Agression du manifestant, l’un des faux flics est de Louviers

Agression du manifestant, l’un des faux flics est de Louviers

Ils se sont pris pour des justiciers lors de la manifestation du 1er mai dernier en agressant un homme à terre. Qu’apprend-on? Les deux hommes sont membres de la sécurité, privée, du Président de la République. A ce titre, il ont protégé le candidat Macron lors de la campagne de 2017 et l’ont suivi, ponctuellement, à l’Elysée. Alors, que faisaient-ils le 1er mai dans les manifestations syndicales? Probablement, dans leur tête,   contrer des groupes violents. Mais ces derniers tombent sous le coup de la loi et c’est à la justice que le problème incombe, légalement….Pas à de faux policiers dont l’un avec brassard et casque. L’autre comparse est Vincent Crase, un lovérien. Photo: Vincent Crase crâne rasé, Alexandre Benalla casqué.

Vincent Crase

Il a fait sa scolarité à Louviers, où ses parents étaient en poste. Plus tard il devient réserviste de la gendarmerie nationale, puis travaille dans une société d’enquêtes et  filatures, sorte de détective privé, à Évreux. Il y rencontre Alexandre Benalla. Aujourd’hui, Vincent Crase est toujours domicilié à Louviers.

L’affaire de la manif du 1er mai

Sur la vidéo, les faux-flics y vont daredare. Ils frappent et cognent sur un manifestant à terre. Personne ne sait, à cet instant, que l’homme casqué, Alexandre Benalla, qui a toutes les apparences d’un policier, n’a rien à faire dans la manifestation et surtout n’a aucune autorité en matière de maintien de l’ordre. L’autre, au crane rasé est Vincent Crase. La vérité n’est dévoilée qu’aujourd’hui. La révélation fait froid dans le dos. Quelle hiérarchie a envoyé des membres d’une société privée de sécurité, dont l’un était chargé de mission à l’Elysée, salariés de LREM, donner un coup de main aux CRS chargés du maintien de l’ordre. Il va sans dire que l’opposition et les divers partis de gauche et de droite vont pointer du doigt Emmanuel Macron. Il serait  injuste de croire que le Président était au courant de cette mission, à la base, pour le moins improvisée. Il va devoir s’exprimer sur le sujet avant qu’il ne subisse des désagréments inutiles. S’ajoute la faute, répréhensible par la loi, d’usurpation de mission diligentée par l’autorité publique. En effet, quelle autorité a missionné ces personnes dans une charge de  maintien de l’ordre, sans être policiers? A priori, aucune. A priori.

La réalité sur cette officine de sécurité

A l’origine, Alexandre Benalla et Vincent Crase avaient créé une société de sécurité. En 2017, ils proposent leurs services au nouveau parti, appelé, alors, « En Marche ». Ils sont recrutés et suivent la campagne d’Emmanuel Macron. Officiellement, les deux hommes ne sont pas intégrés au Palais de l’Élysée.

Sur leur temps libre

Le 1er mai dernier, ils vont, sur leur temps de repos, à la manifestation syndicale en tant qu’observateurs, les CRS pensent qu’ils sont des collègues de la police nationale, en civil. Il n’en est rien, a dit hier Bruno Roger-Petit le porte-parole de la Présidence. Il ajoute que Vincent Crase a été réserviste de la gendarmerie nationale, dans l’Eure et c’est à ce titre qu’il « était ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la Présidence de la République« , avec l’accord du patron de LREM. Le 1er mai dernier, avec Alexandre Benalla, il était « parti observer les opérations de maintien de l’ordre ». Ensuite, ils se sont considérés comme policiers….

Aujourd’hui, les deux faux policiers sont  suspendus pour 15 jours sans salaire et les missions de Vincent Crase à l’Élysée, supprimées. Il reste, pour l’instant, salarié de LREM avec son titre  « d’agent d’accueil », selon Christophe Castaner. Nombre d’élus et de responsables politiques, de droite, de gauche et de LREM demandent que la justice passe. Christophe Castaner, le patron de LREM le dit « s‘il y a sanction pénale, il pourrait y avoir licenciement« .

