Bayrou, les deux semaines qui ont tout changé

Hollande Bayrou 2Il vient de faire un choix pour le second tour, à titre personnel. Quelques jours avant le premier tour, pourtant, c'était un autre scénario qui s'écrivait. La tendance était à un rapprochement entre le président-candidat et le président du MoDem. Que s'est-il passé entre-temps? Récit.

Nicolas Sarkozy et François Bayrou ne se sont jamais rencontrés pour sceller un quelconque accord. Non, chacun a laissé des proches s'en occuper à titre officieux. Une perspective qui s'était forgée dans les esprits à force de mauvais sondages pour le président-candidat. Il fallait, coûte que coûte imaginer une parade. L'idée circule, d'abord, par chuchotements "Il faut proposer Matignon à Bayrou, lui permettre la mise en oeuvre d'une partie de son projet et lui assurer une trentaine de députés". Des ministres se chargent de lancer, tout haut, l'hypothèse. Valérie Pécresse et Alain Juppé ouvrent la fenêtre et attendent l'appel d'air. En même temps, des amis proches des deux camps, discutent. A ce moment-là, François Bayrou est crédité de 13 à 15%. Un potentiel de quatre millions de voix indispenbles pour gagner. Au MoDem, la garde rapprochée évoque le sujet. Bayrou reste silencieux. Il réfléchit. Devenir Premier ministre, réaliser une partie du projet et faire élire, avec l'appui de l'UMP, une trentaine de députés, c'est la mise sur orbite, enfin, du Parti Démocrate. Mais voilà, des proches de Bayrou rechignent. Jean-Luc Bennhamias, le vice-président, est un homme de gauche. Il vient des Verts et ce grand écart ne lui convient pas. Marielle de Sarnez, femme plutôt de droite, est très partagée. Jean Peyrelevade n'est pas emballé par une association avec le PS. Robert Rochefort, économiste et vice-président du Mouvement, pencherait davantage pour cette solution. Toutefois, Bayrou reste circonspect et préfère attendre l'issue du premier tour et peser, d'une façon ou d'une autre, pour la suite. Il promet une position entre les deux tours. Le 22 avril, les résultats tombent. Le candidat Bayrou est relégué à la 5ème place avec 9,1%. Déception. François Hollande est en tête. Nicolas Sarkozy décide, quant à lui, de donner un coup de barre à droite pour attirer l'électorat de Marine Le Pen. Rien n'y fait, la tendance ne s'inverse pas. Pour Bayrou, aller au secours d'un probable perdant serait un mauvais calcul. Les législatives vont arriver et il est en difficulté dans sa circonscription des Pyrénées Atlantique, à la lecture des résultats du 1er tour de la présidentielle et les socialistes pourraient lui renvoyer la balle. Sa position, de voter Hollande, n'est pas du pur intérêt électoraliste. Il semble bien que le président du MoDem ait plus de considération intellectuelle pour le candidat socialiste que pour Nicolas Sarkozy. On connait la suite….

Depuis la décision de Bayrou, des cadres de l'UMP affirment que la solution de nommer Bayrou à Matignon ne tient pas, car c'est toujours le chef du Parti majoritaire qui est nommé. Ce n'est pas tout à fait exact. En 1993, lors de la victoire du RPR, aux législatives, c'est Edouard Balladur qui fut nommé par François Mitterrand et non Jacques Chirac, président du Parti, même si cette nomination fut acceptée par lui. Cela prouve que, si la tradition veut que le chef de la majorité devienne le Premier ministre en cas de victoire, ce n'est pas une disposition légale. C'est toujours le Président de la République qui décide de cette nomination sur des critères qui lui sont propres.

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Comments

  1. @sisi 7 mai, 2012, 17:39

    à zebulon
    véronique ne parle pas d’un vent qui souffle en famille ou entre amis mais de choses beaucoup plus importantes qui est l’avenir de notre pays on ne peut pas comparer
    et retourner sa veste aussi vite en l’espace de 15 jours pendant des élections présidentielles il est le seul d’aussi loin que l’on peut remonter.
    Retourner sa veste sur ses propres valeurs c’est une honte

  2. zébulon 5 mai, 2012, 07:50

    @Véronique, il y a des opportuniste partout que ce soit en politique, dans les syndicats,les entreprise,les associations, les écoles, les collèges, les lycée,les familles, les amis Je suis certain qu’à un moment de votre vie vous l’avez été comme tout à chacun. Là en l’occurence ce qui vous choque c’est la position de François BAYROU et bien je suis mort de rire parce que lorsque l’on l’on regarde un peu dans le passé de tous les partis politiques il y en a qui ne ne sont pas privés d’en user de cet opportunisme que vous dénoncer. Combien ont tout fait pour avoir un poste ministériel ou autre voir une décoration officielle. Alors un peu de sérieux si vous avez beaucoup de vent dans votre secteur ne tirez pas les bords mais installez une éolienne cela vous rapportera plus !

  3. Olivier Taconet 4 mai, 2012, 16:08

    A Véronique, on peut reprocher beaucoup de choses à Bayrou, mais pas son manque de cohérence, pas son absence de courage politique. il a pris des risques énormes, des risques personnels pour défendre ce en quoi il croit, même si l’on ne partage pas, on est bien obligé de tirer son chapeau sur une telle attitude qui n’est pas due à la seule volonté de sauver sa circonscription, mais beaucoup plus à l’attitude inqualifiable du président de la République. Sarkozy récolte ce qu’il sème.

  4. véronique. 4 mai, 2012, 14:23

    C est bien ça le problème du modem…
    Quand le vent va à droite, un coup de barre à droite.
    Quand le vent va à gauche, un coup de barre à gauche!
    Pas très fiable et sacrément opportuniste!

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