Audiovisuel public, la réforme arrive

Audiovisuel public, la réforme arrive

Monsieur Giscard d’Estaing, en 1974, avait brisé l’ORTF en sept morceaux mais n’avait rien réglé au fond. Quarante-quatre ans après, Emmanuel Macron souhaite une vraie réforme en s’appuyant sur la façon nouvelle de « consommer » des programmes de télévision. L’idée repose sur la qualité des contenus en relation avec les coûts, beaucoup moins élevés aujourd’hui grâce à la numérisation des technologies de diffusion et de production. Ainsi, un vent nouveau pourrait souffler sur le service public.

En France, le nombre de chaines publiques et privées, nationales, régionales, locales et de pays, est faramineux. Seul, le site Wikipédia a été capable de les référencer https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_cha%C3%AEnes_de_t%C3%A9l%C3%A9vision_en_France

L’objectif du gouvernement est de réduire la facture audiovisuelle de 250 à 500 millions d’euros d’ici 2022. En gros, 10% d’économies. C’est énorme sur un budget total de 3,9 milliards. Les pistes, pour y parvenir, ont été partiellement ciblées. C’est en juillet que la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, fixera définitivement les contours de la loi prévue pour la fin de l’année.

Ce qui pourrait changer, pour la télévision

Les chaines TV sont au nombre de 6: France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, et France-Info. Le secteur absorbe 3 milliards d’euros sur les 3,9 milliards de l’ensemble de l’audiovisuel public. Les travaux de réflexion menés par la ministre, avec le concours de divers responsables et professionnels du secteur audiovisuel, pourraient aboutir à la fusion de France 3 régions avec les radios locales de France Bleu, au basculement de France 4 et France Ô vers le numérique. A l’origine, l’idée était la suppression pure et simple de ces deux chaines….

Reste à connaitre ce que le gouvernement proposera en matière de contenus et répartition des tâches. Qui fera quoi? Économiser jusqu’à 500 millions nécessite un réajustement sérieux en matière de production. Ainsi, les nouvelles règles permettront-elles de conserver des programmes de divertissement confiés à des producteurs privés, à des coûts de production énormes, ou le service public devra-t-il concentrer ses efforts sur l’information, la culture et la découverte en général?

Le service public a-t-il toujours sa place?

Évidemment oui, et sans doute plus que jamais. A l’heure où des chaines privées, innombrables, s’accommodent de programmes achetés au mètre, où l’information en continu n’offre pas toujours des gages de crédibilité, il est nécessaire qu’un service public, authentique et sérieux, reste leader sur le marché et renforce ce leadership. Côté redevance audiovisuelle, le ministre du Budget et des Comptes publics, songe à la ramener à 100 euros, à la place des 138 euros actuels, mais l’universaliser. C’est-à-dire l’appliquer à tous les foyers, possesseurs ou non d’un téléviseur, puisque les programmes TV sont lisibles aujourd’hui sur tous les écrans et supports. Des pays européens pratiquent une redevance TV plus élevée, mais d’autres n’ont pas de redevance, à l’instar de l’Espagne où le coût de la télévision est supporté par le budget de l’État.

Nouveau regard sur l’horizon

La consommation de télévision a fortement évolué en France, comme ailleurs. Le numérique, le replay, les plateformes de programmes ont changé les habitudes. Les moins de 45 ans composent eux-mêmes leur programme. Terminé, en grande partie, les carrefours à heures fixes. Netflix a contribué à ce changement, qui en est à ses débuts. La suite sera un immense bouleversement. Les chaines traditionnelles, à moyen et long terme, pourraient disparaitre  pour laisser place à une formule révolutionnaire dans le monde télévisuel. C’est pourquoi, le virage doit être pris dès aujourd’hui. La réforme voulue par Emmanuel Macron, nécessaire, ne sera qu’un changement microscopique par rapport à un futur proche. Mais il fallait bien ouvrir une brèche.

 

Categories: Médias / culture

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.