Sébastien Jumel député de la Seine-Maritime envoie le communiqué de presse suivant:

Le 19 juillet 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE DE SEBASTIEN JUMEL DEPUTE DE SEINE-MARITIME

Violence le 1er mai exercée par un collaborateur du Pré- sident de la République : « la Justice doit instruire les faits dans toute leur étendue et sans entraves »

Réaction de Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime

Les faits révélés par le journal Le Monde sont graves et la Justice doit les instruire sans entraves et dans toute leur étendue.

  • –  Elle doit se saisir de faits de violence grave présumés,
  • –  Elle doit faire la lumière sur la possible usurpation de la fonction de policier par cedernier,
  • –  Elle doit enfin interroger l’absence de réaction appropriée au sommet de l’Etat. Ilapparaît, en effet, qu’informé du dérapage violent commis par un de ses collabora- teurs, le chef de cabinet du Président de la République n’a pas jugé utile d’en infor- mer le procureur de la République en contradiction avec ses obligations, qu’il s’est contenté d’une mise à pied de 15 jours de cet individu pour, in fine, le maintenir en fonction en le recasant discrètement sur un poste où les contacts avec l’extérieur sont limités.Ces faits entachent la journée du 1er mai dans notre pays d’une violence réelle dou- blée d’une violence symbolique, semble-t-il couverte au sommet de l’Etat.Il convient en effet rappeler que cette fête internationale du travail est une conquête sociale pour laquelle des ouvriers ont donné leur vie. Elle s’accorde avec les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité affichées au fronton de notre République et héritées des Lumières. Le Chef de l’Etat et sa majorité par ailleurs si prompts à condamner tout dérapage dans les manifestations sociales sont aujourd’hui étrangement silencieux. Il ne saurait y avoir deux poids deux mesures. Enfin, lorsqu’un des plus proches collaborateurs du Chef de l’Etat ne signale pas au procureur de la République un délit – en l’occurrence des faits de violence – dont il a connaissance, c’est un silence d’Etat, silence d’Etat qui ne doit pas devenir une affaire d’Etat pour le bien de la démocratie.

 

Categories: France

Comments

  1. arretetonchar 21 juillet, 2018, 09:28

    il est pas jojo le mec, plutot rondouillard et mal fagoté. Pour sa sécurité Macron aurait pu choisir un autre spécimen.

  2. laulau274 20 juillet, 2018, 22:08

    quelle honte !
    je n’ose imaginer les réactions si il s agissait de marine lepen au pouvoir.
    j espère que les gens auront l honnêteté de réagir de la même façon
    macron guignol

  3. Zébulon 19 juillet, 2018, 19:20

    Dans cette affaire le Service De la Protection protection des hautes personnalités doit être furieux car Alexandre Benalla. Vincent Crase n’en font pas partie de ce service de sécurité de l’Elysée qui assure de droit la protection du président de la République, des membres du gouvernement,des chefs d’Etat , de gouvernement étrangers en visite sur le territoire français. Mais aussi il assure la mise en
    place des dispositifs de protection ou d’accompagnement de sécurité des personnes menacées, participe à l’organisation, à la coordination des grands événements nationaux,internationaux.
    Par ailleurs il a la charge des mesures de conduite et d’accompagnement mobile de certaines autorités, gérant les moyens mobiles.Il assure la formation aux techniques de conduite spécialisée et prend en charge la gestion, le dépannage, l’assistance technique des moyens mobiles du service. Et le patron de cet important service de sécurité n’est autre que l’ancien DDSP de l’Eure nommé en 2013 inspecteur général de la Police nationale directeur du SDLP. Celui-ci doit être de très mauvaise humeur que l’on puisse avoir ce genre de bavure laissant croire que les deux protagonistes font partis de son service de sécurité de l’Elysée !

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