin avec ça…
    On attend toujours les déclarations de madame Fillon, femme-objet jusqu’à la preuve du contraire. C’est bien joli de fêter les femmes du monde entier. Mais cela a-t-il du sens ?

Write a Comment