Bruno Le Maire et ses contradictions

Bruno Le Maire et ses contradictions

L’exercice du ministre de l’Économie n’est pas simple, cependant il pourrait se souvenir d’où il vient et ce qu’il a été en matière politique. Les contradictions, la langue de bois et la démagogie, si elles ont été longtemps la matière première de responsables de premier plan, ne font plus recette aujourd’hui. Mais Bruno Le maire semble ne pas le savoir. Photo: capture d’écran ce matin sur BFM-TV

En rejoignant Emmanuel Macron, en avril 2017, Bruno Le Maire n’avait pas fait le choix d’un « nouveau monde », mais continuer celui dans lequel il baignait. C’est l’analyse que l’on peut faire en constatant l’action du ministre, aujourd’hui…

Ministre à mémoire courte

Pêle-mêle. Bruno Le Maire veut taxer davantage les GAFA. Très bien dans l’absolu. Mais pourquoi, alors, jugeait-il anormal les taxations faramineuses des entreprises qu’il fallait ramener, selon lui, à des niveaux plus acceptables? Démagogie? Les GAFA paient des charges dans les pays où sont installés leurs sièges: Irlande, Luxembourg et Royaume-Uni. Pourquoi l’ancien ministre des Affaires Européennes de Nicolas Sarkozy n’avait pas agi pour que cessent les privilèges de ces « paradis fiscaux » européens? De plus, lorsque Google, Amazon, Facebook et Apple, vendent leurs produits aux  consommateurs français, via leurs plateformes implantées dans le pays, la TVA de 20% est normalement versée et génère, déjà, beaucoup d’argent.

Conséquences possibles

N’ayant pas réussi à rassembler les pays européens sous son panache blanc, Bruno Le Maire décide de passer outre. Lui, l’européen, soi-disant convaincu par la grande Europe, s’affranchit de l’unité. Ainsi, il décide de taxer les Gafa, et plus largement d’autres sociétés étrangères, de 3% sur le chiffre d’affaire. Étonnant pour un ministre qui a toujours prôné la baisse des taxes et impôts estimant que la France est la championne européenne des prélèvements obligatoires. Il espère récupérer 500 millions d’euros chaque année. Les multiples sociétés étrangères, qui dépassent la centaine en nombre, ne semblent effarouchées par cette mesure. Pourtant, à terme, si elles le voulaient ces grandes sociétés pourraient utiliser une riposte appropriée. Le ministre n’ignore pas que l’ensemble de ces groupes emploie, au total en France, 1,8 million de personnes et investissent 27 milliards d’euros sur le sol français. Les seules Gafa y emploient 17 000 personnes. Amazon, seul, par exemple, ce sont 6 000 salariés tous contrats confondus. Si elles sentent que le gouvernement français pousse trop loin le bouchon des taxes, elles pourraient aller se faire taxer moins lourdement sous d’autre cieux, totalement ou en partie…

Google, Amazon, Facebook, Apple

Les plus connues. La première est accolée au moteur de recherche, mais pas seulement. La marque a racheté YouTube, l’hébergeur bien connu de vidéos. La plateforme est visitée des centaines de millions de fois par jour, dans le monde. Tout le monde peut y ouvrir un compte gratuitement et y héberger ses vidéos. De nombreux anonymes se sont fait connaitre via YouTube: chanteurs, danseurs, entrepreneurs, journalistes, sportifs…Souvent leur carrière s’est faite grâce à la plateforme. Des cinéastes en herbe y ont fait leurs armes….Google c’est aussi le développement de l’intelligence artificielle, de la recherche scientifique, des applications médicales mises au service des professionnels de la santé. Des maladies graves sont soignées grâce aux travaux que finance Google..etc. Ainsi, si les Gafa génèrent beaucoup d’argent, souvent il bénéficie au plus grand nombre. Ce n’est pas seulement pour enrichir des actionnaires, comme la totalité des entreprises européennes.

Bon réflexe, quand même, du ministre

Bruno Le Maire prend la défense des salariés de l’Usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux. Le constructeur américain a décidé de mettre la clé sous le paillasson au grand dam des 800 salariés. Un groupe belge a fait une proposition d’achat, soutenu par le ministre et malgré cette volonté de conserver le site, l’américain campe sur sa position. Bruno Le Maire engage le bras de fer et entend sauver l’usine de Blanquefort. Souhaitons que son bras ne tremble pas.


Categories: Europe, France

Comments

  1. zébulon 22 décembre, 2018, 11:45

    Quel courage madame la députée Bénédicte Peyrol pour cette proposition d’impôts pour tous, bien vu par des élus, des citoyens même un ministre dénommé Bruno LEMAIRE lors de sa compagne pour les présidentielles !
    Il y a ceux qui pensent que si l’on bénéficie d’un salaire, d’aides sociales, d’indemnités on ne refuser de participer à l’effort national. OK alors pourquoi n’est-ce pas déjà fait : faut-il des exempter, harmoniser le système des tranches imposables : ATTENTION DANGER ELECTORAL !
    Certains diront qu’à trop imposer les gros revenus car ils partiront à l’étranger. OK mais à partir de quel montant on fixe un gros revenu ? Mais alors que faire car ceux qui ont de très bons juristes fiscalistes arrivent à diminuer largement, légalement leurs impôts. L’état n’a-t’il pas les moyens de trouver les parades nationales et internationales face à la finance ? OK mais la position du ministre des finances est claire : « cela rapporterait des clopinettes » !
    OK c’est un sujet qui fâche. Si des politiques, qui pensent comme cette députée, qui ne le font pas publiquement, la soutiendront ils à l’Assemblée ? En France on ne réforme pas en lançant une idée à l’AFP, dans les médias : tiens donc ne ferions pas la méthode « TRUMP TWITTER » ? OK j’espère que ce n’est pas une proposition leurre pour tester le terrain avec les braises encore chaudes des gilets jaunes. Mme Peyrol aller au feu c’est bien mais mieux vaudrait un bon extincteur en réserve voir une caserne de pompiers. En attendant restons attendons notre premier prélèvement à la source, source qui se tarit de plus en plus !

  2. ericp27 19 décembre, 2018, 20:12

    la France est sous gouvernée et sur administrée
    les hauts fonctionnaires sont là depuis longtemps et le resteront
    alors que les politiques ne sont que de passage
    ça ne marchera jamais
    il est temps de changer les institutions

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